‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 175 sur 270 · INFECTION PURULENTE — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INFECTION PURULENTE — HISTORIQUE

cité quelques phrases tirées d’Hippocrate, d’après lesquelles il semble que cette affection fût connue de lui,. mais ces indications sont bien vagues. « A la suite des plaies, dit simplement Hippocrate, on voit survenir quelquefois des lividités, des douleurs articulaires et de la fièvre. »

Les connaissances que nous ont laissées les Arabes et les arabistes sur ce sujet sont aussi trop incertaines pour mériter d’être longuement interprétées. Boerhaave (1668-1730) est le premier auteur qui ait signalé un peu longuement les principaux points do la doctrine pyohémique. Pour ce dernier auteur, lorsque le pus reste longtemps renfermé dans les anfractuosités d’une plaie, il se modifie, devient âcre, ulcère les parois des veines et des lymphatiques, passe dans le sang et détermine des symptômes généraux graves. On voit fréquemment survenir alors des abcès viscéraux.

Morgagni, acceptant ces idées, s’en fit le défenseur et, discutant des faits dont il avait été témoin, il ajoute que, non seulement le pus de la plaie primitive peut être porté dans le torrent de la circulation, mais que souvent aussi des parcelles purulentes peuvent s’arrêter dans les capillaires et devenir l’occasion de nouvelles collections.

Observation assez bizarre, à peu près à la même époque, l’Académie de chirurgie s’occupa de rechercher les causes des abcès multiples que l’on voit survenir parfois à la suite des plaies de tête, et, au lieu d’accepter les idées de Boerhaave et de Morgagni, qui pouvaient donner de ces phénomènes pathologiques une interprétation assez satisfaisante, elle patronna les opinions de Bertrandi et de Pouteau qui expliquaient cette localisation purulente par le fait du refoulement du sang dans le foie, ce refoulement étant, suivant eux, le résultat de l’ébranlement général.

Vers 1761 , De Haen exposa la théorie de la génération directe et spontanée du pus, la même que Teissier (de Paris) a soutenue il n’y a pas longtemps.

A une époque plus rapprochée, vous noterez la théorie de la phlébite, due aux travaux de Hunter. En 1784, dans un mémoire sur l’inflammation des veines, Ilunter affirma que l’inflammation de ces parties pouvait produire du pus, qui pénétrait facilement dans le sang. Il ne mentionnait, du reste, nullement les abcès métastatiques.

En 1816, Ribes publia dans les Annales de la Société médicale W émulation un travail dans lequel il admit tout à la fois l’absorption du pus par les vaisseaux et la sécrétion directe de la matière purulente. Monteggia en Italie, Hogdson en Angleterre, soutinrent la même théorie.

En 1821-1822, Gaspard fit des expériences en injectant directement du pus dans les veines de quelques animaux. 11 se crut autorisé à conclure que le mélange du pus avec le sang détermine le plus souvent des symptômes typhiques et que la mort peut en résulter lorsque la proportion en a été considérable.

En 1823, Velpeau dans sa thèse inaugurale admit la résorption du pus en nature et son transport dans les divers organes. Quelques années plus tard, il publia diverses recherches sur les collections purulentes survenant à la suite des opérations.

Bientôt après (1825-1828), parurent deux mémoires importants de Dance, dans lesquels l’auteur chercha à prouver:

la production du pus dans les veines enflammées ; le passage de ce pus dans le sang ; l’adultération du sang par ce mélange ; les accidents qui en résultent, entre autres les abcès métastatiques.

Ces mémoires eurent un grand retentissement; ce lut surtout à partir de cette époque que le mot de phlébite fut considéré comme synonyme d’infection purulente: les idées de Dauce ont d’ailleurs encore maintenant de sérieux défenseurs: Ainsi, dans la discussion de 1871, Demarquay et Gosselin ont Dit ressortir

Page 1