CONTUSION AU TROISIEME DEC R K
deuxième degré, passons actuellement en revue la contusion au troisième et au quatrième degré.
Contusion au troisième degré. — Au troisième degré, la contusion détermine dans les parties contuses une altération incompatible avec leur retour à l’état physiologique. Ce n’est pas la mortification immédiate qui se produit aussitôt mais la gangrène dans un délai plus ou moins rapproché. On peutfacilement établir les quelques distinctions suivantes :
1° Quelquefois la mortification consécutive se fait presque immédiatement après la contusion; les parties contuses restent tout d’abord livides, un peu froides, peu sensibles. Ges symptômes augmentent graduellement, et les phénomènes gangréneux s’accentuent.
2° D’autres fois, la mortification ne s’opère qu’à la suite de phénomènes inflammatoires plus ou moins intenses : phlegmons immédiats, gangrène ultérieure, élimination des tissus mortifiés, telle est la marche que l’on constate. C’est habituellement dans le cas de contusions superficielles que l’on voit la première de ces terminaisons, la deuxième se rencontre surtout dans les cas de contusion des parties plus profondément situées. Nous n’avons pas à vous détailler les symptômes qui surviennent dans ces conditions, ce serait évidemment aborder de nouveau l’étude de la gangrène.
Contusion au quatrième degré. — Au quatrième degré, la contusion ne se borne plus à produire la déchirure de vaisseaux plus ou moins volumineux, des épanchements sanguins ou séreux et la gangrène consécutive; elle occasionne l’extinction immédiate de la vie dans les parties atteintes, les os sont broyés, les vaisseaux déchirés, les nerfs rompus, les tissus détruits. On dit alors qu’il y a attrition des parties contuses.
En se servant d’un seul mot comme caractéristique des divers degrés de la contusion, l’on peut dire alors : 1° à la contusion du premier degré correspond l’ecchymose; 2° à la contusion du deuxième degré correspond l’épanchement sanguin ou séreux;
3° à la contusion, du troisième degré, la gangrène consécutive ; 4° à la contusion du quatrième degré, l’attrition.
Pour produire la contusion du quatrième degré, il faut des causes qui agissent avec une violence extrême. Une remarque importante laite par Dupuytren doit vous être indiquée à ce propos. Lorsque les parties ont été soumises à une contusion du quatrième degré, quelquefois elles ne présentent aucune solution de continuité.
La peau résiste par son élasticité, et c’est au-dessous seulement que l’on trouve, dans un état d’attrition complète, os, tissu cellulaire, muscles. D’autres fois, la peau ellemême n’est pas respectée, et l’ensemble des parties est réduit en bouillie. Ce dernier cas rentre, du reste, plus directement dans l’étude des plaies contuses. Vous trouverez dans les cliniques de Dupuytren une observation bien complète d’une contusion au quatrième degré de la première variété. Un soldat est transporté à l’ambulance ; un boulet de canon l’avait frappé obliquement au flanc gauche sans produire aucune plaie à l’extérieur. Ses compagnons étaient tout disposés à plaisanter le blessé. Quelques heures après, la couleur de la peau devenait plus brunâtre, des symptômes généraux graves survenaient, et le malade succombait. A l’ouverture du corps, on trouvait le tissu cellulaire sous-cutané, la masse du sacro-lombaire, le long dorsal et le rein gauche réduits en bouillie. Les apophyses transverses des vertèbres lombaires et les dernières côtes étaient fracturées; la peau seule avait résisté à l’action du boulet.
Les contusions au quatrième degré sont habituellement déterminées par le choc de corps doués d’une quantité de mouvement considérable, à la suite, par exemple, d’éboulements, de coups de tampon ou de projectiles volumineux lancés par des armes à feu.
Avant d’étudier les plaies contuses, il nous reste à vous parler du pronostic et du traitement en général de la contusion en-