THEORIE DES GERMES
à l’état moléculaire, mais à l’état soluble. Un peu plus tard, le meme auteur arrive, au point de vue clinique, aux conclusions suivantes, en distinguant :
1° Un empoisonnement par un agent chimique, qu’il appelle ichorrhémie; l’ichorrhémie n’est pas contagieuse.
2° Un empoisonnement par un ferment septique, la septicémie, que nous étudierons plus tard; la septicémie est contagieuse.
3° La pyohémie, mélange des deux formes précédentes, et participant, par conséquent, des propriétés de l’une et de l’autre.
Nous avons cru devoir séparer la théorie du poison chimique de l’opinion de Verneuil qui admet que la cause de la résorption purulente est un virus. Ce dernier auteur accepte bien le mot de sepsine pour donner un nom à ce virus traumatique, mais il n’a nullement cherché à en préciser la nature chimique.
G. La théorie des germes a été acceptée, dès 1870, par A. Guérin pour expliquer les phénomènes de la pyohémie. L’infection purulente n’est ni le résultat du passage dans le sang du pus ordinaire de la plaie, ni le fait d’un poison chimique qui existerait au niveau de cette plaie; elle est le résultat de l’action de germes spéciaux qui se mêlent au pus de la partie traumatisée, passent de là dans le sang, l’intoxiquent, et vont déterminer ultérieurement des phénomènes d’irritation suppurative dans tous les points où ils pénètrent. Nous ne pouvons entrer dans tous les détails que comporte l’exposition complète de cette théorie; retenez surtout qu’elle est née des travaux de Pasteur, dont les dernières découvertes semblent devoir la faire accepter d’une manière définitive. Les raisons suivantes nous paraissent, en effet, péremptoires.
1° L’infection purulente ne peut être considérée comme dépendant seulement de passage du pus ordinaire dans la cicatrisation. Les injections du pus dans les vaisseaux d’un animal ne produisent de symptômes pathologiques qu’autant que l’on injecte une quantité considérable de pus. Pour que le pus qui
pénètre dans le sang agisse, il faut qu’il contienne une substance nuisible.
2° Cette substance nuisible n’est pas un poison chimique ; la seule démonstration rigoureuse de cette opinion, comméra très bien indiqué Jeannel, eut été l’isolement de ce corps et l’injection de cette substance dans le sang d’un animal produisant l’infection purulente; or, cette démonstration n’a pas été faite.
3° La substance nuisible qui intoxique le sang est un vibrion, décrit par Pasteur qui lui a donné le nom de vibrion purulent ou phlogogène, « microbe à la fois aérobie et anaérobie, sous la forme, dans les premières heures de culture, de petits boudins très courts, tournoyant sur eux-mêmes, ressemblant au bacterium termo; comme lui, légèrement étranglé dans sa longueur, mais spécifiquement très différent. »
On a fait à la théorie des germes quelques objections, qui peuvent être facilement réfutées.
a) La filtration d’un liquide susceptible de produire l’infection purulente ne diminue pas, a-t-on dit, sa virulence, et l’on s’est empressé de conclure que la virulence, par conséquent, ne tient pas aux germes, aux vibrions qui restent sur le filtre. Or, Pasteur, Joubert et Chamberland ont pratiqué eux-mêmes cette filtration, et ils ont vu que lorsque le liquide filtré ne donne plus aucune pullulation par la culture, l’injection de ce liquide ne produit alors aucun résultat.
b) L’ébullition prolongée n’altère pas la toxicité des liquides. Gela tient à une forme spéciale que le vibrion peut revêtir, nouvelle forme sous laquelle il devient alors indiffèrent à l’action de la chaleur à 100°.
c) Si l’infection purulente est produite par le passage de germes contenus tout d’abord dans l’air extérieur et s’absorbant au niveau de la plaie, pourquoi les sujets exposés aux mêmes conditions atmosphériques ne contractent-ils pas la maladie, même sans être porteurs d’aucune plaie. Ces germes ne sont-ils pas aussi bien absorbables par le poumon ? — La ré -