‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 233 sur 270 · TRAITEMENT MÉDICAL DU CARCINOME · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉDICAL DU CARCINOME

teuse semble avoir une certaine analogie avec l’herpétisme. Les observations ont démontré de plus que la maladie est rare, très rare même dans les pays chauds ; il sera, par consé quent, naturel de conseiller certaines précautions hygiéniques. Les sujets qui ont des antécédents cancéreux devront habiter au grand air, à la campagne ; ils éviteront avec soin une alimentation trop succulente, trop riche en substances azotées ; ils se soumettront à une vie active au point de vue physique. Beneke (do Marsbourg) est l’auteur qui a formulé, sous ce rapport, les conseils les plus précis. Gomme, d’après lui, les accidents hépatiques sont fréquents chez les sujets carcinomateux, comme l’on rencontre en abondance de la cholestérine ou d’autres matières grasses dans les tumeurs carcinomateuses, surtout dans celles de la variété encéphaloïde, il est convenable de soumettre fréquemment les malades prédisposés à cette maladie à l’influence des eaux alcalines, d’activer chez eux le plus possible le fonctionnement cutané par des bains sulfureux, artificiels ou naturels. Il y a, dans ces conseils, des indications sérieuses qu’il nous a semblé utile de vous faire connaître. Quelques médecins ont proposé, en outre, l’application d’un cautère. Il nous paraît inutile de discuter longtemps sur l’emploi de ce moyen, et nous rappellerons seulement que, d’après des observations faites à la Société du Cancer, de Londres, il n’y aurait pas d’exemple de tumeur carcinomateuse survenue chez un sujet porteur d’un ulcère aux membres inférieurs. On comprend que ce fait ait motivé l’emploi de cette médication.

B. Traitement médical. — Le traitement médical peut se diviser en deux catégories :

) 1° Traitement médical des symptômes;

( 2° Traitement médical de la diathèse.

1° Traitement médical des symptômes. — Le traitement médical des symptômes consiste à soutenir les forces, à combattre les complications, les hémorragies, la douleur surtout, ainsi que les troubles généraux résultant de l'infection et de la

cachexie. En un mot, comme l’a ditLebert, « la cause agissante du cancer ne pouvant être atteinte, il faut en combattre les effets les plus directement appréciables. v>

2° Traitement médical de la dia thèse. — Le traitement médical dirigé contre l’état diathésique comporte l’emploi de nombreux moyens et même de nombreuses médications.

1° La méthode antiphlogistique a été employée. Broussais avait essayé, avons-nous dit, de faire accepter cette médication comme infaillible, et cependant lui-même succombait quelque temps après à une affection cancéreuse.

2° Pouteau avait vanté contre cette maladie une alimentation légère, la diète, et quelquefois le traitement par la faim (cura famis). En utilisant cette médication, on n'arrive même pas, suivant Velpeau, à faire maigrir la tumeur, les faits de réussite peuvent être regardés comme complètement insignifiants, et vraiment la méthode est digne de l’oubli dans lequel elle est tombée.

3° L’emploi de la ciguë a eu une grande vogue. Storck administrait l’extrait de ciguë à la dose de 5 centigrammes au début du traitement. Cette dose était augmentée ensuite jusqu’à 5 et 6 grammes par jour. D’après l’auteur, il était nécessaire de provoquer de légers vertiges, un peu de diarrhée et un peu de tremblement. 11 conseillait en même temps l’application des cataplasmes de feuilles de ciguë, et des fomentations avec la même substance. Regardée comme insignifiante ou nuisible dès son origine par De Haen et par Alibert qui l’avaient essayée sans aucun succès sur plus de cent malades de l’hôpital Saint-Louis, cette méthode n’est pas acceptée non plus par Velpeau, et suivant ce dernier clinicien, si ce remède a été vanté autant à un moment donné, cela tenait certainement à ce que le diagnostic était à ce moment très incertain.

11 y a peu d’années, un de nos maîtres de l'Ecole de Lyon, le docteur Devay, a prétendu avoir guéri quelques affections cancéreuses du col utérin et du sein en se servant du principe

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