PLAIES CONTUSE PAR ARRACHEMENT
Symptomatologie. — Les plaies par arrachement offrent pour caractère spéciaux les symptômes suivants :
1° Ces plaies sont habituellement très irrégulières. Les divers tissus ne présentent pas tous, en effet, le même degré de résistance. Aussi sous l’influence d’une traction énergique, voit-on céder inégalement les diverses parties. Ainsi,
a) Habituellement c’est au niveau même des articulations que l’arrachement des parties s’opère; les ligaments articulaires, les nerfs, sont des tissus, en effet, qui cèdent plus facilement.
(Figure empruntée aux Mémoires de l'Académie de chirurgie , t. II, p. 00.)
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b) Les muscles sont plutôt arrachés dans leur corps charnu que dans leur portion tendineuse. Les tendons séparés de la partie musculaire restent habituellement avec la partie arrachée, tandis que dans l’épaisseur de la plaie on constate des canaux, plus ou moins allongés et terminés en culs-de-sac. La ligure ci-dessus nous semble bien propre à fixer ce détail dans votre esprit.
c) Il en est de même pour les artères; le plus souvent, un bout de l’artère allongée pend comme le tendon du côté de la partie séparée, tandis que le reste du vaisseau remonte plus ou moins loin dans les tissus.
2° Les plaies par arrachement sont presque toujours sans hémorragie. Cette absence d’hémorragie s’explique assez facilement par le mécanisme de la rupture vasculaire. Comme nous venons de vous l’indiquer, les artères ne sont pas sectionnées au niveau même de l’endroit où l’arrachement s’opère, et le bout artériel qui remonte au milieu des chairs subit ainsi une pression i^lus ou moins forte ; cette pression tend nécessairement à suspendre l’écoulement du sang. Le détail anatomique suivant explique encore l’absence d’hémorragie : les artères, vous le savez, sont composées de trois tuniques : tuniques externe , moyenne et interne. Ces trois tuniques sont inégalement extensibles et inégalement résistantes. Sous l’influence de la traction, la membrane intérieure très friable cède la première, la moyenne cède en second lieu ; la tunique externe résiste plus longtemps, elle s’effile tout d’abord, puis cependant sa force de résistance est vaincue, et elle se déchire. Une fois déchirée, elle revient sur elle-même par suite de son élasticité, s’entortille autour de son axe, et ses replis obturent plus ou moins complètement les orifices vasculaires. Le sang se trouve ainsi arrêté comme si la pince du chirurgien avait opéré la torsion du vaisseau.
3° Les plaies par arrachement sont peu douloureuses, du moins à une période rapprochée du moment où elles ont été produites. Ce phénomène dépend des deux causes suivantes : la rapidité avec laquelle la lésion se produit et la stupeur que le blessé ressent au moment de l’accident.
Pronostic. — Le pronostic est habituellement moins grave qu’il ne semble au premier abord. En effet, la marche de ces lésions est souvent simple, la réaction peu considérable, et l’on trouve dans les auteurs des faits authentiques et assez nombreux de guérison. Billroth a établi cependant quelques distinctions qui doivent être connues. Pour les arrachements de parties peu importantes, une phalange, un doigt, par exemple, le danger peut être considéré comme de peu de valeur, mais quand il