DK LA RÉCIDIVE DES TUMEURS
Lorsqu’il y a récidive par repullulation, la tumeur renaît dans une partie tout à fait séparée de la région où la première tumeur existait; on est obligé d’admettre alors que ce phénomène dépend essentiellement de l’état diathésique.
Au point de vue du temps, la récidive se fait tantôt presque immédiatement après la disparition de la première tumeur, tantôt quelques mois après, tantôt à une époque beaucoup plus éloignée: récidive rapide, tardive, retardée. Lorsqu’une tumeur récidive, ce phénomène peut s’accomplir non seulement sur place, mais encore dans des conditions identiques à celles de la première tumeur, conditions d’apparence extérieure, de volume,' de configuration ; c’est ce qui arrive, par exemple, pour les kéloïdes. On dirait que la tumeur représente exactement lin organe qui se reproduit : c’est le phénomène qui a lieu lorsque l’on sectionne la queue d’un lézard.
Nous venons de distinguer des récidives par continuation et par repullulation. 11 est possible parfois de les différencier, mais bien souvent le chirurgien ne peut moins faire que d’hésiter avant de se prononcer.
Voici les signes qui pourront vous guider pour établir ce diagnostic différentiel.
Les récidives par continuation sont toujours locales, souvent même elles ont lieu exactement au niveau même de la cicatrice ; elles surviennent toujours peu de temps après l’ablation de la première tumeur.
Les récidives par repullulation n’ont lieu qu’ après un temps plus reculé et ne s’effectuent souvent que dans des endroits assez éloignés de la région primitivement atteinte. Lorsque la tumeur se développe dans une région complètement séparée de l’endroit où existait le néoplasme primitif, la récidive doit toujours être considérée comme un phénomène de repullulation.
De la fréquence des récidives pour telle ou telle tumeur. — Toutes les tumeurs récidivent-elles? D’une façon générale, on peut répondre par l’affirmative, même pour les lipomes;
mais au point de vue clinique, la réponse est différente. On peut assurer, au contraire, que certains néoplasmes récidivent, tandis que d’autres ne récidiventpas,oudu moins très rarement. Voici, à ce sujet, les indications dont vous vous souviendrez:
1° Les cancers récidivent presque toujours, le carcinome plus facilement que tous les autres.
2° Les tumeurs que Broca appelle hétérologues, c’est -àdire celles dont le tissu semble ne pas correspondre à un tissu normal, les épithéliomes, les sarcomes, récidivent aussi le plus souvent.
3° Les tumeurs homologues, telles que les lipomes, ne récidivent presque jamais. En d’autres termes, ce que l’on peut appeler l’échelle de la récidive pour les diverses tumeurs est à peu près identique à celle que nous avons admise pour l’engorgement ganglionnaire, l’infection et la généralisation.
Il nous reste à vous énumérer quelques caractères différentiels entre la tumeur de récidive et la tumeur de généralisation.
La tumeur de récidive est ordinairement unique , née encore sous l’influence de la diathèse, elle se développe dans des conditions de structure intime identiques à celles de la tumeur primitive.
La tumeur de généralisation naît, au contraire, sous l’influence de l’infection, l’état général est alors complètement mauvais. Rarement solitaire, cette tumeur peut se développer dans tous les tissus, partout où le courant vasculaire a pu transporter les éléments pathologiques.
L’opération, vous le comprenez, peut être encore utile pour une tumeur de récidive; elle est complètement contre-indiquée pour la tumeur de généralisation.
Avant de passer en revue le diagnostic, le pronostic et le traitement des tumeurs, résumons en quelques propositions l’étude de l’engorgement ganglionnaire, de l’infection, de la généralisation, de la cachexie et de la récidive.
EVOLUTION PATHOLOGIQUE DES TUMEURS
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ÉVOLUTION PATHOLOGIQUE DES TUMEURS
/A. D'engorgement ganglionnaire; l B. D'infection ;
Quelques tumeurs peuvent de-)c De généralisation ; terminer des symptômes. . • ) D De cachexie.
\ E. De récidive.
A. Engorgement ganglionnaire. . . .
B. Infection. . . . j