PI AIE CONTUSE ORDINAIRE
importante. Dans le cas d’excoriation de l’extrémité des doigts, la douleur ressentie est encore beaucoup plus vive; cela dépend des organes nerveux spéciaux qui existent à ce niveau.
3° Le traitement consiste tout d’abord dans de simples lotions d’eau froide et l’emploi de quelques liquides résolutifs. Plus tard, il est indiqué d’empêcher le contact atmosphérique ; en recouvrant la partie excoriée de poudre d’amidon ou de lycopode.
Plaie contuse ordinaire. — Il est habituellement assez facile de distinguer une plaie par incision d’une plaie par contusion. Les bords d’une plaie contuse sont le plus souvent [ irréguliers,
i lacérés, amincis, affaissés, écrasés.
Les lambeaux, d’une étendue variable, sont toujours plus ou moins colorés, plus ou moins infiltrés de sang. Quelquefois les plaies confuses présentent cependant des bords nets, peu aplatis, peu colorés. Cette disposition s’observe lorsque la plaie résulte du choc d’un corps mousse et arrondi et que les parties sont soutenues par des plans aponévrotiques très solides, ou par des os superficiellement situés et présentant une surface courbe. Ainsi une roue de voiture, en passant sur le front ou sur la cuisse, peut quelquefois ne laisser que des traces de plaie linéaire.
Toute plaie contuse s’accompagne de contusion à divers degrés dans les parties voisines : contusion au premier, second, troisième ou quatrième degré.
L’écoulement sanguin est habituellement peu considérable, alors môme que des artères ou des veines importantes ont été écrasées et déchirées. Biliroth, par exemple, a cité l’observation de plaies confuses avec écrasement des artères fémorales et axillaires sans hémorragie. Nous reviendrons, du reste, sur cette particularité lorsque, dans un instant, nous vous parlerons plus
spécialement des plaies contuses par arrachement. La douleur dans les plaies contuses a été envisagée d’une manière différente par les auteurs. On peut dire d’une façon générale qu’elles sont souvent d’autant plus douloureuses qu’elles sont moins graves. Ce fait trouve son explication dans cette circonstance que les nerfs, entièrement écrasés ou détruits lorsque la plaie est très grave, sont dès lors incapables de transmettre les sensations. Dans ces plaies, il y a souvent, du reste, commotion nerveuse locale et stupeur des parties lésées.
Les plaies contuses ne se cicatrisent presque jamais par première intention. Le plus habituellement, les vaisseaux et les nerfs sont trop sérieusement lésés pour que des phénomènes de réparation immédiate puissent se réaliser. Il y a presque toujours suppuration et élimination d’escarres. Dans quelques cas cependant, la réunion par première intention peut réussir. J.-L. Petit le savait et l’avait déjà dit. A la face, par exemple, les plaies contuses peuvent très souvent se cicatriser par première intention. Voici ce que l’on peut dire, en général à ce point de vue :
1° La plaie contuse dont les bords ont conservé une certaine netteté, sans être très aplatis, très colorés, est susceptible de se réunir par première intention.
2° Même dans des conditions en apparence peu favorables, le chirurgien doit tenter la réunion au moins dans quelquesunes des parties de la plaie. On obtient quelquefois en agissant ainsi l’adhésion de quelques points moins compromis, et l’on empêche les lambeaux de trop se rétracter, si la réussite n’est pas complète.
En résumé, la plaie contuse présente comme caractères spéciaux :
| Des caractères spéciaux anatomiques,
( Des caractères spéciaux physiologiques.
Gomme caractères spéciaux anatomiques, les bord sont irrégulièrement divisés, aplatis, tassés, ecchymotiques.
PLAIES GONTUSES - DIVISION
Gomme caractères spéciaux physiologiques, retenez que :
1° L’écoulement sanguin est habituellement insignifiant ;
2° La douleur est souvent peu prononcée ;
3U La réunion immédiate est rarement possible.
Division. — Les plaies contuses proprement dites peuvent se diviser en plusieurs catégories ; la division suivante nous semble devoir être acceptée.
1° Plaies contuses avec contusion des parties environnantes au premier degré ;
2° Plaies contuses avec contusion de ces parties au deuxième degré ;
3° Plaies contuses avec contusion de ces parties au troisième degré.
I 4° Plaies contuses avec contusion au quatrième degré.
1 5° Plaies contuses spéciales : ces dernières comprennent
I les. plaies contuses spéciales par morsures, les plaies
contuses spéciales par arrachement, les plaies contuses par usure.
On comprend facilement que des modifications symptomatiques importantes doivent exister dans ces conditions. Ces diverses catégories peuvent, du reste, se combiner entre elles. Ainsi, lorsque la contusion des parties voisines a été portée au troisième degré, ces parties présentent souvent des escarres primitives et des escarres consécutives. Il est toujours très difficile déjuger à première vue dans quelle étendue les muscles, les aponévroses, les tendons seront éliminés.
L’élimination plus ou moins rapide des escarres dépend souvent de la température que l’on maintient au niveau des parties lésées; ce fait est assez important à retenir. Ainsi une basse température maintenue, soit par des applications de vessies remplies de glace, soit par des irrigations continues, entraîne toujours un travail de réparation beaucoup plus lent.
D’une façon générale, le travail de réparation s’effectue toujours très lentement au niveau des plaies contuses, et pendant
TRKNT E-QUATRI ÈME LEÇON
toute la durée de la cicatrisation, elles restent menacées de réveils inflammatoires, de phlegmons et surtout de phlegmons érysipélateux.
Traitement. — Pour le traitement des plaies contuses proprement dites, vous vous souviendrez des quelques préceptes suivants :
1° Dans les cas de plaie contuse avec accentuation peu considérable des lésions anatomiques, contusion, par exemple, des parties voisines au premier et au deuxième degré, il est convenable de tenter la réunion par première intention. Si la réussite n’est pas complète, du moins quelques parties pourront être réunies, et l’on pourra ainsi en bénéficier dans une certaine limite. Lorsque vous suivrez ce conseil, vous devrez vous rappeler que cette réunion expose cependant à des accidents inflammatoires plus faciles. De là l’indication de n’affronter toujours que très modérément les bords de la plaie contuse, et de surveiller très attentivement; si des phénomènes de douleur plus intense surviennent, si l’on constate du gonflement ou de la tension, on devra rapidement enlever les agents de réunion et traiter alors la plaie comme une plaie qui doit suppurer.
2° Vous aurez soin de soumettre les plaies contuses à des lavages convenablement opérés. En effet, le sang qui se putréfie au niveau des parties anfractueuses de la solution de continuité peut s’absorber et devenir ainsi l'occasion d’accidents graves.
3° Il est indiqué de surveiller avec soin le détachement des escarres et de parer aux accidents consécutifs qui peuvent survenir.
4° Dans les cas de plaies contuses des membres inférieurs, on a souvent recours à la pratique des irrigations continues. Cette méthode donne de bons résultats, mais elle doit être surveillée avec un soin tout spécial pendant tout le temps qu’elle est mise en pratique ; souvent elle ne fait que retarder seulement les manifestations phlegmasiques et expose aux accidents tétaniques.