OCCLUSION PAR COMPRESSION PNEUMATIQUE
Occlusion par compression pneumatique. — En 1869, le docteur Buys (de Bruxelles) a présenté à l’Académie de Belgique un appareil pneumato -compresseur destiné à produire l’occlusion des plaies par un mécanisme diamétralement opposé à la méthode de Guérin et de Maisonneuve. Voici en quelques mots en quoi consiste le procédé du docteur Buys : 1° Une poche en caoutchouc formée de deux feuillets adossés comme ceux d’un bonnet de coton est destinée à envelopper la partie malade. L’espace qui sépare les deux feuillets livre accès à l’air par un tube en caoutchouc placé près du sommet. 2° Une pompe foulante comprime de l’air entre les deux feuillets de la poche ; un manomètre indique le degré de pression interne.
Grâce à ce mécanisme, on peut obtenir une compression graduée, régulière, égale. Cette compression unie à l’expulsion radicale de l’air du milieu des plaies, empêche l’afflux sanguin exagéré, évite ainsi l’engorgement des tissus, prévient l’hémorragie, et détermine la coaptation exacte des parties divisées. Il nous a semblé convenable de vous indiquer cette méthode qui vise à procurer tous les avantages du traitement pneumatique, en procédant d’une manière toute différente.
Le docteurChassagny (de Lyon) mérite aussi une inc ntion toute spéciale pour son pansement des plaies avec occlusion hermétique, obtenue par la compression et l’immobilisation méthodiques par l’air ou par l’eau. Son appareil a été présenté à l’Académie des sciences, le 18 décembre 1876, et décrit dans la Gazette hebdomadaire de Médecine de 1877, p. 182. « Le moignon est enveloppé par un sac do caoutchouc à doubles parois représentant un bonnet de coton; sur ce sac de caoutchouc on place un autre sac en coutil ou en tissu inextensible se fixant à la cuisse pour les amputations delà jambe, à la ceinture pour les amputations de cuisse, et dans des conditions analogues pour le membre supérieur. On fait l’application du sachet, dont la paroi s’applique contre lesac extérieur du tissu, et l’autre se moule de la manière la plus exacte sur le moignon qui est
Bkunk. — Patli. chir , II.
mis ainsi à l’abri du contact de l’air. On peut renouveler sans aucun embarras les pansements, déterger la plaie et la replacer instantanément dans les conditions d’isolement. »
Nous considérerons aussi comme pansement antiphlogistique le pansement d’Azam (de Bordeaux). Gosselin l’a décrit sous le nom de pansement occlusif impar fait avec la double suture et le drain dans le fond de la plaie. Azam l’a fait connaître en 1873 à l’Association françaisepour l’avancement des sciences (session de Lyon). Pour réaliser la cicatrisation dans des conditions aussi bonnes que possible, Azam a cherché, d’une part, à obtenir une réunion immédiate dans une grande étendue de la plaie, et, d’une autre part, à n’avoir de suppuration que dans un point très limité. Pour arriver à ce résultat, le pansement consiste d’abord en deux sutures, l’une profonde, l’autre superficielle. La première est enchevillée, elle se fait avec le plus grand soin, elle a pour objet de maintenir en contact les surfaces mêmes delà plaie. La seconde se fait avec des fils métalliques, elle sert à réunir les bords delà solution de continuité. Au fond de la plaie, on place un tube à drainage qui se trouve maintenu par la suture profonde. L’auteur s’est contenté d’exposer les bons effets qu’il a obtenus de la méthode sans en donner la théorie. Gomme l’a fait observer Gosselin, ce mode de pansement peut être considéré comme un pansement occlusif. Les deux sutures ferment l’accès de l’air, mais comme néanmoins l’occlusion n’est pas complète, le tube à drainage sert à favoriser l’écoulement des liquides qui pourraient séjourner et s’altérer. Le pansement peut donc être à juste raison considéré comme un pansement modérateur du travail inflammatoire. Quoi qu’il en soit de l’explication des effets que l’on obtient, ces effets méritent d’être signalés. Ainsi 200 opérations n’ont fourni à Azam que 12 morts. Sur 30 amputations de cuisse, il n’y a eu que 6 décès, et 3 seulement sur 33 amputations de jambe.
A cette liste déjà longue des pansements que l’on peut regarder comme susceptibles de modérer les phénomènes