DÉFINITION —SYMPTOMATOLOGIE DE L’INFECTION PURULENTE
Descriptive.
Définition.
, Physiologique au point de vue de la nature i inlimedela maladie.
1» Période d’incubation.
Prélude.
2° Période d'état.
Symptomatologie. /
3° Période de localisation.
4» Période ultime.
La mort arrive le plus souvent du
L'infection purulente est un état général morbide caractérisé par des frissons irréguliers, une courbe thermique atypique, des abcès métastatiques. Mort fréquente.
1° Pour Follin, Sédillot, maladie caractérisée par l’introduction dans le sang d'une certaine quantité de pus.
2° Pour Verneuil, ily a quelques années, maladie caractérisée par l'inlroduclion dans le sang de pus altéré par le virus Iraumalique.
3° Pour Virchow, maladie caractérisée par le passage dans le sang d'éléments emboliques. 4° Pour Pasleur, maladie qui résulle de l'introduction et de la multiplication dans l'économie du microbe pyohémique.
(La plaie se dessèche.
Le pus devient fétide.
Tendance érysipélateuse . . . . j État de malaise.
I Un peu de hevre.
Frisson.
Élévation de la température.
Rapidité du pouls.
Fréquence de la respiration.
Teinte blafarde de la peau. Odeur sui generis.
Éruptions.
Quelquefois de la diarrhée très fétide.
Délire.
Insomnie.
Stupeur.
\ Accablement.
. j l Poitrine, innam - \ „ .
j Foie.
I Articulations.
Symptômes cardinaux.
Symptômes ordinaires.
Localisation.
Phénomènes matoires.
Abcès mélastatiques
I Délire.
Soubresauts de tendons.
Symptômes semblables à une lièvre typhoïde.
Phénomènes ataxo-adynamiques.
„ . . I Guérison quelquefois rapide, sixième au huitième jour. Guéri- ’ . . 1 , 1 „ . 1 ,
son possible. / Guerison quelquefois très lente.
L infection purulente cliniquement est souvent associée à des symptômes septicémiques. (Septico-pyohémie.)
Anatomie pathologique. — Les descriptions les plus détaillées et les mieux faites que nous ayons des diverses lésions anatomiques de l’infection purulente nous ont été laissées par Velpeau, Sédillot, Castelnau, Ducrest, Callander, Virchow.
1° D’une façon générale, ce que l’on trouve de plus caractéristique chez les individus qui ont succombé à la suite de cette affection, ce sont des inflammations, ou du moins des lésions à aspect inflammatoire, disséminées dans la plupart des organes. Sédillot a parfaitement dénommé ces altérations, des inflammations pointillées ou ponctuées, en raison du nombre et du petit diamètre des diverses parties qui se trouvent primitivement atteintes.
2° Ces parties enflammées suppurent habituellement avec une rapidité excessive, la suppuration se réalisant sous deux formes distinctes:
D’une part, des abcès, dits métastatiques, siégeant surtout au niveau des poumons, du foie, des muscles et des articulations;
D’autre part, des épanchements purulents considérables, se rencontrant surtout dans les plèvres, le péritoine ou les articulations.
3° Lorsque ces abcès se constituent, l’observation permet de reconnaître l’évolution suivante :
a) Une ecchymose initiale se développe, tout d’abord, au niveau des parties où les anciens auteurs pensaient que les globules primitivement passés dans le sang allaient se déposer;
b) On voit ensuite se produire une congestion consécutive;
cjLcs symptômes inflammatoires se prononcent, et le pus
apparaît, l’abcès est formé.
Ces remarques sont particulièrement faciles à vérifier au niveau des poumons. Voici, du reste, quelques considérations sur le siège, le nombre, le volume, la terminaison et la formation de ces abcès dits métastatiques.
