ÉTIOLOGIE — PATHOGÉNIE DE L'ÉRYSIPÈLE
lu Les causes de l’érysipèle peuvent être divi-t A. Causes prédisposantes, sées en I B. Causes déterminantes.
A. Causes prédisposantes.
Causes prédispo santés indispensables.
Causes prédisposantes moins importantes.
Un traumatisme est nécessaire au début de tout érysipèle.
Les plaies qui exposent le plus à l’invasion d’un érysipèle sont des plaies petites, anfractueuses, irrégulières.
\ Érysipèle opératoire.
I Influence de l'âge. Sexe.
^Saisons: automne, printemps, s Professions. Erysipèles fréquents chez / les sujets présentant un état mala- \ dif antérieur.
B. Causes déterminantes.
PourOrlh, Dupeyral, Bouchard, présence au niveau de la plaie d’une bactérie spéciale. Baclerium punctum.
Influence d'une Pour Hiller (de Berlin), action d’un cause toxique. poison chimique. Le poison se dédouble au niveau de la plaie : une partie passe dans le sang et produit les phénomènes généraux, une partie reste au niveau de la plaie et produit la rougeur érysipélateuse.
2» On distingue quelquefois un érysipèle spontané et un éï’ysipèle traumatique: tout érysipèle est toujours traumatique. 11 faut de toule nécessité qu’un poison, qu’un microbe s’introduise dans le sang au niveau d'une solution de continuité, quelle que petite qu'elle soit. Dans l’érysipèle spontané, la plaie, par exemple, la petite solution de continuité est souvent une écorchure d'un eczéma qui peut exister dans les fosses nasales ou derrière les oreilles.
•r-° L'érysipèle, maladie infectieuse, doit être contagieux. Les observations actuelles ne permettent pas de mettre en doute la contagion de l'érysipèle.
QU A R AN T E-SEP T I ÈM E LEÇON
TRAITEMENT DE L’ÉRYSIPÈLE
L« traitement de l’érysipèle se divise! A. Traitement préventif, en traitement I B. Traitement curatif.
Appliquer un pansement convenable.
A. Traitement préventif. <
Local.
Général.
Moyens
locaux.
B. Traitement curatif.
Moyens
généraux.
Prévenir la solulion de continuité du contact du poison infectieux.
| Les plaies de cautérisation semblent peutêtre se prêter moins à l’inoculation du microbe érysipélateux.
Augmenter autant que possible les forces du sujet.
(Vésicatoires.
Pommade au nitrate d'argent.
Cautérisation légère.
Antiphlo-
gistiques.
Application de sangsues.
téré-
de
Cataplasmes.
Onction avec de l'axouge Émollients. < Poudre de lycopode.
Poudre d’amidon.
Poudre de camphre.
Emploi de l’essence de benthine (Lucke).
Injection d’une solution 2 0/0 d’acide phénique.
I Hiller, Bieckel, Stukowenkoll.
[Emploi du perchlorure de fer (Valette).
Emploi delà faradisation (Karl Schwable).
1° Au début, administration d’un vomitif.
2° Soutenir les forces du malade.
3° Surveiller les complications et les combattre.
Spécifiques.
4° Médication soi-disant spécifique.
Aconit.
I Belladone.
Colchique.
Cerfeuil.
Étude de la pourriture d'hôpital. — Définition.— Historique. — Lapourrilure d’hôpital n'est bien connue que depuis A. Paré. — Symptomatologie. — Symptômes précurseurs. Ils ressemblent à ceux que l’on rencontre dans la période d’invasion des maladies infectieuses. — Symptômes expressifs. — Division de Follin. — Division de Delpech. — Nous admettons la division de Follin en classant les quatre formes de la pourriture d'hôpital en trois périodes : périodes d’éruption, d’ulcération et de réparation. — Période d’éruption ou phlycténoïde. — Période d’ulcération. — Forme ulcéreuse. — Ulcère à teinte jaune. — Présence d’un liquide séro-ichoreux.
— Odeur spéciale. — Marche circulaire de l'ulcération. — Rapidité. — Bourrelet œdémateux. — Douleur vive. — Ulcération s’étendant profondément. — Forme pulpeuse.
— Couche pultacée fibiûneuse s'étendant sur la plaie. — Marche plus superficielle.
— Reproduction rapide. — Forme pulpeuse hémorragique. — Forme gangréneuse.
— La forme gangréneuse doit être considérée comme un accident de la pourriture d’hôpital. — Symptômes généraux. — Étiologie. — Causes prédisposantes. — Causes occasionnelles. — Les causes prédisposantes peuvent être regardées comme insignifiantes. — Les causes occasionnelles sont seules importantes: encombrement des blessés ; — encombrement de malades atteints de typhus ou de fièvre typhoïde; — inoculation; — contagion. — Observations de Burgrneve, de Heine. — Nature intime de la pourriture d’hôpital. — Pour les uns, la pourriture d'hôpital est une gangrène; pour Robert, la maladie est une diphtérite; pour Boussuge, c'est la diphtéroïde des plaies. — Diagnostic. — Pronostic. — Traitement. — Traitement
préventif. — Traitement curatif.
Messieurs,
Nous terminerons aujourd’hui l’étude des accidents des plaies en vous décrivant la pourriture d’hôpital.
Définition. — La pourriture d’hôpital a été très justement définie par Follin « une altération caractérisée par une exsuda tion pseudo -membraneuse à la surface d’une plaie ou d’une cicatrice, le ramollissement gangréneux et l’ulcération des parties sous-jacentes ». Ajoutons que la maladie se montre souvent
QU A R A N TE-H UITI KM E LEÇON
sous forme épidémique, qu’elle se transmet par contagion et qu’elle se termine quelquefois par la mort, en déterminant des phénomènes d’intoxication générale. 11 est probable que l’on pourra, à un moment donné, caractériser cette affection par la présence d’un microbe spécial comme on l’a fait pour l’infection purulente, la septicémie et l’érysipèle. Cette complication a été souvent dénommée d’une façon différente: gangrène d’hôpital, gangrène nosocomiale, gangrène contagieuse, typhus traumatique, ulcère gangréneux des plaies, diphtérite, diphtéroïde des plaies. Nous nous étendrons peu sur l’historique de la pourriture d’hôpital, et nous insisterons principalement sur la symptomatologie, le diagnostic, le pronostic et le traitement.
Historique. — Il est difficile de savoir si cette maladie a été connue des anciens. Il semble que Galien l’ait désignée, ou mieux presque décrite, en se servant des trois expressions : ulcéra, putrida et depascentia ; mais on ne retrouve aucune description complète, qui rappelle le tableau qu’Arétée nous a laissé- du tétanos. Suivant Olivier (Traité expérimental du typhus traumatique , gangrène ou pourriture des hôpitaux. Paris, 1822), le premier auteur qui ait complètement décrit la pourriture d’hôpital fut Ambroise Paré. A partir de la fin du siècle dernier, De Lamotte (1771), Pouteau (1783) et Dussaussoy (1788) publièrent d’importants travaux sur cette question. En 1815, parut le mémoire de Delpech.
Plus près de nous, remarquez le mémoire de Pitha sur une épidémie observée à Prague, les études cliniques de Marmy (1857), la thèse de Boussuge (1860), l’article de Heine dans le Compendium de Pitha et Billroth (1874), les recherches de Netter (1875) et la thèse de Wolff (1875).
Symptomatologie. Division générale. — Les symptômes de la pourriture d’hôpital, comme ceux de l’érysipèle, peuvent se diviser en symptômes précurseurs et en symptômes expressifs.