‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 27 sur 270 · GREFFES CUTANÉES — RÉSULTATS CLINIQUES · texte numérisé non relu

GREFFES CUTANÉES — RÉSULTATS CLINIQUES

théliales, c’est donc bien par la transformation des cellules embryonnaires voisines que s’opère la reconstitution de l’épiderme. »

Quand il s’agit des greffes dermo-épidcrmiques, le processus est différent et, suivant les observations d’Ollier, il semble que le tissu conjonctif du derme joue le principal rôle. Reverdin et Jacenko ont bien affirmé que, même dans ces conditions, les cellules du corps muqueux continuaient seules à vivre et que le rôle du tissu conjonctif était nul; mais le fait de la réussite des greffes musculaires et la persistance sur une plaie d’une greffe périostique sont tout à fait en faveur de l’opinion d’Ollier. Apprécions, pour achever cette étude, les résultats cliniques que ces divers procédés ont permis de réaliser.

Résultats cliniques. — Malgré le grand nombre des travaux mis au jour sur cette question, il est difficile de se prononcer encore d’une manière définitive sur la valeur des greffes cutanées comme méthode chirurgicale. D’après Reverdin, la greffe épidermique modifierait les résultats de la cicatrisation au triple point de vue de la solidité de la cicatrice, de la rétraction des cicatrices vicieuses et des résultats meilleurs que l’on obtient dans les plaies rebelles à la cicatrisation ou plaies à cicatrisation très lente.

L’observation a démontré que les cicatrices des grandes plaies s’excorient et s’ulcèrent souvent dans les parties centrales où la cicatrisation s’est réalisée en dernier lieu. Lorsque l’on a soin de hâter le travail cicatriciel, en le stimulant, par exemple, par l’application de greffes cutanées, on obtient alors une cicatrice plus blanche, plus épaisse et plus solide. D’après Reverdin, on réalise par les greffes une cicatrice plus rapide ; le tissu cicatriciel ainsi obtenu semble avoir plus d’ampleur. Quelques faits semblables ont été signalés par Ollier dans des cas de syndactylie, dans des cas de brûlures considérables, de plaies périarticulaires ou dévastés ulcères.

Dans les plaies des orifices naturels où l’on voit souvent des rétrécissements consécutifs survenir, l’application des greffes

peut rendre encore des services sérieux. Il est évident que l’âge du blessé, l’état de la plaie et quelques autres conditions doivent jouer un rôle plus ou moins grand par rapport au succès définitif. Rien n’est cependant complètement prouvé, et il faut encore de nouveaux faits et de nouvelles recherches pour que l’on puisse se prononcer d’une manière définitive sur la valeur des greffes cutanées comme méthode chirurgicale.

La greffe cutanée a une importance très sérieuse que nous devons encore vous signaler pour des restaurations de la face, surtout pour les réparations de la paupière, et cette méthode semble bien supérieure aux autres procédés de blépharoplastie. Un travail de Charles Monod, publié dans les Annales de la Société de chirurgie , en 1881, et une excellente thèse du docteur Louis Bolliet ont démontré tous les avantages que l’on peut retirer de cette pratique. Comme dans les cas de greffes cutanées employées pour favoriser la cicatrisation des plaies des diverses régions, il faut avoir soin de détacher un lambeau cutané à l’avant-bras, en rapport avec la perte de substance de la paupière que l’on veut combler. La peau doit être complètement débarrassée du tissu cellulaire sous- cutané et du pannicule graisseux. Le tissu cellullaire et la graisse sont, en effet, des tissus sans grande vitalité; le derme, au contraire, est pourvu d’artérioles, de veinules et de lymphatiques nombreux ; il se nourrit et adhère facilement au niveau des tissus que l’on cherche à restaurer. Nous ne pouvons pas entrer ici dans l’exposition de tout le manuel opératoire; qu’il nous suffise d’indiquer que les résultats sont souvent excellents quand on sait réaliser convenablement cette opération. Ainsi, d’après Bolliet. la greffe cutanée dans ces conditions a été pratiquée 68 fois de 1870 à 1881; 39 cas ont donné un bon résultat, 20 fois le résultat a été mauvais, et 5 fois a été douteux.

Étudions maintenant les plaies par instruments piquants.

Plaies 'par instruments piquants. — Nous les définirons, nous les décrirons dans leur symptomatologie et leur pronostic;

Page 1