G I N QU A NT G- Q U AT RI RME LEÇON
rapidement ; si enfin des douleurs sont ressenties. Lorsque ces symptômes sont constatés, le diagnostic de la malignité peut être à peu près sûrement affirmé.
Quant à distinguer d’une manière exacte l’espèce de tumeur maligne, il est difficile, le plus souvent, d’arriver à se faire une opinion. Les caractères physiques que l’on constate à travers la peau n’ont pas de connexions assez étroites avec la structure histologique pour que l’on puisse formuler une affirmation. Alors que le néoplasme est enlevé, il est même difficile parfois de bien juger de la nature exacte de la tumeur, et de savoir si elle représente un sarcome, un enchondrome, un épithéliome, ou telle autre production pathologique maligne.
Lorsque la tumeur est ulcérée, le diagnostic est ordinairement plus facile; cependant, dans quelques cas de lésions syphilitiques tertiaires, la perte de substance repose sur un fond dur avec engorgement induré des bords, et l’on éprouve une grande difficulté à se prononcer. Les symptômes concomitants et les commémoratifs devront alors vous guider.
Il est évident que le diagnostic du carcinome des organes internes est toujours beaucoup plus difficile, surtout au début. Pour chaque organe en particulier, il faudra analyser avec le plus grand soin les troubles fonctionnels que le malade accuse, et procéder par voie d’élimination; les notions d’âge, d’hérédité que nous vous avons indiquées vous permettront souvent d’arriver à la vérité.
Lorsque vous aurez à porter un diagnostic de tumeur un peu difficile, rappelez-vous, au point de vue pratique, le conseil suivant :
lü Demandez-vous, tout d’abord, si la tumeur renferme du liquide; si elle présente, en lin mot, de la fluctuation, ou si elle est solide.
2° Si la tumeur présente de la fluctuation, vous pouvez avoir affaire à un kyste, à un abcès, à un anévrisme, à un cancer encéplialoïde ramolli .
TRAITEMENT DU CARCINOME
Il est habituellement facile de se prononcer clans ces divers cas: la marche de la lésion, la constatation des symptômes locaux propres à l’anévrisme (bruit de souffle, mouvements d’expansion de la tumeur, effets de la compression artérielle) , vous permettront d’ordinaire de reconnaître l’affection.
3° Si la tumeur est solide, vous rechercherez si elle présente les symptômes de la bénignité ou de la malignité.
4° Vous chercherez à préciser le diagnostic de l’espèce. Ce dernier problème ne doit pas être résolu actuellement, puisque nous n’avons pas étudié toutes les tumeurs malignes ; retenez seulement les indications suivantes :
Dans les cas d’enchondromes l’enveloppe extérieure de la tumeur est plus résistante, on dirait une coque osseuse que le doigt fait plier assez facilement quand on exerce une pression à ce niveau. La tumeur enchondromateuse offre quelquefois, au début, une certaine transparence.
Pour le sarcome, l’évolution est, le plus souvent, moins rapide, les ganglions voisins s’engorgent plus tardivement, les bosselures sont peut-être un peu moins inégales, la santé générale se maintient bonne pendant un temps beaucoup plus long. En étudiant le sarcome, nous entrerons, du reste, dans quelques détails plus complets, mais vous devrez vous rappeler que le problème est souvent bien difficile à résoudre, et cela alors même que la tumeur est enlevée et que l’examen histologique peut être fait avec le plus grand soin.
Pour le diagnostic différentiel de l’épithéliome, vous éprouverez les mêmes hésitations, d’autant plus que dans le plus grand nombre des cas le carcinome est. le résultat de la transformation d un épithéliome, et que la distinction entre certaines formes de tumeurs conjonctives, de carcinome et d’épithéliome est parfois impossible et inutile.
rr alternent. Examinons, en dernier lieu, le traitement du
carcinome. Il semble, au premier abord, que le pronostic si grave qu’on est autorisé à formuler pour cette maladie ait dû
décourager les thérapeutistes, et quand on voit Velpeau affirmer qu aucun moyen n’est capable de triompher de cette affection, il paraît inutile d’énumérer tous les remèdes qui ont été proposés. Quelques chirurgiens ont, du reste, jugé le problème de cette façon, et érigé en méthode l’absence de tout traitement. Les partisans de Ce principe n’acceptent ni l’utilité des agents médicamenteux, ni la convenance de l’intervention chirurgicale : pour eux, le traitement du carcinome comporte tout au plus une médication dirigée contre les symptômes, capable de diminuer les complications, de soutenir les forces ou de calmer les douleurs. La plupart des chirurgiens admettant cependant, avec Follin, que dans quelques cas le carcinome peut être guéri à la suite de l’intervention chirurgicale, c’est une raison pour nous d’appeler votre attention sur le traitement de cette affection . Il nous paraît inutile de passer en revue toutes les médications, tous les remèdes, tous les prétendus spécifiques qui ont été expérimentés contre cette maladie; ce serait vouloir, comme l’a dit Hénocque, passer en revue la pharmacopée dans ses produits les plus actifs, comme dans ses erreurs les plus grossières. Mais actuellement que nos connaissances en étiologie sont plus complètes, que les statistiques sont plus précises, il nous paraît convenable de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de ce qui a été fait au point de vue thérapeutique. Pour mettre un peu d’ordre dans les renseignements que nous allons vous donner, nous distinguerons :
A. Un traitement prophylactique;
B. Un traitement médical ;
G. Un traitement chirurgical.
A. Traitement prophylactique. — Sans doute l’indication étiologique formelle nous échappe, puisqu’ après tout nous ne pouvons pas affirmer quelle est la cause exacte du carcinome. Nous savons cependant que la maladie est plus fréquente dans la classe riche, plus fréquente chez les habitants des grandes villes ; nous savons aussi que la diathèse carcinoma-