‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 138 sur 270 · TRAITEMENT DES ACCIDENTS DUS A LA FOUDRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES ACCIDENTS DUS A LA FOUDRE

les affusions froides. Des faits nombreux démontrent toute l’importance de cette pratique : lorsque plusieurs individus ont été foudroyés ensemble, si l’un deux par hasard, reste exposé à la pluie, il y a pour lui des chances plus grandes de pouvoir être rappelé à la vie.

Quelques auteurs ont conseillé parfois la saignée, mais peu d’observations sérieuses démontrent la valeur de ce moyen.

Complications. — Une fois le blessé revenu à la vie, il est tout naturel de surveiller et de combattre les accidents qui peuvent survenir ; il nous semble inutile d’insister sur ces détails.

Convulsions. — Pour les convulsions et l’ensemble des phénomènes de stupeur et de commotion que nous avons indiqués, le mieux est d’avoir recours aux affusions d’eau froide. Nous avons eu l’occasion de mettre en usage ce moyen pour le foudroyé dont nous vous avons cité l’observation : des seaux d’eau froide furent versés sur notre malade, et peu à peu les accidents se dissipèrent.

Paralysies. — L’emploi de l’électricité est dans ces cas le meilleur moyen à mettre en usage.

Traumatisme . — Rien de particulier à vous signaler pour les diverses lésions extérieures que nous avons décrites. Les brûlures, les gangrènes suite de fulguration n’évoluentpas habituellement avec des phénomènes très graves.

Quelques conseils prophylactiques. — Les moyens prophylactiques que l’on peut indiquer peuvent se subdiviser en plusieurs conseils spéciaux suivant les circonstances diverses où l’on peut être placé. Nous distinguerons les précautions à prendre suivant le lieu où l’on se trouve, dans une habitation, dans une rue ou en rase campagne.

l°La plupart des auteurs recommandent de ne pas s’exposer aux courants d’air des portes et des fenêtres, et de ne pas courir. Arago attachait une certaine importance à ce conseil. Un homme qui court laisse nécessairement derrière lui un espace où l’air est raréfié; c’est à ce niveau que la foudre aurait, suivant lui, le

plus de facilité à se porter. Sestier regarde, au contraire, ce conseil comme insignifiant. Il y aurait, en effet, d’après cet auteur bien peu d’observations d’individus foudroyés pendant qu’ils courent ou qu’ils sont emportés par un cheval au trot; de plus, si la raréfaction de l’air derrière un corps en mouvement attirait la foudre, le dernier vagon d’un train de chemin de fer risquerait beaucoup plus d’être atteint. Or, d’après Sestier, aucun fait de ce genre n’a été publié.

2° Il est convenable de ne s’approcher ni des murs ni des objets métalliques.

3° Eviter les grandes réunions, se tenir loin des agglomérations d’animaux.

4° Ne pas rester debout, soit dans une maison, soit en rase campagne; les coups de foudre, en effet, qui frappent le crâne sont toujours plus dangereux.

5° Ne pas accourir sur le lieu même qui vient d’être foudroyé, l’expérience a démontré, en effet, que souvent la foudre a coup sur coup, et à quelques instants d’intervalle, frappé les mêmes points, en suivant exactement le même trajet.

6° 11 convient, au moment d’un orage, de ne porter aucun objet métallique, il serait bon de déposera une certaine distance la monnaie, les armes, les bijoux que l’on peut avoir sur soi.

Les vêtements mouillés en transmettant plus facilement au sol le fluide électrique, préserveraient mieux, au dire de Franklin, que les vêtements secs. Quelques expériences sur l’animal semblent venir à l’appui de cette opinion, ainsi un animal mouillé résiste mieux à une décharge électrique.

7° Choisir, si cela est possible, unechambre opposée au point d’où vient l’orage. En Italie, ce précepte est très connu. On se réfugie, au moment d’un orage, dans les appartements de la façade du nord, l’expérience ayant démontré que ce côté des bâtiments était presque toujours indemne de toute atteinte de la foudre. Il importe de se tenir éloigné des fenêtres et des cheminées.

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