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PLAIES PAR MORSURE

Gomme traitement, il faudra surveiller avec soin la marche de ces traumatismes. Souvent il est nécessaire d’avoir recours à de grands débridements intelligemment opérés.

Le docteur Gillette conseille dans quelques cas la cautérisation des parties contuses, mais cette pratique est loin d’être encore généralisée.

Plaiespar morsure d’ animaux féroces . — Ges traumatismes, rares dans nos contrées, se prêtent à peu près aux mêmes considérations que celles que nous venons de vous exposer. Dans une thèse de (1876, Paris, n°212), le docteur Breton, en envisageant les lésions traumatiques chez les Annamites, a signalé quelques observations sur les plaies produites par le tigre. Ges observations peuvent se résumer dans les quelques considérations suivantes. Le tigre bondit habituellement sur l’homme, et le saisit à la nuque ou à la poitrine. Les plaies sont presque toujours compliquées de l’action des griffes qui déchirent en même temps les tissus voisins.

Il est bon de vous signaler l’impression morale qui se produit chez le blessé, même dans les cas peu graves. Breton a été témoin, par exemple, du fait suivant. Un chasseur blessé légèrement par un tigre, entend le soir l’animal près du village où il passait la nuit. Il est immédiatement si effrayé qu’il succombe au milieu d’une syncope.

Plaiespar morsures déterminées par le bec de certains oiseaux. — Les plaies par morsure peuvent quelquefois être déterminées par l’action du bec allongé et recourbé de certains oiseaux; l’on voit souvent se produire alors soit un état syncopal spécial, soit un état convulsif grave ; en un mot, l’on voit survenir des phénomènes généraux graves peu en rapport avec les phénomènes locaux.

Etudions, en dernier lieu, la deuxième catégorie des plaies contuses que nous avons admises.

Plaies contuses par arrachement. — Les plaies contuses par arrachement sont définies par leur seule dénomination ; ce

sont clés solutions de continuité qui succèdent à l’avulsion d’une partie de l’organisme.

L’arrachement peut se faire

Ipar traction , par traction et pression, par pression seule.

Les observations les plus fréquentes sont celles cl’arrachement de phalanges, de doigts, quelquefois de membres entiers, d’un bras, d’une jambe.

Dans un seul mémoire que vous trouverez parmi ceux de l’Académie de chirurgie, Morand a pu citer huit ou dix de ces cas. L’un entre autres est classique. Un jeune enfant de neuf à dix ans, traîné derrière une voiture emportée par six chevaux, passe une jambe au travers des rayons d’une roue. En quelques secondes, la jambe fut arrachée et séparée du genou. Il n’y eut point d’hémorragie, ni au moment de l’accident, ni plus tard, et l’enfant guérit parfaitement.

Un exemple souvent cité est celui d’un meunier dont la main, entortillée d’une corde, fut prise par les dents d’une grande roue de moulin. L’ascension du corps eut lieu jusqu’à ce que le tronc fut arrêté par une poutre qui ne permettait plus au bras de passer complètement. La traction continuant à se faire avec une grande puissance, le bras fut séparé d’avec le tronc, et l’arrachement avait été si prompt que S. Wood ne s’en aperçut que lorsqu’il vit son bras tourner avec la roue. Le blessé guérit très bien.

Aux observations d’arrachement des membres, il faut joindre des exemples d’arrachement du scrotum, de la verge. Vous trouverez dans Billroth quelques faits de l’arrachement de la peau des membres, ou du crâne ; enfin dans un journal italien il est rapporté un fait d’arrachement de l’utérus avec guérison.

Gomme ces plaies par arrachement présentent habituellement quelques particularités, examinons successivement leur symptomatologie, leur pronostic et leur traitement.

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