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PANSEMENTS A L’ALCOOL

de ce mode de pansement, la manière de le réaliser, l’indication des effets qu’il détermine et l’appréciation clinique que l’on peut en donner. L’emploi clc l'alcool pour le traitement des plaies est connu depuis longtemps. Guy de Chauliac, Ambroise Paré, Dionis l’ont mis en usage, et malgré quelques tentatives en sens inverse de Percy et de Larrey pour restreindre l’application de l’alcool comme traitement chirurgical, on peut dire que cet agent n’en a pas moins conservé presque continuellement toute sa vogue dans la médecine populaire. Depuis trente ans environ, l’alcool a pris de nouveau une place plus importante dans la thérapeutique chirurgicale ordinaire. En 1859, Batailhe et Guillet publièrent sur ce sujet quelques travaux sérieux, mais ce furent surtout les observations de Nélaton, à l’hôpital des Cliniques, qui consacrèrent ce mode de pansement.

Voici comment l’on procède, la méthode est d’une simplicité extrême :

1° On applique sur les bords de la plaie, s’ils ont été rapprochés, ou sur la surface même de la solution de continuité, si la réunion n’a pas été opérée, un gâteau de charpie imbibée d’alcool. Par-dessus, on place quelques compresses pliées en double, et le tout est maintenu par quelques tours de bande.

2° Le chirurgien doit recommander que la charpie soit toujours humide ; si le pansement doit être renouvelé au bout de douze heures, il suffit habituellement d’envelopper les parties d’une pièce de taffetas gommé. Si l’appareil, au contraire, ne doit être levé que plus tard, il faut alors avoir soin d’arroser la charpie deux fois par jour.

3° Nélaton se servait habituellement de l’alcool camphré des hôpitaux, alcool qui marque 56°. Quelques autres chirurgiens, Gosselin, Guyon, emploient, au contraire, l’alcool à 90°.

Voici les effets que produit ce pansement. L’étude en a été faite avec un soin tout particulier par le docteur Guyon et par MM. Chedevergne et de Gaulejac :

lu Appliqué sur une plaie récente, l’alcool détermine des effets

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locaux et des effets généraux. Localement, il produit tout d’abord une action irritante qui se traduit par une douleur assez prononcée, douleur qui cesse, du reste, rapidement et qui le plus souvent ne se fait pas sentir de nouveau au moment des pansements ultérieurs.

2° L’alcool coagule le sang qui baigne les tissus, et l’on voit alors à la surface de la plaie un liquide brunâtre et un peu poisseux.

3° Après vingt-quatre heures, la plaie est plus sèche, d’une couleur grise ou très légèrement rosée. La sécrétion de la lymphe plastique est augmentée, mais cette lymphe se coagule et constitue comme un vernis protecteur qui met les tissus divisés dans des conditions comparables à celles des plaies souscrustacées. Cette couche protectrice augmente quelquefois dans des proportions assez grandes, et se présente alors sous la forme d’un dépôt pultacé, adhérent, grisâtre, qui n’a rien de commun cependant avec les productions diphtéritiques.

4° Lorsque les bourgeons charnus sont en plein développement, l’alcool agit sur eux comme astringent, comme styptique ; jamais, dans ces conditions, ils ne deviennent exubérants ou fongueux.

5° D’après les observations de Guyon, c’est du septième au neuvième jour que la suppuration s’établit ; l’apparition du pus est donc plus tardive, la quantité en est moindre qu’avec tout autre mode de traitement. Le pus est d’un jaune grisâtre ou légèrement rosé, sans odeur. Les cellules purulentes sont, en outre, attaquées par l’alcool ; il suffit, pour s’en convaincre, d’examiner une préparation sous le champ du microscope : l’enveloppe de la cellule disparaît, les granulations seules persistent, augmentent même de volume; le pus devient ainsi une espèce de liquide laiteux, composé d’eau et de substances albumino-graisseuses. Du reste, cette action de l’alcool sur le pus n’est que passagère, et quand une nouvelle quantité de pus se sécrète, il faut aussi une nouvelle quantité d’alcool. Vous comprenez dès lors la nécessité de renouveler fréquemment le pansement.

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