PÉRIODE PRODROMIQUE DE L’ÉRYSIPÈLE H
Martin, 1865; Pujol, Daude, 1865-1867). En 1868, les travaux de Huëter et de Nepveu ont confirmé cette manière de voir. Aujourd’hui, les recherches de Or tli [Exper. pallb. und phar. Leipsic, 1853) et celles de Dupeyrat (thèse, 1881) semblent démontrer d’une manière définitive la nature septique ou parasitaire delà maladie.
Nous étudierons surtout la symptomatologie et la nature intime de l’érysipèle, son étiolog'ie, son pronostic et son traitement.
Symptomatologie . — Au point de vue clinique, on peut diviser les symptômes en deux périodes : une période prodromique et une période caractéristique. D’une façon plus générale, semblable à une fièvre éruptive, l’ érysipèle peut être considéré comme présentant unepériode d’incubation, d’invasion, d’état et de déclin; nous préférons nous en tenir à la première division.
Période prodromique. — Habituellement les symptômes prodromiques surviennent quelques jours avant la période caractéristique ; ils consistent en des frissons erratiques, avec alternative de chaleur prononcée. Le blessé se plaint de malaises, de céphalalgie, il accuse de l’embarras gastrique, de l’anorexie, de la soif; quelquefois l’on constate des vomissements : quand ces vomissements sont fréquents et très abondants, le pronostic peut être considéré comme plus grave. Després a indiqué cette particularité dans une monographie sur l’érysipèle publiée en 1862. Dans 10 observations dont il donne la relation, 8 fois les malades moururent après avoir eu des vomissements considérables. En analysant ces divers phénomènes, on pressent déjà la nature infectieuse de la maladie.
Outre ces symptômes prodromiques généraux, il y a en même temps des symptômes prodromiques locaux : une certaine tension des parties menacées. Le malade accuse à ce niveau une sensation de chaleur assez prononcée. Souvent l’on constate une tension douloureuse au niveau des ganglions voisins de l’endroit où l’érysipèle évolue.
Ce dernier symptôme dont parle déjà Galien a été signalé par de nombreux observateurs; Borsieri, Franck, Hofmann, Chomel, Blandin, Grisolle ont insisté beaucoup sur ce point de séméiologie. D’autres auteurs, Velpeau entre autres, considèrent ce symptôme comme toujours consécutif.
Dans les cas d’érysipèles dits spontanés, érysipèles de la face, survenant à la suite de petites écorchures siégeant dans les fosses nasales ou derrière les oreilles, on observe que cet engorgement ganglionnaire sous -maxillaire se perçoit souvent trois ou quatre jours avant l’apparition bien nette de la rougeur érysipélateuse. Dans les cas d’érysipèles dits traumatiques, à marche plus rapide, l’engorgement ganglionnaire semble, au contraire, consécutif à l’apparition de la rougeur.
Période caractéristique . — Après les symptômes prodro miques que nous venons d’analyser, apparaissent ceux de la période caractéristique. Ils peuvent se diviser en trois classes : [ Symptômes caractéristiques de la phase de début ;
< Symptômes caractéristiques de la phase d’état ;
( Symptômes caractéristiques de la phase de déclin
Phase de début. — Le premier phénomène morbide est ordinairement un grand frisson analogue à celui d’une fièvre intermittente avec claquements de dents et tremblements des membres. La température s’élève rapidement de l°à 2° et même 3°; au bout de quelques heures, on voit apparaître une rougeur assez prononcée au niveau de la partie traumatisée. Tantôt un cercle rouge de 1 à 2 centimètres entoure les bords de la solu • tion de continuité, tantôt on ne voit qu’une petite plaque rouge qui se développe en un point quelconque de la circonférence de la plaie et qui s’accompagne d’une sensation de cuisson assez prononcée, mais sans douleur bien accentuée.
Phase de progrès ou d’état. — A cette phase de début succèdent bientôt les symptômes de la phase d’état; ce sont surtout des symptômes locaux.