PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS - SYMPTOMATOLOGIE
lement; aussi, d’après lui, la ponction, même capillaire, dans les régions où la piqûre de ces vaisseaux peut avoir lieu, ne doit se faire qu’avec une réserve extrême.
L’écartement des bords de la plaie est habituellement peu considérable, et souvent il disparaît à peu près complètement dès que l’instrument vulnérant a été enlevé.
Phénomènes consécutifs. — Gomme phénomènes consécutifs, les quelques observations suivantes doivent vous être présentées. Frappés de l’étroitesse de la plaie et de la possibilité des phénomènes d’étranglement, quelques auteurs avaient pensé que la cicatrisation devait être très difficile et qu’il était convenable, par undébridement effectué dès le début, de changer toute plaie par instrument piquant en une plaie par instrument tranchant. C’est une erreur. La cicatrisation des plaies par instruments piquants est souvent très facile, très rapide. Il faut veiller, surtout dans le cas où un corps étranger a pu pénétrer dans la plaie, à ce que l’orifice extérieur ne se cicatrise pas par première intention, alors que les parties profondes non encore réunies pourraient ultérieurement suppurer et détruire plus tard la première cicatrisation obtenue.
Phénomènes de complications spèciales. — La spécialisation des accidents consécutifs tient habituellement à la spécialisation des tissus traumatisés.
1° Ainsi la piqûre des aponévroses est souvent grave. Voici ce qui survient alors : ce n’est pas la piqûre seule de l’aponévrose qui devient la cause d’accidents sérieux ; les tissus qui sont au-dessous de l’aponévrose sont souvent blessés ; or, ces tissus, sous l’influence du traumatisme, peuvent s’enflammer, et l’aponévrose qui les recouvre favoriser des symptômes d’étranglement.
2° Souvent aussi la piqûre des tendons conduit à des accidents très sérieux. Le fait est très exact bien qu’il semble, au premier abord, assez difficile à comprendre. Pourquoi, en effet, cette gravité exceptionnelle pour des parties si peu vasculaires, alors surtout que la section sous-cutanée des tendons entraîne
habituellement si peu cl’accidents? Dans une thèse de Montpellier (1850), le docteur Dassier nous semble avoir donné la raison de ces phénomènes. L’auteur a démontré que les tendons sont le plus souvent enveloppés d’une gaine synoviale complète, c’est la piqûre de cette gaine qui est habituellement la cause des accidents graves que l’on voit survenir. Souvent, après la piqûre d’un tendon, on voit s’écouler une sérosité assez abondante, il est facile d’en comprendre l’origine.
3° La piqûre des nerfs offre aussi quelques particularités intéressantes. Lorsqu’il y a seulement division de quelques fibres nerveuses, on constate tout d’abord une douleur très vive; mais cette douleur se calme le plus souvent très rapidement, si la section est nette et sans contusion. Il en est tout autrement, lorsque le nerf a été plus ou moins tiraillé, la douleur persiste alors pendant un temps beaucoup plus long. Si de petits corps étrangers restent retenus dans l’épaisseur du tissu nerveux, ce qui peut arriver pour des pointes d’aiguilles, pour de petits éclats de verre, ils peuvent quelquefois rester engagés dans l’épaisseur du tronc nerveux et s’entourer d’une cicatrice. L’on voit alors survenir soit des névralgies traumatiques à rayonnement excentrique, névralgies d’une intensité quelquefois excessive, soit des convulsions musculaires violentes, constituant ce que nous décrirons plus tard sous le titre de tétanos et de spasme traumatique.
4° Lorsque les vaisseaux ont été piqués, vous noterez les observations suivantes : a) Quelquefois les vaisseaux sont ouverts; mais les tissus traversés reviennent presque immédiatement à leur état normal, et souvent même il n’y a pas d’écoulement de sang; c’est de la même manière qu’une piqûre faite dans les intestins n’entraîne pas toujours un épanchement de matière fécale, b) Quelquefois la blessure détermine une hémorragie ; mais l’écoulement sanguin est peu abondant, il cesse rapidement, la cicatrisation de la petite plaie se réalise dans de bonnes conditions, et l’on ne voit survenir aucun accident ulté-