‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 178 sur 270 · INFECTION PURULENTE — PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

INFECTION PURULENTE — PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Collections purulentes. — Les collections purulentes existent habituellement, nous l’avons déjà fait observer, du côté des plèvres, du péritoine ou des articulations. Celles des plèvres proviennent souvent d’abcès pulmonaires qui se sont ouverts dans la cavité pleurale. Le liquide de l’abcès ou de l’infarctus pulmonaire joue alors le rôle de corps irritant au niveau de la plèvre et détermine bientôt une suppuration plus abondante.

Altérations du sang. — Du côté du sang quelques altérations ont été reconnues, mais rien de bien caractéristique n’est encore signalé. Ainsi l’on a trouvé parfois une légère augmentation dans la proportion de fibrine. Les globules rouges deviennent, dit-on, crénelés, déformés comme s’ils étaient en voie de destruction; au lieu de former de petites piles, on les voit se rassembler pour constituer de petites masses irrégulières. Après la mort, le sang est plus fluide, tandis que pendant la vie, au contraire, la coagulabilité est plus grande. Au moment de la période ultime, la coloration devient d’un rouge plus sombre, et le globule sanguin n’est plus alors susceptible d’acquérir pendant l’acte respiratoire les caractères du sang artériel.

Souvent vous constaterez quelques phénomènes gangréneux, dans ces conditions, la pyohémie est presque toujours compliquée de septicémie.

Physiologie pathologique. — Connaissant la symptomatologie et l’anatomie pathologiques de l’infection purulente, il nous paraît naturel d’en étudier maintenant la physiologie pathologique. Aujourd’hui que la vérité est à peu près faite sur la nature intime de cette affection, nous n’aurons pas à discuter trop complètement les théories qui ont été émises ; nous chercherons cependant à vous les faire connaître, en vous les exposant rapidement.

Les théories émises sur la nature intime de la pyohémie sont au moins au nombre de sept principales :

A. La théorie de Follin, Sédillot, Velpeau, Dance;

B. La théorie de Verneuil ;

G. La théorie de Virchow ;

D. La théorie de Billroth ;

E. La théorie do de Haen, Teissier (de Paris), Chauffard;

F. La théorie du poison chimique ;

G. La théories des germes.

A. L’opinion de Follin et Sédiilot peut se formuler d’une façon très nette et très précise. La pénétration du pus dans le sang est l’unique cause de l’infection purulente. La pénétration peut, du reste, varier et se produire soit par phlébite, le pus secrété par la veine enflammée passe alors directement dans le sang, soit par absorption veineuse ou lymphatique, soit par déversement direct du pus dans les conduits artériels. Voici les arguments principaux que ces auteurs ont fait valoir pour soutenir leur manière de voir :

a) Une suppuration développée dans un point quelconque de l’organisme précède toujours l’apparition de l’infection purulente.

b) Dans la plupart des cas, il est possible de démontrer une relation directe entre la formation du pus dans les veines, le passage de ce liquide dans le sang et le développement des accidents pyohémiques.

g) L’observation démontre souvent la présence du pus dans le sang des malades affectés.

d) L’injection de pus dans le sang des animaux détermine des états pathologiques semblables à ceux observés chez l’homme.

Gomme cette théorie a été acceptée, à un moment donné, par la majorité des pathologistes, nous avons cru devoir vous l’exposer d’une façon complète, nous réservant dans un instant d’en apprécier la valeur.

B. Pour Verneuil, tous les accidents que l’on voit survenir à la suite des plaies viennent de la formation et de l'absorption à leur surface d’un virus spécial qu’il appelle traumatique. Suivant que la dose du virus absorbé est plus ou moins considérable, les

Page 1