PANSEMENTS PROTECTEURS
vous faire connaître les pansements qui ont pour but d’empêcher les germes de l’air extérieur d’arriver jusqu’au niveau de la plaie, pansements auxquels, avons-nous dit, on peut très bien donner le nom de pansements préservateurs.
La réalisation de cette indication appartient à A. Guérin, qui a, le premier, déterminé avec une précision qui laisse peu à désirer les règles du 'pansement ouaté. Avant lui, Anderson (de Glasgow) et le professeur Burgraeve avaient déjà préconisé l’emploi de la ouate pour le traitement chirurgical des brûlures et des fractures, mais rien n’avait été fait pour chercher à réaliser l’indication antiseptique dans le traitement des plaies.
Les idées de Pasteur ont été aussi l’origine de cette méthode. A. Guérin a cherché, en effet, à constituer une barrière efficace pour préserver la surface traumatisée de l’action incessante des miasmes répandus dans l’atmosphère, et comme la ouate employée en couche suffisamment épaisse filtre l’air atmosphérique et le dépouille des germes qu’il contient, il lui parut convenable d’employer ce moyen.
Voici les principaux détails que comporte son procédé. Pour vous les faire connaître, nous nous contenterons de passer successivement en revue :
1° L’indication des pièces nécessaires pour réaliser le pansement;
2° La description du modus faciendi;
3° Le résultat clinique que l’on obtient.
lù Pièces du pansement. — Deux objets sont seulement nécessaires, de la ouate et des bandes. La ouate devra être choisie aussi dégagée que possible de toute impureté; elle aura dû être conservée loin des salles de malades, à l’abri do toute infection. Les bandes, autant que possible, seront neuves.
2° Modus faciendi. — a) Le chirurgien a, tout d’abord, le soin de bien laver la plaie avec un liquide antiseptique quelconque. Il détruit ainsi tous les germes qui pourraient se trouver au niveau des parties qui ont pu être exposées à l’infection.
b) Ou applique, pour commencer, une couche de ouate au fond do la plaie; cette première couche adhère immédiatement aux tissus humides avec lesquels elle se trouve en contact. Aucun point de la plaie n’est laissé ensuite exposé à l’air, et l’on cherche à avoir directement, au niveau de la solution de continuité, une épaisseur de ouate de 10 à 12 centimètres. Les parties voisines sont ainsi minutieusement recouvertes d’une couche assez épaisse, comme le serait , par exemple , un objet précieux auquel on voudrait éviter le moindre ébranlement.
c) Le coton est ensuite maintenu par des tours de bande avec lesquels on réalise une compression élastique assez énergique.
d) Ce bandage, et c’est là un des caractères de ce mode de pansement, est destiné à rester en place vingt à vingt-deux jours, pendant lesquels on ne le modifie que dans les cas où l’appareil paraît s’être relâché ou lorsque les couches extérieures sont imbibées de liquides altérés et répandent une mauvaise odeur. Après vingt à vingt-deux jours, ce premier appareil est enlevé, les parties bien lavées avec un peu d’eau simple ou légèrement phéniquée, puis on refait un pansement analogue que l’on maintient à peu près pendant le même temps; la plaie est ensuite soumise à un pansement ordinaire.
Gomme effets de ce pansement, voici ce que l’on observe :
3° Effets produits. — a) L’on constate tout d’abord que le blessé ne souffre pas ou ne souffre que très peu ; la douleur des premiers moments, si fréquente, par exemple, après le pansement à l’alcool, ne tarde pas à disparaître. Cette absence de douleur est un fait assez important, assez constant pour que le créateur de la méthode s’en serve comme d’un moyen pour juger si l’appareil a été bien ou mal appliqué, s’il doit être, par conséquent, rectifié. Si le blessé souffre, c’est que la compression est inégale, il est probable que dans ces conditions les couches de ouate n’ont pas été régulièrement appliquées; l'air s’infiltre alors jusqu’au niveau de la plaie. Dans un mémoire de Hervey, élève