CAUTÉRISATION LINÉAIRE
de notre maître et collègue le professeur Desgranges. Get instrument simplifié peut être utilisé plus facilement que l’écraseur de Ghassaignac. La figure 10 vous permettra d’en bien comprendre le mécanisme.
4° L’ablation des tumeurs peut s’opérer par le procédé de la cautérisation linéaire. Il consiste à faire passer un trait de cautérisation au-dessous de la tumeur, soit avec le fer rougi au feu par le procédé de Paquelin, soit avec le fer rougi par l’électricité (appareil de Middeldorf), soit avec les caustiques ; c’est ce que l’on peut appeler la cautérisation linéaire, ordinaire , galvano-caustique ou caustique.
La cautérisation, dans ces cas, nous insistons sur ce fait, agit non pas comme méthode de destruction, mais comme méthode d’ablation ; en d’autres termes, elle est destinée simplement à détruire les liens de connexion qui unissent le néoplasme aux autres parties de l’organisme.
La cautérisation linéaire caustique mérite surtout d’être mentionnée. C’est une méthode due à Girouard (de Chartres); nous aurons à l’apprécier plus tard à propos du traitement du cancer. La cautérisation linéaire par le fer rouge ne peut, vous le comprenez, rendre des services sérieux que dans les cas où la tumeur peut se pédiculiser dans une certaine mesure.
Il y a quelques années, notre collègue Létiévant eut l’idée de proposer, pour enlever les tumeurs, l’action combinée de la cautérisation linéaire au fer rouge et celle d’un autre instrument de diérèse, le bistouri ou l’écraseur de Ghassaignac. Son procédé, très intelligemment compris, peut être facilement décrit.
a) Dans un premier temps, le malade étant endormi, on trace sur la tumeur une ligne elliptique qui indique le trajet que devra suivre le fer cultellaire rougi au feu.
b) On cerne cette ligne de chaque côté par des lames de carton bien imprégné d’eau froide; un aide muni d’éponges imbibées aussi d’eau froide est chargé d’humecter les bandes de carton.
On peut ainsi être sûr de limiter l’action du feu à un espace linéaire.
c) En même temps que l’on dirige le trait de cautérisation audessous de la tumeur, on cherche à énucléer le néoplasme avec les doigts. Souvent le chirurgien est obligé de diviser les attaches de la tumeur avec le bistouri, les ciseaux ou l’écraseur linéaire, et il doit avoir soin de cautériser immédiatement les surfaces divisées. En employant ce procédé, on peut enlever rapidement une tumeur même volumineuse, on évite l’hémorragie et l’on bénéficie des avantages de la cautérisation et delà rapidité de la diérèse par l’instrument tranchant.
Nous venons de vous exposer les diverses méthodes qui peuvent être employées pour le traitement curatif local des tumeurs. Nous avons cherché à vous donner une idée de ces nombreux moyens, sans insister trop sur les détails de médecine opératoire. L’examen que nous venons de faire a été trop rapide pour qu’il nous semble possible d’établir entre eux un parallèle complet. Un fait général doit cependant vous être indiqué, c’est le grand nombre des procédés de diérèse qui ont été inventés ces dernières années :
I Ablation parla ligature en masse,
Ablation par l’écrasement linéaire,
Ablation par la cautérisation linéaire.
Il est évident que les dangers de l’intervention parle bistouri ont conduit à l’idée de ces divers moyens qui exposent certainement moins aux mauvaises chances de l’hémorragie, de la résorption purulente et de l’érysipèle. L’ablation des tumeurs par ces dernières méthodes, et surtout par la cautérisation, permet-elle d’espérer des résultats meilleurs au point de vue de la récidive? Nous aurons à examiner cette question à propos du cancer.
Avant d’aborder l’étude de quelques néoplasmes en particulier, il nous paraît naturel de vous présenter un tableau d’ensemble du traitement des tumeurs.
TRAITEMENT DES TUMEURS
TRAITEMENT DES TUMEURS
Gomme il est rationnel d’admettre que presque toutes les tumeurs naissent sous l'iiitluenee d’un état général dialhèsique, le traitement comporte tout naturellement:
Un traitement de l’état diathésique : A. Traitement médical.
Un traitement local B. Traitement chirurgical.
A. Traitement médical. . .
Si les causes de la diathèse et ses caractères en étaient bien connus, ce traitement serait bien important.
Habituellement ce traitement médical est simplement palliatif.
a) Compression.
1’ Moyens ayant pour but de modi- / fier la structure de la tumeur.
B. Traitement/ chirurgical.
2° Moyens ayant pour but de détruire la tumeur.
1» Sur ve il 1er le fonctiounemen t cutané.
2° Combattre les complications.
3° Soutenir les forces.
Samuel Young, 1816.
Récainier.
I Utile surtout pour les tumeurs hypertrophiées, ou les tumeurs irritables du sein.
S'en méfier pour les tumeui’s malignes.
b) Écrasement etl^ P,al' P’
, . . ' Surtout pour les ganglions
broiement sous- . , , , • . B °
. I hypertrophies,
cutanés. D . . 1 , , .
V Broiement des lipomes.
1811. Essai de Jones, Blizard, l pour les tumeurs goitreuses.
, < Cette méthode peut quelque-
I lois permettre d éviter une
V opération plus grave, i Réfrigération. Congélation.
