PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS
nous apprécierons, en dernier lieu, les indications thérapeutiques que ces lésions comportent.
Définition. — Les plaies par instruments piquants peuvent très bien se définir des plaies plus étendues en profondeur qu’en surface, lors même que l’extrémité de l’instrument vulnérant n’est pas terminée par une véritable pointe.
De même que nous l’avons fait pour les plaies par instruments tranchants, il nous semble tout naturel de vous donner aussi quelques indications sur le instruments piquants. Ces instruments sont nombreux; tantôt ils constituent des instruments de la vie domestique ou industrielle, tantôt ils représentent des armes de guerre, ou des instruments de chirurgie. L’énumération nous en semble, du reste, peu importante ; retenez surtout qu’ils peuvent se diviser en trois catégories : 1° Instruments piquants et très acérés ; 2° instruments piquants et tranchants ; 3° instru monts piquants et contondants : l’extrémité de l’instrument est alors irrégulière et mousse.
Aux instruments de la première catégorie correspondent les plaies types par instruments piquants ; celles qui se présentent avec leur expression symptomatologique la plus complète.
Aux instruments de la deuxième catégorie correspondent les plaies qui rappellent tout à la fois les plaies par instruments piquants et celles par instruments tranchants.
Enfin, dans le dernier cas, les plaies présentent les caractères des piqûres et des contusions.
Dans une thèse d’André Laurens, de 1872, sur les plaies par instruments piquants, l’auteur indique que des liquides sortant par une ouverture capillaire, sous une pression considérable, peuvent quelquefois se faire jour au travers de nos tissus, et devenir ainsi la cause de véritables plaies par instruments piquants. L’idée théorique peut être vraie ; mais comme il n’est fourni aucune preuve à l’appui, nous ne pouvons que vous signaler cette opinion sans y attacher d’autre importance.
Symptomatologie. — Le mécanisme des plaies par instru-
ments piquants doit être un peu différent, suivant que ces plaies auront été produites par les instruments divers que nous avons classés. Une aiguille à acupuncture, par exemple, agit par une pression douce, en écartant simplement les fibres entre lesquelles elle s’insinue. Un couteau qui pénètre par la pointe dans les tissus, divise en même temps par son tranchant les parties qu’il traverse. Une lance broie et confond tout à la fois les tissus au niveau desquels elle pénètre.
Il doit résulter de ces faits une grande difficulté, pour généraliser la description symptomatologique de cette classe de traumatisme. Néanmoins on peut diviser les symptômes des plaies par instruments piquants. Voici la division que vous retiendrez: 1° Symptômes primitifs; 2° symptômes consécutifs; 3° symptômes de complication spéciale .
Symptômes primitifs. — Les symptômes primitifs ne peuvent être que les symptômes primitifs des plaies en général : douleur, écoulement de sang, écartement des bords de la solution de continuité.
Quelques modifications spéciales doivent être cependant signalées ; ainsi la douleur est habituellement légère et de peu de durée. Dans quelques cas, cette douleur est des plus vives, à la main, aux doigts, aux pieds, dans les divers endroits, en un mot, où des filets nerveux plus nombreux ont été divisés.
La douleur est habituellement d’autant moins vive que la plaie a été produite par un instrument de la première catégorie ; ainsi l’aiguille à acupuncture pénètre dans nos tissus en ne déterminant qu’une douleur insignifiante.
L’hémorragie est souvent peu accusée, nulle dans bien des cas, et même lorsqu’un vaisseau assez important a été divisé, le sang s’échappe avec une certaine difficulté, le caillot se forme habituellement avec rapidité et supprime définitivement l’écoulement du sang.
Pour les veines rénales et les veines sushépatiques, Brown - Séquard a fait observer que le sang se coagulait plus diffici-