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FAUT-IL OPÉRER LES CARCINOMES

la cautérisation. Ce résultat peut dépendre ou de ce que la plaie consécutive suppure plus longtemps, comme quelques chirurgiens l’ont prouvé, ou d’une action plus destructive sur les parties environnantes ; mais avant de chercher à expliquer ce fait, il serait plus naturel d’être tout d’abord bien assuré de son existence, et rien n’est encorecomplètement prouvé sous ce rapport.

Faut-il opérer les carcinomes? — Nous venons de vous exposer le traitement chirurgical; nous aurions dû peut-être commencer à résoudre cette première question. Est-il convenable d’opérer les tumeurs carcinomateuses? Faut il chercher ou à les détruire ou à les enlever? La question semble résolue maintenant par l’affirmative, du moins pour la plupart des chirurgiens; aussi pourrions-nous passer outre en vous traduisant seulement l’opinion du plus grand nombre. Mais, comme l’opportunité de l’intervention a été cependant bien souvent discutée, nous tenons à appeler votre attention sur ce point.

Les anciens médecins conseillaient habituellement de s’abstenir de l’opération. Cette opinion avait pour elle la sanction de la tradition. Hippocrate, Celse, Galien, Avicenne considéraient, en effet, comme contre-indiquée toute intervention opératoire. Même de nos jours, quelques médecins ont accepté cette manière de voir en faisant valoir les raisons suivantes :

a) L’ablation de la tumeur n’est qu’un moyen palliatif qui laisse subsister le principe même de la maladie.

b) La tumeur de récidive marche ensuite plus rapidement que le carcinome primitif. Bayle avait déjà affirmé que le vice cancéreux semble acquérir un degré de violence plus considérable quand une première tumeur a été enlevée, et Nélaton a exprimé aussi la même idée en disant que la tumeur cancéreuse de récidive avait habituellement une marche accélératrice constante.

c) L’opération est douloureuse, elle offre des dangers plus ou moins sérieux.

Toutes ces raisons, il faut le reconnaître, sont excessivement sérieuses ; toutes sont vraies, et il serait puéril de le nier.

Oui, il est bien vrai que l’opération ne s'adresse pas à la cause delà lésion ; il est bien vrai aussi que, le plus souvent, la tumeur récidive, et qu’à partir de ce moment l’évolution du néoplasme est malheureusement plus rapide; il est bien vrai enfin que l’opération offre souvent de grands dangers. Malgré cela, l’on peut être, l’on doit être partisan de l’opération. Voici pourquoi :

Il peut se faire que la tumeur ne récidive pas. Des observations authentiques ont été constatées, et ces faits seuls, quoique peu nombreux, justifient les tentatives des chirurgiens.

La vraie question à propos de l’opération est celle-ci: L’opération prolonge-t-elle la vie des malades atteints de cancer? — Un instant, une statistique de Leroy (d’Etiolles) a semblé faire croire que non seulement l’opération n’était pas utile, mais qu’elle était même nuisible. Depuis lors, des statistiques de Paget, de Sibley, de Velpeau ont prouvé, au contraire, que l’opération prolonge la vie d’une façon sérieuse.

Lastatistique dePaget, donne, par exemple, le résultat suivant: Chez 61 malades non opérées d’une tumeur cancéreuse du sein, la moyenne de la vie a été de trente mois. Cette moyenne, au contraire, a été de 36 mois chez 41 malades ayant subi l’opération.

L’utilité de l’opération est donc bien réelle, et l’on peut ajouter que cette utilité est d’autant plus grande que le chirurgien, sachant reconnaître les contre indications opératoires, sait restreindre son intervention.

Il nous reste à vous faire connaître ces contre-indications à l’opération. Elles peuvent être divisées en locales et générales.

Contre-indications locales. — 1° Lorsqu’un engorgement ganglionnaire existe dans le creux axillaire, et que cet engorgement est considérable, refusez l’opération à moins de circonstances spéciales dont vous aurez à apprécier la valeur pour chaque cas particulier. Le danger de l'intervention augmente, en effet, dans ces cas, dans des proportions considérables.

2° Si la tumeur est trop volumineuse, et que vous pressen-

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