Hugues Benuet. J âmes Arnold. Méthode palliative.
Électrisa- ( Électrisation
c) Ligature des*
d) Emploi du froid.
e) Application de, l’électricité.
/') Injection de substances parti- ^ culiéres dans le< tissu de la tumeur.
tion. I
Galvani-
sation.
Cautérisation. , Caustiques
simple.' Électro-punct.
Galvanisation simple.
Galvano-punct.
Injection d’acide acétique.
Injection de nitrate d'argent.
Injection de perchlorure de fer.
Observations de Tiersch, de Nusbaüm.
Feu.
3“ Moyens ayant pour but d’enlever les tumeurs.
( t Eleclrique: électrolyse.
1° Méthode sanglante.
2° Ligature en masse.
3° Ecrasement linéaire.
Par le feu.
Cautérisation
linéaire.
5° Combinaison cautérisation.
^ Par les caustiques.
' Par l'électricité, de l’emploi du bistouri et Procédé de Létéviant.
de la
G 1 N l } ü A N T E - T ROISIEMELE G O N
Élude du carcinome. — ■Définition. — Le carcinome est un cancer spécial. — Le cancer est une tumeur maligne. — Définition de Ranvier. — Le carcinome est-il une tumeur conjonctive ou épithéliale? — Étude du carcinome au point de vue anatomique. — Détails macroscopiques. — Le carcinome se présente sous forme de tumeurs et sousformed'infiltrations. — 'La lumeurcarciuomateuseestplus ou moins continueaux tissus voisins. — Consistance variable. — Détails micrographiques. — Stroma fibreux du carcinome. — Alvéoles. — Éléments cellulaires du carcinome. — Suc cancéreux. — Le suc cancéreux peut-il être regardé comme un signe caractéristique du carcinome? — Le polymorphisme des cellules carcinomateuses peut-il être considéré comme un des caractères pathoguomiques des tumeurs carcinomateuses ? — Altérations des cellules carcinomateuses. — Variétés du carcinome: carcinome dur ou squirrheux, — mou ou encéphaloide, — muqueux ou colloïde, — lipomateuxi
— mélanique. — Caractères macroscopiques et caractères microscopiques du carcimone squirrheux. — Variétés du carcinome squirrheux. — Squirrhe atrophique du sein. — Étude du carcinome encéphaloide au point de vue macroscopique. — Prédominance du suc cancéreux. — Blancheur, mollesse, homogénéité du tissu eucéphaloide. — Opinion de Maunoir : le tissu encéphaloide proviendrait directement du tissu nerveux. — Étude du carcinome encéphaloide aupoint de vue micrographique.
— Variétés du carcinome encéphaloide. — Élude du carcinome lipomateux. — Rareté de cette variété. — Du carcinome colloïde. — • Du carcinome mélanique. — Toute tumeur présentant une teinte noire n’est pas une tumeur mélanique. — Mélanose vraie. — Mélanose fausse. — Altérations que peut subir toute variété de carcinome : Dégénérescence graisseuse ; — transformation caséeuse ; — dégénérescence calcaire ;
— inflammation. — Circulation du carcinome. — Composition chimique du carcinome. — Physiologie pathologique du carcinome. — Début du carcinome. — Théorie de Broca, de Virchow, de Cornil et Ranvier. — Théorie de Despiue (de Genève). — Théorie de Waldeyer et de Lancereaux : le carcinome est d’origine épithéliale. — Théorie de Conheim. — Développement du carcinome par intussus ceplion ou par juxtaposition. — Envahissement des ganglions voisins. — Ulcération. — Infection. — Généralisation. — Fait important de Friedreich. — Noyaux carcinomateux trouvés chez un fœtus, la mère étant atteinte de carcinome. — Récidive. — Ramollissement. — Inflammation. — Gangrène,
Messieurs,
Si nous voulions rester dans les limites exactes de notre programme, nous pourrions terminer actuellement notre cours.
Nous avons achevé, en effet, de parcourir le cadre de la pathologie chirurgicale générale, qui comportait:
Etude du processus inflammatoire, de la gangrène, des embolies, des infarctus;
| Etude des traumatismes ;
( Étude des tumeurs en général.
Mais, de même que nous avons joint à notre première partie l’examen d’une question spéciale, celle du phlegmon diffus, du mal perforant plantaire, de l’anthrax et du furoncle; de même que nous avons également passé en revue dans notre deuxième partie la question spéciale des accidents des plaies, nous croyons devoir continuer ce plan, et comme complément à l’étude des tumeurs en général, nous nous proposons d’examiner :
1° Une tumeur maligne ; nous choisirons comme type le carcinome ;
2° Une tumeur d’une malignité moins accusée, le sarcome;
3° Une tumeur bénigne, le lipome.
4° Nous terminerons par l’étude des anévrismes. L’anévrisme peut être regardé comme une tumeur au point de vue clinique, et bien qu’il ne soit habituellement pas question des anévrismes dans un livre traitant des néoplasmes, il nous a cependant semblé nécessaire d’appeler votre attention sur cette question si importante. Commençons aujourd’hui l’étude du carcinome.
Carcinome. — Nous envisagerons le carcinome :
IA. au point de vue de la définition ;
B. au point de vue anatomique ;