‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 163 sur 270 · PRONOSTIC DU TÉTANOS · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DU TÉTANOS

Dans les empoisonnements par la strychnine, la permanence de la contraction n’existe pas, les convulsions s’accompagnent d’une période de calme pendant laquelle les muscles sont dans le relâchement. Il serait possible, en outre, d’empoisonner un animal avec les liquides provenant du malade qui aurait succombé: les phénomènes qui surviendraient chez l’animal mis en expérience pourraient trancher la question.

Pronostic. — « Res est perniciosa ac fere despercita , » a dit Arétée. Il est difficile de formuler une opinion d’une manière plus précise et plus vraie, mais comme la plupart des auteurs sont divisés sur ce sujet, il nous paraît naturel d’insister sur ce point.

En première ligne, il faut le dire, le tétanos est très ordinairement suivi de mort. En 1859, Cloquet affirmait, à l’Académie des sciences, n’avoir pas souvenir d’un seul cas de tétanos guéri sur 50 cas environ qu’il avait eu l’occasion d’observer. Dupuytren n’avait pu sauver aucun malade. Il existe cependant plusieurs faits de guérison ; c’est assez pour que l’on puisse concevoir quelques espérances. Voici, par exemple, l’exposé des chiffres relatés dans diverses statistiques :

Dans un relevé de Lawrence, cité par Giraldès sur un total de 171 cas, il y eut 80 morts et 91 guérisons.

De 1825 à 1827, Polaud a rencontré 72 cas de tétanos, 62 morts, 10 guérisons.

Aux Etats-Unis, sur un total de 360, il y a eu 336 morts.

Frerichs, sur un total de 176, a noté 128 morts.

Lcgouest sur 23, a constaté 21 morts.

En Italie, sur 86 cas, 80 morts.

En examinant ces diverses statistiques, on arrive facilement à les classer en diverses catégories.

1 Statistique des hôpitaux,

Statistique de la pratique militaire,

Statistique des journaux.

11 est à regretter que la statistique des journaux soit la seule

où l’on trouve des résultats aussi satisfaisants quo ceux indiqués par Giraldès.

Plus pratiquement, il faut distinguer deux formes de tétanos: l’une aiguë, l’autre chronique. La première forme se termine presque toujours par la mort; la deuxième, au contraire, guéritassez fréquemment. La formeaiguë se reconnaît facilement. Les spasmes sont immédiatement très violents, très douloureux, envahissant plusieurs groupes musculaires à la fois et se généralisant rapidement au pharynx, au larynx et au diaphragme. Dans la forme chronique, les accidents marchent avec moins de violence. Les muscles de la mâchoire une fois envahis, tout se borne à ce symptôme pendant quelques jours, les autres groupes musculaires ne se prennent ensuite que successivement, le malade reste sans anxiété et la fièvre est peu in cense.

La plupart des auteurs ont noté la gravité exceptionnelle du tétanos chez le nouveau-né. Vous savez, du reste, que pour quelques pathologistes ce prétendu tétanos ne serait qu’une forme d’intoxication spéciale.

En été, le tétanos guérit mieux qu’en hiver. Le tétanos épidémique semble plus grave que le tétanos sporadique.

On a noté, comme signe de pronostic plus grave, l’amaigrissement très rapide du visage. Le tétanos survenant à la suite d’un traumatisme du crâne a été signalé comme plus grave.

Occupons-nous, en dernier lieu, du traitement du tétanos.

Traitement. — La distinction que nous avons établie précédemment du tétanos aigu, presque toujours mortel, et du tétanos chronique se terminant souvent par la guérison, a conduit quelques chirurgiens à affirmer que tout traitement pour combattre les accidents du tétanos était complètement inutile. La plupart des remèdes que l’on emploie, a dit Giraldès, ont la même valeur : le meilleur ne vaut rien; ou le tétanos guérit seul, ou bien il est fatalement mortel. Ce scepticisme médical est peu convenable; nous ne croyons pas que le rôle du chirurgien soit si annulé que cela, et, dans bien des cas,

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