PANSEMENTS ANTISEPTIQUES
exemple, a été soumis à l’action de traumatismes stupéfiants. 2° La charpie imbibée de la solution ferrique adhère bientôt à la surface de la plaie, il se forme alors une espèce de cuirasse solide qui soustrait ainsi complètement la partie blessée à l’action des agents extérieurs. 3° Après huit à dix jours, la suppuration commence à s’établir, et la charpie se détache peu à peu. Lorsque la charpie est détachée complètement, on aperçoit la surface de la plaie ; cette surface est tout d’abord d’une teinte gris noirâtre, teinte qui dépend de l’escarrification produite par l’action du perchlorure ; cette partie escarrifiée se détache rapidement, et l’on voit alors la plaie, d’un aspect parfaitement normal, recouverte de bourgeons charnus en pleine voie d’organisation. La cicatrisation marche ensuite rapidement sans présenter habituellement aucune complication.
En résumé, par l’escarrification et par l’occlusion que ce pansement détermine, on peut dire que l’application du perchlorure de fer épargne au blessé les dangers de cette redoutable période qui s’étend depuis le moment où les tissus ont été divisés jusqu’à la production des bourgeons charnus. Il est évident que l’action du perchlorure de fer doit aussi s’exercer directement sur les substances nuisibles qui pourraient être tout d’abord en contact avec la surface de la plaie.
Apprécions, en dernier lieu, les pansements antiseptiques et le pansement d’A. Guérin auquel on peut donner la dénomination de 'préservateur .
Pansements antiseptiques . — Les pansements antiseptiques comprennent tous les pansements qui ont pour but de détruire l’agent septique qui peut être en contact avec la surface de la plaie, agent septique que l’on peut considérer d’après les travaux modernes, comme du principalement à des organismes microscopiques dont les germes abondent dans l’air atmosphérique. Ce groupe de pansements est un des plus importants et un des plus complexes. Si nous voulions en établir une description complète, nous aurions à passer en revue un très grand nombre
(le méthodes ; rénumération seule en serait difficile. Ainsi le pansement antiseptique peut consister dans l’application de substances qui n’ont qu’une action mécanique, comme la poudre de charbon à laquelle sa porosité donne, par exemple, le pouvoir d’absorber les gaz septiques. D’autres fois, les chirurgiens ont successivement employé le chlore, les hypochlorites alcalins, le permanganate de potasse, les sels de zinc ou de manganèse. Parisse (de Lille) a conseillé dans le même sens l’alun en solution concentrée; il se contente de bien laver la plaie, puis il applique à sa surface un gâteau de charpie imbibée de la solution.
Le camphre, certaines huiles volatiles, l’huile de pétrole, l’acide pyroligneux, la créosote ont été successivement indiqués comme susceptibles de détruire la vitalité des organismes élémentaires. La teinture d’eucalyptus, l’acide thymique, l’acide eugénique ont été aussi utilisés. Péan et Hardy ont appliqué, il y a peu de temps, au pansement des plaies, l’eau oxygénée, dont P. Bertet Regnard avaient étudié les propriétés antiseptiques. Des produits spéciaux ont été aussi vantés, la poudre de Corne et Demeaux, mélange de 100 parties de plâtre et de 1 à 3 parties de coaltar ; le coaltar saponiné , excellente préparation d’un pharmacien de Bayonne, Lebœuf.
Il y a peu de temps, le docteur Weber, médecin en chef à l’hôpital militaire de Vincennes, a présenté à l’Académie de médecine une étoupe à pansement, purifiée et antiseptique, étoupe chimiquement pure, d’une blancheur parfaite, d’un contact moelleux et imprégnée d’acide phénique dans la proportion de 10 0/0 de son poids.
Il nous paraît inutile d’insister sur tous ces détails qui n’ont, en somme, qu’une minime importance, et nous nous bornerons à étudier d’une manière un peu plus complète :
, Le pansement à l’alcool,
! Le pansement à l’acide phénique de Lister,
Le pansement à l’acide salycilique de Thiersch.
Pansement à l’alcool — Voici en quelques mots l’historique