‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 195 sur 270 · SYMPTOMATOLOGIE DE LA POURRITURE D'HOPITAL · texte numérisé non relu

SYMPTOMATOLOGIE DE LA POURRITURE D'HOPITAL

forme d’un 1er à cheval ou d’une feuille de trèfle. Le liquide séro-ichoreux que nous avons signalé offre habituellement, d’après Marmy, une odeur spéciale. « En découvrant le lit d’un blesîé, dit ce chirurgien, il nous était presque toujours possible de percevoir une odeur caractéristique, sui generis , se rapprochant beaucoup de celle que l’on ressent au milieu des malades atteints de typhus. » Notez que bien souvent certaines parties de la plaie restent saines, et que d’après tous les auteurs, l’extension de la maladie est beaucoup plus rapide lorsque l’ulcération est arrivée aux limites de la solution de continuité. Un bourrelet œdémateux précède presque toujours les phénomènes que nous venons de décrire. Vous observerez, en dernier lieu, que l’ulcération gagne surtout en profondeur.

Le docteur Marmy a beaucoup insisté sur la douleur extrêmement vive que les blessés ressentent dès le début et dont l’effet se fait sentir au niveau même de la plaie ; cette douleur survient ie soir ou pendant la nuit, elle est assez intense pour empêcher le sujet de dormir. En résumé :

I Ulcère à teinte jaune sale, sécrétant un liquide séroichoreux, d’une odeur spéciale ;

Ulcération et marche circulaire, rapide, précédée d’un bourrelet œdémateux et d’une douleur vive; Ulcération se dirigeant surtout vers la profondeur des tissus.

Forme 'pulpeuse. — Cette forme a été décrite par la plupart des auteurs, surtout par Billroth. « Dans ce cas, dit ce dernier auteur, la surface granuleuse de la plaie se transforme en une bouillie jaune, poisseuse, qui se laisse enlever par l’éponge à la superficie, mais dont les couches profondes adhèrent solidement aux parties sous-jacentes. » Comme dans la forme précédente, les bords de la plaie sont rouges, un peu érysipélateux, et présentent le bourrelet œdémateux avant-garde que nous avons déjà signalé. Netter a fait observer que, le liquide séreux s’écoulant plus rapidement, cet engorgement

œdémateux était alors moins considérable. Il importe de signaler que cette couche pulpeuse se produit toujours avec une rapidité excessive; une fois enlevée, elle se reconstitue presque immédiatement. Sa consistance et son adhérence aux parties profondes dépendent de la quantité de fibrine qu’elle renferme. D’après Bergeron, cette proportion est toujours plus considérable au début qu’au milieu et à la fin de la maladie; parfois elle diminue si notablement que l’on constate seulement à la surface de la plaie envahie une boue un peu épaisse, s’écoulant au moment des pansements.

Pour quelques auteurs l’envahissement des parties profondes se fait rapidement. Ainsi :

! Couche pultacée, fibrineuse, s’étendant sur la plaie;

I Couche plus ou moins adhérente aux parties sous-ja- ] centes et se laissant enlever à la superficie;

J Bourrelet œdémateux moins saillant, envahissant sur- I tout les parties superficielles et se reproduisant, quand on l’enlève, avec une rapidité excessive.

Forme pulpeuse hémorragique. — Quelquefois la substance pseudo -membraneuse qui recouvre la plaie devient moins épaisse, plus foncée en couleur; des bourgeons charnus la perforent de distance en distance : on voit alors survenir, surtout au moment des pansements, des hémorragies capillaires parfois très abondantes, c’est ce que vous trouverez dans l’ouvrage de Follin sous le titre de forme pultacée hémorragique. Cette couche pultacée est teinte de sang, elle revêt une coloration chocolat et. l’on dirait un dépôt noirâtre assez analogue à un caillot recouvrant la surlace de la plaie.

Forme gangréneuse. — La forme gangréneuse est plutôt une période accidentelle delà maladie. La pourriture d’hôpital reste souvent limitée aux symptômes que nous venons d’analyser et si un traitement convenable est employé, la plaie perd peu à peu ses caractères pathologiques, les liquides secrétés prennent de nouveau l’apparence du véritable pus, les bourgeons

Page 1