‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 224 sur 270 · TRAITEMENT DES TUMEURS — COMPRESSION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES TUMEURS — COMPRESSION

traitement prolongé pondant trois années. Un appareil spécial était appliqué de temps à autre. Eu somme, la compression est d’une application difficile, échouant souvent et nécessitant des soins prolongés.

4° On a cité quelques observations de guérison de tumeurs, épithéliomateuses des lèvres, soumises au traitement dès leur début; méfiez-vous, dans ces cas vous avez, en effet, peu de chances de réussir, et vous pouvez regretter d’avoir perdu un temps précieux avant d’avoir mis en usage une médication plus utile.

5° D’une façon à peu près absolue, n’employez pas la compression dans les cas de tumeurs malignes ; une exception doit être faite pour les tumeurs du sein que nous aurons bientôt l’occasion de vous décrire sous le nom de squirrhe atrophique. Dans ces cas où l’évolution de la lésion est lente, il a semblé que celte méthode était utile et vous pourrez d’autant mieux l’essayer que l’expérience clinique démontre que l’ablation de ces tumeurs ne doit pas être tentée. La compression, pour être bien faite, exige souvent que le néoplasme soit placé dans une région favorable au niveau d’un plan osseux, par exemple. Récamier avait cependant entrepris de traiter ainsi quelques tumeurs du col utérin.

Nous ne vous décrirons pas tous les modes de compression qui ont été proposés.

Souvent, en effet, les appareils les plus simples devront être employés : l’application d’un emplâtre sur lequel on fait passer quelques tours de bande, une plaque de plomb maintenue par des bandelettes de diachylum, même de simples tours débandé suffisent pour comprimer la tumeur; d’autres fois, des appareils plus compliqués ont été conseillés: ainsi vous trouverez dans l’ouvrage de Walsh sur le cancer (Londres, 1846), un appareil proposé par le docteur Arnolt Neil, se composant d’un coussin à air, d’une contre-pelote et d’un ressort d’acier.

Nous vous signalons d’une manière toute spéciale les appareils de compression de notre confrère le docteur Chassagny.

Ecrasement et broiement sous-cutané . — L’écrasement consiste à produire des ruptures dans le tissu des tumeurs, par des pressions plus ou moins fortes et prolongées. Pour opérer le broiement sous-cutané, le chirurgien introduit tout d’abord au niveau de la tumeur un ténotome qui sert à dilacérer le tissu. Ges deux procédés ont pour but de dissocier les éléments néoplasiques et de favoriser leur destruction ; on arrive ainsi à susciter au niveau de la tumeur une inflammation plus ou moins vive, qui détermine tout naturellement la production de lymphe plastique; cette lymphe plastique gêne la nutrition des éléments du néoplasme, et, plus tard, lorsque les produits plastiques épanchés se résorbent, ce mouvement de résorption commencé entraîne aussi celui des éléments pathologiques au milieu desquels l’infiltration plastique s’était opérée.

Paul d’Egine a vaguement décrit, sous le nom d’ôkaiî, écrasement, un procédé de castration qui consiste à placer l’enfant dans un bain chaud et à presser les testicules jusqu’à ce qu’ils soient réduits en bouillie.

Quelques auteurs anciens ont conseillé l’écrasement des ganglions lymphatiques hypertrophiés, mais c’est à Malgaigne que revient le mérite d’avoir complètement érigé en méthode ce procédé. Le broiement sous-cutané a été surtout préconisé par Marshall Hall en 1831. En 1848, Bonnet (de Lyon) eut l’idée de traiter les lipomes par cette méthode ; mais, pour peu que la tumeur soit considérable, il est bien difficile d’en obtenir la disparition complète. Après le broiement sous-cutané, opéré avec une aiguille à cataracte ou un ténotome, on peut appliquer une compression énergique. La combinaison de ces deux méthodes donne souvent de bons résultats.

Ligature des artères afférentes. — Nous avons mentionné, en troisième lieu, la ligature des artères principales qui se rendent à la tumeur. Privé des conditions d’une nutrition

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