C. Théorie nerveuse
2° Théorie nerveuse de l’action réflexe.
Cette théorie nerveuse de l’action re-, flexe a pour elle les raisons suivantes.
DIAGNOSTIC DU TETANOS
G. Partie clinique. — Il nous reste actuellement à passer en revue le diagnostic, le pronostic et le traitement du tétanos.
Diagnostic. — Le diagnostic du tétanos semble au premier abord d’une facilité excessive, cela est vrai dans bien des cas: aussi quelques auteurs, comme ceux du Compendium , ont-ils consacré quelques lignes seulement à cette partie de la question. Sans vouloir vous exposer un diagnostic différentiel complet avec le rhumatisme, l’épilepsie, la catalepsie, l’hydrophobie, la méningite cérébro-rachidienne, la myélite, l’éclampsie, comme certains pathologistes l’ont fait, nous croyons devoir vous indiquer quelques propositions générales.
1° Il importe de ne pas confondre le véritable tétanos, soit avec les spasmes primitifs, soit avec les spasmes secondaires tétanoïdes. Nous vous rappelons que dans les cas de spasmes tétanoïdes, le plus habituellement les contractions musculaires ne sont pas permanentes, l’évolution est plus rapide, la douleur localisée au niveau de la plaie plus accentuée ; le traitement chirurgical par la section du nerf ou par l’amputation est, dans ce cas la seule ressource qu’il faut savoir employer rapidement. Nul doute cependant qu’il n’y ait une analogie bien grande entre ces accidents tétanoïdes et le vrai tétanos ; le spasme traumatique secondaire n’est peut-être qu’un tétanos dépendant positivement d’une irritation mécanique perçue au niveau de la partie traumatique ; le tétanos habituel, au contraire, dépendant souvent d’une irritation à laquelle nous avons cru devoir, faute de mieux, réserver la dénomination de spéciale.
2° Quelquefois on pourrait croire à un cas de tétanos et n’avoir a faire qu’à des contractions permanentes des mâchoires, suite d’une maladie de l’articulation temporo-maxillaire ou d’un travail dentaire. L’absence de symptômes généraux et des exacerbations douloureuses au niveau des muscles contracturés, vous révéleront habituellement la vérité.
3’ Pour le diagnostic différentiel de la méningite, les spasmes
du tétanos nous semblent caractéristiques ; vous trouverez sur ce sujet dans l’ouvrage de Follin quelques indications que nous regrettons d’avoir à vous signaler comme inexactes et de peu de valeur. Ainsi, d’après ce dernier auteur, la méningite s’accompagne d’un état fébrile, tandis que le tétanos est, au contraire, une affection apyrétique. Vous savez ce qu’il faut penser de cette affirmation : le tétanos, avons-nous dit, s’accompagne d’une élévation de température considérable.
Nous nous contenterons de vous signaler les différences suivantes.
La méningite spinale occupe plus fréquemment les régions lombaire et dorsale inférieure, les contractions douloureuses existents alors plus spécialement au niveau des muscles de la partie inférieure. Les premiers symptômes du tétanos sont? au contraire, des phénomènes de trismus, de raideur à la nuque, de gêne dans la déglutition. Dans le tétanos, la dyspnée est beaucoup plus considérable que dans aucun cas de méningite.
4° On peut facilement confondre les symptômes du tétanos avec les phénomènes dus à l’empoisonnement par la strychnine. Ainsi un malade est atteint par un traumatisme quelconque, il succombe avec des accidents convulsifs très accusés : a-t-il été empoisonné par la strychnine? la mort, dépend- elle, au contraire, du tétanos ? Le problème est souvent difficile à résoudre. Vous pouvez lire, du reste, la relation du procès Palmer où cette question a dû être jugée.
Voici, sur ce sujet, les indications que la physiologie peut fournir :
a ) Dans les cas d’empoisonnement par la strychnine, le trismus suit de près la rigidité des muscles du tronc, mais ce symptôme n’est pas primitif comme dans les cas de véritable tétanos.
b) Dans le véritable tétanos, ce qui frappe le plus, c’est la permanence des contractions, cette permanence s’accompagnant seulement, à un moment donné, d’exacerbations douloureuses.