PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS — TRAITEMENT
grave lorsqu’un corps étranger est resté clans la blessure. 5° Lorsqu’une aiguille ou une épingle sont restées dans les parties traversées, tantôt le corps étranger séjourne dans l’endroit même où la pénétration a eu lieu, tantôt ce corps étranger chemine à travers les tissus ou même les organes, pour aller quelquefois ressortir à des distances très éloignées.
Traitement . — Envisageons, en dernier lieu, le traitement des plaies par instruments piquants. Si la plaie par instrument piquant est simple, c’est-à-dire sans complications, le traitement consistera à lotion ner seulement la blessure avec soin et à bien se rendre compte de la présence de corps étrangers. Le plus souvent il est inutile d’appliquer des points de suture ; l’emploi d’un morceau de sparadrap, pour empêcher le contact de l’air et éviter les froissements, suffit habituellement. La cicatrisation est presque toujours rapide. Lorsque les blessés se plaignent d’une douleur vive, persistante, il est convenable de conseiller l’immersion prolongée dans l’eau tiède. L’eau tiède agit dans ces cas comme un moyen sédatif puissant, et le plus souvent le soulagement obtenu est sérieux.
L’application de quelques sangsues est parfois très utile. Pour les piqûres des doigts ou de la main, l’irrigation continue doit être souvent employée. Si la douleur dépendait de lésions nerveuses spéciales, nous aurons à vous indiquer ultérieurement quelques prescriptions particulières.
Lorsque l’on voit survenir des complications inflammatoires graves, il est naturel d’avoir recours à des traitements spéciaux. Boyer, dans ces conditions, conseillait habituellement la section des nerfs de la partie enflammée, mieux vaut pratiquer simplement le débridement de la plaie. En agissant ainsi, on tend à substituer une plaie par instruments tranchants à la plaie par piqûre, on dégorge les tissus par la section des vaisseaux capillaires compris dans l’incision, on favorise le relâchement des parties enflammées souvent comprimées par des aponévroses résistantes. Avant d’en venir à
l’emploi de ces divers moyens, ayez toujours soin de bien vous assurer si les accidents inflammatoires ne dépendent pas de la présence de corps étrangers.
Il nous reste, en dernier lieu, à vous parler de deux moyens qui ont été préconisés dans quelques circonstances particu^ lières : d’une part, la succion; d’autre part, la compression. La méthode de la succion semble toute naturelle, elle paraît basée sur ce mouvement instinctif qui porte presque tous les blessés à user de ce moyen. Après toutes les piqûres, en effet, vous verrez presque toujours le blessé porter la partie atteinte aux lèvres et faire des efforts de succion. Pour les piqûres empoisonnées, cette pratique est à juste raison encore plus suivie dans certains pays; aux Indes, par exemple, où les blessures de guerre par instruments piquants sont fréquemment des blessures empoisonnées. Les individus qui se chargent de cette opération portent un nom spécial, on les appelle des psylles. Ils suivent les armées, assistent aux combats, et lorsque la blessure est produite, ils pratiquent de suite la succion, jusqu’à ce que tout écoulement sanguin ait complètement cessé. Il est facile de se rendre compte des avantages que l’on réalise en agissant ainsi. On enlève par la succion le sang épanché, on vide les petits vaisseaux, et l’on nettoie le trajet de la plaie en faisant l’office de ventouses. Lamothe et J. Bell attachaient à cette pratique une certaine importance. Il y a peu de temps, le docteur Sotenghi, chirurgien italien, avait reconnu une telle efficacité à ce procédé qu’il avait proposé de former quelques infirmiers pour cet usage.
La compression est le deuxième procédé que nous vous avons indiqué. Wisemann, Bell, Velpeau employaient souvent ce moyen.
Telles sont les considérations de définition, de division, de diagnostic, de pronostic et de traitement sur lesquelles nous tenions à appeler votre attention.