TRAITEMENT PRÉSERVATIF DU TÉTANOS
il nous semble possible de modifier une forme à évolution rapide, de la changer en une forme dévolution lente, et d’augmenter ainsi les chances de guérison ; seulement il faut agir avec promptitude et chercher à enrayer le mal dès les premiers symptômes.
Pour instituer le traitement du tétanos, il faut tout d’abord se reporter aux notions étiologiques que nous vous avons indiquées; nous le diviserons en traitement préservatif et en traitement curatif.
Traitement préservatif. — Ce traitement consiste dans l’ensemble des précautions à prendre pour éviter aux blessés l’influence des causes qui peuvent produire la maladie: avant tout, éviter les refroidissements et appliquer un pansement convenable.
Malheureusement, sous ce rapport, rien n’est encore complètement prouvé. Il y quelques années, beaucoup de chirurgiens considéraient les irrigations continues comme capables de prédisposer au tétanos ; il semble actuellement que cette influence soit nulle. Aucun pansement ne paraissait certainement plus convenable pour éviter toute irritation au niveau d’une plaie que le pansement ouaté, et cependant Verneuil le regarde comme prédisposant à l’invasion de la maladie (Gazette hebdomadaire, 1876).
Heurteloup a signale comme préservatrice une singulière pratique usitée aux Antilles. « Aux Antilles, dit-il, les nègres, qui marchent les pieds nus, s’enfoncent souvent dans ces parties des éclats de bois, des clous, des épines. Dans ces cas, ils retirent les corps étrangers, font saigner la plaie, puis engourdissent la plante du pied en la frappant fortement. Ils préviennent ainsi, à ce qu’ils prétendent, le mal des mâchoires. »
Traitement curatif. — Ce traitement comporte :
1° L’emploi de moyens locaux : traitement curatif local.
2° L’emploi de moyens généraux : traitement curatif général.
Berne. - Palh. chir.. II.
Traitement curatif local. — Le traitement curatif local est d’une importance capitale; pour le réaliser, ayez présents à l’esprit les préceptes suivants.
1° Examiner de nouveau si la plaie renferme des corps étrangers, ou si des nerfs plus ou moins déchirés existent au niveau des parties traumatisées.
2° On a proposé quelquefois de supprimer la partie traumatisée par une amputation. Larrey a été le premier qui ait conseillé même l’amputation d’un membre. Dupuytren, Samuel Cooper, Béràrd, Sédillot, Nélaton n’ont pas cru devoir accepter cette pratique. Il y a peu de temps, Poland a de nouveau essayé de soutenir la valeur de cette médication en faisant valoir que le tétanos se déclare rarement après une plaie d’amputation; ainsi, sur un total de 1.342 amputations faites àGuy’s hospital, un seul cas de tétanos se déclara. Sur un total, au contraire, de 398 fractures compliquées, il y eut 8 cas de tétanos.
Voici, du reste, la conduite que l’on peut conseiller :
a) Dans les cas de vrai tétanos, quelques succès achetés souvent bien chèrement ne doivent pas être un encouragement pour mettre en usage cette pratique.
b) L’amputation ne peut être élevée au rang des préceptes de l’art. A peine pourrait- on accepter l’amputation de parties très petites.
c) Dans les cas de spasmes tétanoïdes, l’amputation peut rendre des services considérables.
3° L’excision des nerfs qui transmettent aux centres nerveux l’irritation de la plaie a du tout naturellement être proposée.
On rapporte, en général, à Windmann, en 1792, la première tentative de névrotomie. Nous vous avons indiqué déjà le succès de Létiévant; Murray a relaté 3 cas de guérison après l’emploi de cette pratique. Rizolli et Martinelli ont cité aussi 2 cas heureux. La médecine opératoire n’est pas cependant encore assez riche en faits de ce genre pour que