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CAUTÉRISATION LINÉAIRE

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Cautérisation par le feu,

Cautérisation potentielle,

Cautérisation électrique, galvanocaustie, électrolyse.

Nous ne pouvons vous donner ici que des indications bien rapides sur ces diverses méthodes ; faire plus nous entraînerait dans des détails de médecine opératoire qui ne rentrent pas dans le cadre de notre programme.

La cautérisation par le fer rouge se pratique de diverses manières: le fer est rougi tantôt directement au feu, tantôt par quelques procédés spéciaux (appareil de Paquelin), ou par le courant électrique (appareil de Middeldorf).

La destruction complète d’une tumeur par l’action du fer rouge ne doit être tentée que dans les cas de tumeur de petit volume. Dans quelques circonstances, cette cautérisation est employée comme complément opératoire. Ainsi, après l’ablation des polypes naso-pharyngiens qui s’implantent le plus souvent sur la face inférieure de l’apophyse basilaire de l’occipital, ce procédé est fréquemment mis en usage pour détruire les parties de la tumeur qui n’ont pas été enlevées de suite. Nélaton procédait ainsi en pratiquant une cautérisation à travers une perforation du voile du palais et de la voûte palatine.

La cautérisation par les caustiques est beaucoup plus puissante ; est-elle plus efficace pour empêcher la récidive, comme l’a prétendu dernièrement encore le docteur Bougard (de Bruxelles) ? Nous aurons à apprécier cette méthode plus complètement en nous occupant du traitement du carcinome.

La cautérisation par le fer rougi par le courant électrique constitue un procédé peu efficace, quand il s’agit de détruire complètement une tumeur volumineuse et c’est surtout dans les cas où l’on désire employer ce que nous appellerons la cautérisation linéaire que ce procédé peut offrir quelques avantages.

La cautérisation par l’électricité peut être, en outre, effectuée par l’électrolyse, c’est-à-dire par la galvanopuncture réalisée

cle manière à ne pas seulement modifier le tissu de la tumeur, mais à en opérer la destruction complète et presque immédiate. Ce procédé, qui appartient surtout au docteur Neftel (de New - York), consiste à plonger une anode de platine perpendiculairement au sein de la tumeur jusqu’au point d’implantation présumé ; trois à cinq cathodes sont appliquées à la périphérie à peu de distance les unes des autres. Le courant est ensuite fermé et porté rapidement à son summum d’intensité (30 à 60 éléments). Au bout do cinq à dix minutes, on enlève les cathodes, que l’on rapporte sur un autre point jusqu’à ce que l’on ait fait le tour de la tumeur. L’opération dure une heure en moyenne. La tumeur devient livide, grisâtre, finalement noirâtre. On constate une très légère réaction générale et locale. La région attaquée est tout d’abord un peu douloureuse ; puis, au bout de deux à trois jours, elle devient froide, on perçoit à ce niveau de la fluctuation et de la crépitation. Un liquide sanieux s’écoule un peu plus tard par la plaie des cathodes et aussitôt disparaissent la tension, la rougeur et la tuméfaction environnantes. Enfin la masse de la tumeur mortifiée s’élimine, laissant une perte de substance considérable qui se couvre bientôt de granulations de bonne nature. Pour le docteur Neftel, cette médication doit être préférée à toute autre, même dans le traitement des tumeurs malignes, et dans ces cas on peut arriver à détruire un néoplasme volumineux, même en une seule séance. Quand il s’agit d’une tumeur bénigne, l’auteur agit avec moins de force, son procédé rentre dans la catégorie des moyens qui ont pour but de modifier la structure du néoplasme; il cherche alors, par l’emploi de l’électrolvse, à provoquer seulement une métamorphose régressive, à faire résorber ou atrophier la tumeur. Attendons avant de porter un jugement définitif sur cette méthode.

