THÉORIES DE VIRCHOW, DE BILLROTH
accidents sont variables: tantôt il se produit ce que l’on appelle la fièvre traumatique, tantôt ce qui a été décrit vaguement sous le nom de résorption putride, tantôt l’infection purulente, tantôt la septicémie foudroyante; en un mot, unicité du virus traumatique et cependant variabilité des accidents. Quelquefois le virus traumatique se produit spontanément: il y a alors autoinfection ; d’autres fois, le virus traumatique provient du dehors : il y a, dans ces cas, hétéro-infection.
G. Pour Virchow, nous l’avons déjà dit, l’infection purulente dépend essentiellement des thromboses veineuses et des embolies qui, parties descaillots obturateurs, déterminent dans les divers tissus où elles vont s’arrêter des infarctus ou abcès métastatiques.
D. L’opinion de Billroth peut être formulée ainsi : à la suite des lésions traumatiques et principalement des plaies, diverses intoxications peuvent dépendre de ce que diverses substances irritantes, phlogogènes, pénètrent dans le sang en passant parla surface des parties traumatisées. O11 peut ramener à trois principales formes d’intoxication les états morbides que l’on voit survenir dans ces conditions :
La fièvre traumatique,
La septicémie,
La pyohémie.
La fièvre traumatique dépend du passage dans le sang de liquides pyrogènes simples.
Dans la septicémie, il y a pénétration dans le torrent circulatoire d’éléments putrides.
Dans la pyohémie, il y a une double intoxication : intoxication par le pus et intoxication par les éléments putrides.
E. Pour deHaen, Teissier (de Paris) et Chauffard, l’infection purulente est le fait d’une modification primitive du sang, modification déterminée par les conditions hygiéniques et traumatiques au milieu desquelles le malade est placé. Il se crée pour lui une diathèse spéciale, une diathèse purulente à la suite de laquelle la suppuration se réalise dans tel ou tel organe.
Il nous reste, en dernier lieu, à examiner ce que l’on peut appeler la théorie du poison chimique et la théorie des germes.
F. Pour quelques auteurs, l’infection purulente est produite par le passage dans le sang d’un poison chimique qui se forme au niveau de la plaie. Vous trouverez à ce sujet des indications nombreuses, soit dans le livre de Jeannel, soit dans l’article de Chauvel (Septicémie, Dictionnaire de Dechambre) . Nous nous bornerons à vous citer quelques-unes des opinions qui nous ont semblé le plus importantes. Ainsi :
Dans les dernières années de sa vie, Bonnet (de Lyon) attachait une importance extrême à la présence du sulfhydrate d’ammoniaque dans le pus. D’après lui, cette substance passait dans le sang et devenait la cause des accidents pyohémiques.
En 1855, Panum prétendit avoir isolé ce qu’il appela le poison putride, poison stable, fixe, non volatil, insoluble dans l’alcool, soluble dans l’eau, poison qui n’aurait de comparable que le venin des serpents ou les alcaloïdes végétaux.
En 1865, Weber affirme de nouveau l’influence de l’acide sulfhydrique.
En 1866, dans un mémoire publié à Munich, Hemmer reproduit en partie les conclusions de Panum.
En 1866, Fischer émet l’opinion que les acides butyrique, valérianique et formique doivent être considérés comme étant en grande partie les agents du développement de la pyohémie.
En 1868, Bergmann croit avoir trouvé le poison dans les parties liquides et solubles que l’on rencontre au niveau de la plaie. Il lui donne le nom de sepsine. Zuelzer, en 1861 et 1874, dit avoir isolé un nouvql alcaloïde qu’il compare à l’atropine, et qu’il regarde comme cause de l’empoisonnement.
En 1876, Hiller soutient que le poison est non seulement un corps simple, mais encore une combinaison plus ou moins compliquée des diverses substances déjà reconnues par les expérimentateurs, sulfhydrate d’ammoniaque, sels de potasse, sepsine. Ce poison, de nature chimique, ne se présente jamais