TRAITEMENT CURATIF DU TETANOS
la névrotomie soit pleinement justifiée. Il est évident que l’opération sera plus indiquée si l’on arrive à pouvoir reconnaître sûrement quel est le cordon nerveux qui sert à la transmission de l’irritation partie de la plaie. Pour agir dans le même sens, on a proposé l’excision complète d’une certaine portion du nerf (névrectomie). Des observations heureuses d’élongation du nerf ont également été publiées.
4° Pour supprimer le courant nerveux, on a conseillé parfois l’incision circulaire faite au niveau de la plaie.
5° Quelques chirurgiens ont recommandé la cautérisation de la plaie au fer rouge ; cette pratique a été souvent employée par Larrey. En réfléchissant à l’action de ces divers moyens locaux, on arrive à comparer les accidents tétaniques aux phénomènes qui se passent dans un appareil à induction qui fonctionne (cet appareil à induction se compose d’une pile, des conducteurs et des aimants) ; la plaie peut être regardée comme la pile, les nerfs comme les conducteurs, et les centres nerveux comme les aimants. Afin d’empêcher toute communication avec l’aimant, on peut détruire la pile ou supprimer les conducteurs : la destruction de la pile ou la suppression des conducteurs, c’est l’amputation de la partie traumatisée ou l’excision des cordons nerveux.
Traitement général. — Pour traiter cette question d’une façon un peu complète, sans entrer cependant dans l’énoncé de détails trop minutieux, voici l’ordre que nous suivrons :
A. Nous indiquerons tout d’abord l’ensemble des divers moyens qui ont été proposés.
B. Nous énoncerons à la suite de cette énumération quelques propositions générales capables de vous rappeler rapidement la conduite que vous aurez à tenir.
A. Enumération des divers moyens employés. — On éprouve tout d’abord la nécessité de classer les divers moyens généraux qui ont été conseillés pour combattre les accidents tétaniques; la plupart des auteurs ont, selon nous, le tort de citer
simplement les nombreux médicaments qui ont été proposés sans les grouper méthodiquement.
Nous adopterons la classification suivante :
1° Médication sudorifique ;
2° Moyens agissant directement sur le système nerveux ; 3° Médication pouvant être dite physiologique ;
4° Médication antiphlogistique ;
5° Moyens difficiles à classer.
1° Médication sudorifique. — La médication sudorifique tient une place des plus importantes dans la thérapeutique du tétanos, la plupart des chirurgiens ayant observé que, dans la majorité des cas où la guérison a lieu, l’amélioration se prononce après des sueurs abondantes. Sous ce rapport, deux faits sont restés classiques, l’un que vous trouverez dans les ouvrages de A. Paré, l’autre rapporté par Fournier. Un soldat avait été blessé au coude et amputé; quelques jours après, le tétanos se déclarait; A. Paré ne disposant d’aucune ressource pour le traitement se contenta de faire placer le malade dans une étable, et prescrivit quelques frictions stimulantes. Le malade, après des sueurs abondantes, guérit complètement au bout de trois jours.
Le malade de Fournier était un matelot blessé au moment d’un combat naval; transporté à fond de cale, il y resta de nombreuses heures, transpira abondamment, et, après quelques jours, la guérison était complète.
Pour réaliser la médication sudorifique, notez l’emploi des divers moyens suivants :
a) On a préconisé l’emploi de l’ammoniaque; Fournier, Pescan, administraient, par exemple, toutes les heures, cinq à six gouttes d’ammoniaque.
b) Quelques auteurs ont mis en usage les bains do vapeur. Sanson employait ce moyen dans son service de la Pitié.
2° Moyens agissant sur le système nerveux. — La médication opiacée doit être mentionnée tout particulièrement.