Troisième groupe. — Nous n’avons plus qu'à vous parler des moyens mis en usage pour enlever les tumeurs :

1° Une tumeur peut s’enlever par l’instrument tranchant :

LKiATURE en masse

ce procédé constitue la méthode sanglante, la plus ancienne. Vous comprenez que nous ne pouvons, sous ce rapport, entrer dans aucun détail opératoire.

2° Une tumeur peut être enlevée par la ligature en masse. L’ablation s’opère à l’aide d’un lien fortement serré à la base du néoplasme. Deux procédés généraux peuvent être appli qués :

a) Si la tumeur est pédiculée, on se contente d’un lien con strideur placé sur le pédicule.

Si la tumeur n’est pas pédiculée, on cherche tout d’abord à constituer un pédicule. Pour les tumeurs érectiles, par exemple, on les traverse à leur base par de nombreuses épingles ; un fil est maintenu à la circonférence des extrémités de ces épingles, et en exerçant ensuite une constriction assez forte on arrive rapidement à pédiculiser la tumeur. Cette tumeur ainsi liée à sa base se détache peu à peu, sans que l’on ait à redouter la moindre hémorragie. Nous avons eu souvent l’occasion de mettre en usage ce procédé, même pour des tumeurs érectiles aussi volumineuses qu’une grosse noix, et nous avons toujours réussi sans aucun accident. La ligature en masse fait passer pour ainsi dire comme un trait d’incision au- dessous de la masse néoplasique, et quand la section est achevée, la surface de diérèse est déjà envoie de cicatrisation, les vaisseaux sont oblitérés et l’opération se réalise ainsi sans le moindre écoulement sanguin. Quand le lien constricteur est resté en place pendant un certain temps, il est souvent nécessaire de le resserrer pour que la constriction soit toujours suffisante.

La méthode de la ligature en masse remonte aux premiers temps de la chirurgie. Celse la mettait souvent en pratique, et il serait vraiment trop long de vous indiquer toute la part qu’ênt pris à sa vulgarisation A. Paré, Guillemeau, Levret, Desault, Mayor.

3° Le troisième moyen dont on peut se servir pour enlever une tumeur est la méthode de l’écrasement linéaire. Cette

méthode, essentiellement française, appartient à Ghassaignac, dont les premiers essais datent de 1850 et 1852.

L’écrasement linéaire a pour but d’enlever la tumeur comme le ferait la ligature en masse, en faisant glisser au-dessous d’elle un trait de section. La section s’opère par une chaîne articulée qui joue dans un étui métallique ; un mécanisme à crémaillière permet de tirer alternativement tantôt l’une, tantôt l’autre extrémité de la chaîne : les tissus sont ainsi sciés en même temps qu’écrasés.

Maisonneuve a cherché à critiquer le procédé de Ghassaignac en l’assimilant complètement à la ligature en masse. C’est une erreur: l’écrasement linéaire est une méthode complètement différente de celle de la ligature en masse, et il est facile de vous faire saisir en peu de mots ces différences essentielles.

La ligature en masse fait tomber un néoplasme par ulcération. L’écrasement linéaire, au contraire, permet d’enlever la tumeur par action traumatique, comme si l’on employait le bistouri.

La ligature en masse sollicite des phénomènes physiologiques, elle ne peut nécessairement agir que sur des parties vivantes : liez, par exemple, une tumeur sur le cadavre, vous n’obtiendrez pas son élimination. Au contraire, l’écrasement linéaire, agissant par diérèse immédiate, peut avoir un résultat, même sur le cadavre.

Fig. 10. — Éc raseur à cordes du docteur Desgranges.

A, Tige de l'instrument ; — H. anneau perpendiculaire à la tige ; — C, œillet ; — D, Treuil mu à l'ald^d'uno poignée et immobilisé par un encliquetage ; E, cordon do soie passé double dans l'anneau, et dont un bout est arrêté ii l'œillet, tandis que l’autre s’onroule sur le treuil.

Pour réaliser la méthode de l’écrasement linéaire, vous verrez souvent employer dans les services de Lyon l’instrument spécial

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