‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 194 sur 270 · POURRITURE D’HOPITAL — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

POURRITURE D’HOPITAL — HISTORIQUE

Les symptômes précurseurs n’ont pas été admis par tous les auteurs; Olivier cependant les a décrits, et son opinion doit être acceptée, puisqu’il a eu l’occasion de les observer sur luimême. Le malade ressent tout d’abord une douleur plus ou moins vive au niveau de la plaie, en même temps que se montre une teinte érysipélateuse. Le blessé éprouve quelques phénomènes d’embarras gastrique, il se plaint d’un peu de malaise général. Ces symptômes vagues ressemblent à ceux que l'on rencontre dans la période d’invasion de la plupart des maladies infectieuses; survient ensuite la période expressive, qui consiste surtout dans l’apparition de phénomènes locaux.

Dans un très bon article sur la pourriture d’hôpital, Follina divisé ces phénomènes locaux en quatre catégories, constituant quatre formes de la maladie : formes vésiculo -pustuleuse, ulcéreuse, pulpeuse et hémorragique. Delpech décrivait seulement une forme ulcéreuse et une forme pulpeuse ; dans la première, il y avait ulcération, et dans la seconde, production de fausses membranes. Cette division si nette, si tranchée, est séduisante au point de vue clinique, et elle a été acceptée par Nélaton, Jamain, Billroth. Toutes les variétés delà pourriture d’hôpital peuvent certainement se grouper en ces deux formes principales. Néanmoins il y a, croyons -nous, plus d’exac titude dans la description de Follin ; aussi l’adopterons-nous en classant les diverses formes que cet auteur admet en trois périodes :

[ Période d’éruption,

| Période d’ulcération,

( Période de réparation.

A la période d’éruption correspond la forme vésiculo-pustuleuse ; à celle d’ulcération, les formes ulcéreuse, pulpeuse, pulpeuse-hémorragique et gangréneuse. Dans la période de réparation, nous décrirons les phénomènes de cicatrisation qui surviennent lorsque la guérison a lieu.

Bernc. — Palh. chir., II. 3',

Période d'éruption. — Quand on examine avec soin les premiers symptômes, on voit qu’ils consistent dans la formation de très petites vésicules qui apparaissent à la surface de la plaie sous forme de saillies mamelonnées renfermant un liquide un peu blanchâtre. Ges vésicules se rompent après vingt quatre ou quarante-huit heures, le liquide s’écoule et s’étale sur la plaie. Plusieurs auteurs ont constaté ces faits, mais la plupart ont attaché peu d’importance à ces phénomènes qu’ils n’ont pas considérés comme essentiels. Un des premiers, le docteur Boussuge, dans sa thèse inaugurale, a insisté tout particulièrement sur ces symptômes, en démontrant qu’ils pouvaient survenir au niveau d’une plaie, d’un ulcère, à la surface d’une muqueuse ou même au niveau de la peau alors qu’elle ne présente aucune solution de continuité.

Cette première période peut s’appeler phlycténoïde ; elle est surtout apparente quand la pourriture d’hôpital se développe sur la surface d’un vésicatoire ou au niveau d'une cicatrice récente.

Période d’ ulcération. — A la période que nous venons de décrire, succède celle d’ulcération. Elle comporte :

/ Une forme ulcéreuse proprement dite,

\ Une forme pulpeuse ordinaire,

} Une forme pulpeuse hémorragique,

[ Une forme gangréneuse.

Voici les symptômes que vous constaterez :

Forme ulcéreuse. — Dans la forme ulcéreuse, la plaie revêt rapidement les caractères d’un ulcère d’une teinte jaune terne: elle est délimitée par une zone érysipélateuse indurée de 2 à 3 centimètres, et sécrète un liquide séro-ichoreux. L’ulcération envahit bientôt les parties voisines, le plus souvent avec une rapidité effrayante. En un jour, en une nuit, la solution de continuité peut quelquefois doubler et même tripler d’étendue.

Billroth a fait observer que cette ulcération procède presque toujours circulairement ; il en résulte que la plaie prend la

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