‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 158 sur 270 · ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES DU TÉTANOS · texte numérisé non relu

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES DU TÉTANOS

observation lui a servi pour édifier une théorie spéciale du tétanos. Nous aurons l’occasion de vous en parler plus loin.

5° Du côté des autres organes, vous noterez des phénomènes de congestion, quipeuventêtre considérés comme dépendant des efforts musculaires et de l’asphyxie.

L’engorgement des poumons existe presque toujours, et s’accompagne quelquefois de lésions inflammatoires' très accentuées. Ces lésions inflammatoires pourraient, d’après quelques auteurs, rendre compte de l’élévation si considérable de la température.

Le cœur est habituellement dur, contracté, la membrane interne ramollie; les cavités cardiaques sont le plus souvent vides de sang.

A ces détails il faut joindre la rougeur intense de l’estomac mentionnée par Andral, celle du pharynx et de l’œsophage, la présence dans ces conduits d’une humeur visqueuse, rougeâtre; toutes ces lésions ne sont que consécutives. Les contractions violentes auxquelles le malade est en proie, l’absence de toute digestion naturelle expliquent les faits pathologiques que nous venons de passer en revue.

Tout compte fait, nous arrivons à constater comme altérations pathologiques :

a) Des altérations que l’on peut appeler capitales, et qui ont servi à édifier une théorie de la maladie.

Altérations de la moelle,

Altérations des nerfs.

Ajoutons les altérations musculaires, puisque nous devrons analyser la théorie de Martin de Pedro.

b) Des altérations moins importantes, lésions essentiellement consécutives.

Rappelons-nous les restrictions de Vulpian et de quelques autres auteurs.

Ajoutons enfin qu’il est à regretter que des recherches sérieuses n’aient pas été faites pour l’analyse du sang.

Physiologie 'pathologique . — Connaissant actuellement les symptômes de la maladie, l’étiologie, l’anatomie pathologique, étudions la physiologie pathologique, en d’autres termes, cherchons à nous rendre compte de l’enchaînement des phénomènes morbides. Toutes les idées que l’on a émises sur la nature de la maladie peuvent se résumer dans les trois théories suivantes :

[ La théorie musculaire ;

] La théorie humorale ; f La théorie nerveuse.

Théorie musculaire . — La théorie musculaire a été formulée par Martin de Pedro. Selon cet auteur, le système musculaire est le siège primitif de la maladie. L’affection est de nature rhumatismale, le tissu conjonctif qui entoure les fibres musculaires s’enflamme, comme cela s’observe pour le tissu fibreux sous l’influence de l’état rhumatismal. Les phénomènes d’hématose sont, à un moment donné, modifiés au niveau de la fibre musculaire elle-même, et l’on voit alors survenir les contractions permanentes. Pour Martin de Pedro, dans les cas de tétanos comme dans les cas de rhumatisme, les phénomènes critiques s’opèrent par la peau ou par les reins. Cette opinion est vraiment bien difficile à accepter; l’auteur ne cite, du reste, qu’une seule observation où ila constaté lalésion anatomique musculaire, et il est bien probable, comme l’a fait observer le docteur Poincarré, qu’il s’agissait d’un commencement de coagulation de la myosine sous l’influence de l’élévation de la température.

Théorie humorale. — La théorie humorale a le mérite de se comprendre facilement. Pour ceux qui acceptent cette manière de voir, il y aurait dans le tétanos une altération primitive du sang, qui conduirait aux phénomènes expressifs de la maladie, les spasmes, tout comme l’intoxication rabique et l’empoisonnement par la strychnine conduisent à la production des phénomènes convulsifs. Cette opinion a été soutenue surtout par Benjamin Travers fils et par le professeur Rose. Dans ces dernières années, Billroth et Richardson inclinèrent aussi

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