Siège. —99 fois sur 100, les abcès métastatiques existent au niveau des poumons; 1 fois sur 12, on en rencontre dans le foie
FORMATION DES ABCES METASTATIQUES 481
et dans la rate; dans les muscles, 1 fois sur 15; 1 fois sur 20, au niveau du cœur; 1 fois sur 10, au niveau du tissu cellulaire. C’est au niveau du cerveau et des reins que leur présence est le plus rare.
Nombre et volume . — Le nombre des abcès métastatiques est souvent considérable : on a pu en compter plus de cent, rien qu’au niveau des poumons. Leur volume est habituellement petit: dans bien des cas, il dépasse à peine la grosseur d’une tête d’épingle. Quand on les ouvre, on voit en général un liquide purulent d’une teinte un peu grise. Au poumon, en particulier, on les prendrait facilement pour des tubercules suppurés ; observons cependant que les tubercules se trouvent plutôt au sommet qu’à la base du parenchyme pulmonaire; c’est le contraire pour l’abcès métastatique pulmonaire.
Formation. — Pour expliquer la formation de ces abcès, bien des théories ont été proposées; retenez les suivantes:
1° Une des plus anciennes a été édifiée et soutenue surtout par Boerhaave, acceptée également par J. L. Petit, Maréchal et Velpeau. Le pus de la plaie passe dans le torrent de la circulation; ce pus, transporté dans le sang, va se déposer en nature dans diverses parties. Il constitue ainsi directement le pus de l’abcès.
2° Théorie de Morgagni et de Blandin: Le pus de la plaie passe dans le courant vasculaire, le sang est dès lors plus ou moins altéré. Cette altération favorise les extravasations sanguines, qui deviennent ainsi l’occasion d’une réaction locale inflammatoire, conduisant ensuite à l’abcès.
3° Théorie de Cruveilhier: Le pus de l’abcès métastatique n’est pas le même que celui absorbé au niveau de la plaie; une petite quantité de ce pus s’introduit dans le sang; ces molécules purulentes se déposent ensuite dans la trame des tissus, et, comme de petits corps étrangers, suscitent à ce niveau une réaction inflammatoire plus ou moins vive: il en résulte rapidement une phlébite capillaire cause de la formation
Bei .nk. — Path. cliir., II.
de l’abcès métastatique. Sédillot, partisan de cette théorie, admet la succession des divers phénomènes suivants :
a) Irritation plus ou moins vive, due à la présence du globule purulent transporté au milieu de la trame organique;
b) Epanchement sanguin consécutif;
c) Hépatisation rouge localisée ;
cl) Hépatisation grise;
e) Abcès ponctué ;
f) Abcès plus considérable.
4° Quelques auteurs ont admis que le pus qui altère le sang et devient l’occasion de la phlébite capillaire et de l’abcès ne vient pas directement de la plaie, mais seulement des veines enflammées qui se trouvent près de cette plaie.
5° Pour Virchow, la formation de l’abcès métastatique est essentiellement en rapport avec les phénomènes d’embolie et d’infarctus que nous avons eu l’occasion de vous expliquer antérieurement. Au niveau de la plaie, cause première des accidents ultérieurs, il se forme tout d’abord des coagulations veineuses : ces thromboses, sont dues soit à des causes de compression qui agissent sur la veine où la coagulation s’opère, soit à des causes de dilatation qui modifient la circulation et favorisent aussi la production de cette première lésion ; l’état général du sujet peut aussi, en modifiant le sang, devenir l’occasion de ces symptômes. Ces coagulations une fois formées, on voit apparaître les phénomènes d’embolies et d’infarctus sur lesquels nous n’avons pas à insister de nouveau.
6° Il semble aujourd’hui prouvé que le principe irritant est le microbe pyogénique décrit par Pasteur. Il pénètre dans le sang et de là au milieu des tissus où il détermine les phénomènes inflammatoires et purulents. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces faits en discutant bientôt les théories elles -même de la pyohémie. Il nous reste à vous dire quelques mots encore sur les collections purulentes que l’on rencontre parfois et sur les altérations que subit le sang.