‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 42 sur 270 · PRONOSTIC DE LA CONTUSION · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DE LA CONTUSION

visagée dans les divers degrés que nous venons de vous décrire au point de vue symptomatologique.

Pronostic de la contusion. — Le pronostic delà contusion peut se résumer dans les quelques propositions suivantes :

1° La contusion au premier et au deuxième degré ne présente ordinairement aucune gravité. Il faudra néanmoins tenir compte de la délicatesse, de l’importance de l’organe blessé, et, sans admettre avec Læber (Z)i'ss. sur la contusion, Iéna, 1726) que la plus grande partie des maladies chroniques reconnaissent pour causes des contusions incomplètement guéries, on peut affirmer avec Velpeau que bien des lésions n’ont pas d’autre origine.

2° Le pronostic, comme celui de la brûlure, dépend du degré et de l’étendue de la contusion ; il dépend, en outre, de l’organe contusionné. Rappelez- vous les paralysies consécutives, et les anévrysmes qui peuvent ultérieurement survenir.

3° Dans les cas de contusions au troisième et au quatrième degré avec intégrité de la peau, l’appréciation du pronostic est souvent très difficile, et bien des erreurs peuvent être commises, soit dans un sens, soit dans un autre. Les deux exemples suivants viennent à l’appui de cette proposition. « Une femme d’une santé parfaite est renversée par une voiture chargée de pierres; on croit le fémur broyé depuis les condyles jusqu’au grand trochanter. Il n’y avait pas de plaies aux téguments. Des symptômes inflammatoires intenses se déclarent. Velpeau propose une désarticulation de la hanche, l’opération n’est pas acceptée. Des moyens simples sont mis en usage, la suppuration est évitée et le membre est complètement conservé. »

Dans la seconde observation, un jeune homme de vingt-huit ans a l’avant-bras broyé entre deux cylindres. L’amputation n’est pas acceptée. A la suite d’une médication modérément anti phlogistique,la guérison est obtenue (Dictionnaire des sciences médicales). Ces faits ne doivent pas moins être rangés au nombre des succès exceptionnels, malheureusement trop rares.

T R ENT E-TROIS I R M E LEOO X

Ils donnent souvent aux praticiens une sécurité trompeuse et les empêchent dans bien des cas d’employer à temps des moyens radicaux, seuls capables de remédier aux accidents.

4° Vous vous souviendrez, comme détail de pronostic, que souvent aux membres inférieurs les contusions graves s’accompagnent d’emphysème traumatique

Traitement de la contusion. — Le traitement de la contusion comporte tout naturellement des divisions en rapport avec les divers degrés que nous avons distingués. Au premier degré, la contusion n’exige le plus généralement qu’un traitement tout à fait local, traitement antiphlogistique : repos de la partie blessée, application de quelques topiques résolutifs, eau blanche, eau alcoolisée, eau fraîche. On modère ainsi la réaction inflammatoire, et pour peu qu’elle semble devoir être plus sérieuse, on continue pendant quelque temps cette action antiphlogistique. Quelquefois on est autorisé à agir un peu plus activement, et, surtout lorsque la lésion s’accompagne de douleurs assez prononcées, à appliquer quelques sangsues, quelques ventouses sur les parties voisines.

Le traitement du second degré de la contusion mérite d’être examiné avec plus do détails.

1° La bosse sanguine ne réclame habituellement que l’emploi des résolutifs et de la compression. En Fi ance, vous verrez souvent mettre en usage le procédé de la pièce de cinq francs. Ainsi, pour les bosses sanguines du front, l’application d’une pièce de monnaie sur la partie contusionnée est un procédé journellement usité. Dans l’Allemagne du Nord, on applique immédiatement sur l’endroit lésé le manche d une cuillère. Quand il s’agit d’épanchements sanguins, la conduite à tenir est peut-être un peu plus difficile à tracer d’avance. Si l’épanchement sanguin est modéré, les résolutifs et la compression suffisent.

Pour les épanchements plus considérables, voici ce qui a été fait. Lamothe et J. -Louis Petit conseillaient l’ouverture de

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