‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 54 sur 270 · DR LA COMMOTION EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DR LA COMMOTION EN GÉNÉRAL

nerait que des effets physiologiques, des désordres fonctionnels sans lésions anatomiques; pour eux, lorsqu’il y a lésion, c’est que la commotion n’est plus alors simple, et qu’elle s’ac compagne de contusion, d’épanchement sanguin ou do ruptures vasculaires.

Nous acceptons, quant à nous, la définition que nous avons formulée, et nous préférons passer de suite en revue ces modifications et ces changements anatomiques.

Mécanisme et symptomatologie . — Dans toute commotion, il est naturel de distinguer trois éléments : j L’ébranlement ou choc primitif;

( Les désordres fonctionnels ;

( Les lésions anatomiques.

Ebranlement ou choc primitif. — L’ébranlement ou choc primitif qui produit la commotion peut être :

1° Un corps en mouvement venant à rencontrer un de nos organes.

2° Une traction plus ou moins énergique déterminant des secousses brusques et soudaines.

3° Quelquefois c’est l’organe lui-même qui vient se frapper contre un corps résistant.

Le choc qui produit la commotion est parfois des plus insi gnifiants. Ainsi on a signalé des effets de commotion à la suite de la ponction de l’hydrocèle ; on a considéré comme des phénomènes de commotion des accidents que l’on voit survenir chez les chauffeurs des locomotives de chemin de fer et que l’on fait dépendre de la trépidation des trains.

D’une façon générale, on peut dire que l’ébranlement détermine dans la matière organique des vibrations plus ou moins analogues à celles que les physiciens ont constatées pour les corps inorganiques. Sous cette influence, les molécules tendent, soit à se rapprocher, soit à s’éloigner ; elles sont sollicitées, en d’autres termes, à se grouper d’une manière différente. La com ■ motion peut se faire ressentir au niveau de tous les organes.

Ainsi on a parlé de commotion du rein, du foie, du cerveau, des muscles, des os et même du sang; mais, d’une façon générale, elle se produit surtout dans les organes pulpeux et massifs.

Quand on se rend compte de l’extrême variété que présentent nos organes au point de vue de leur consistance et de leur disposition anatomique, on comprend bien facilement les effets si divers que la commotion détermine.

On peut, sous ce rapport, vous indiquer quelques propositions générales.

1 0 La commotion d’une partie suscite tantôt des phénomènes de stimulation, tantôt des effets d’inertie. Ainsi un choc imprimé à un muscle devient l’occasion d’une contraction. En percutant un peu vivement le dos de la main, on fait contracter les veines sous-cutanées (Gubler, Société de biologie , mai 1849).

Un coup porté sur le globe oculaire devient souvent l’occasion d’une sensation lumineuse. Il y a alors production de phosphène. Le même phénomène pour le nerf auditif détermine des tintements d’oreilles.

2° Le plus souvent, l’ébranlement s’accompagne d’effets dépressifs plus ou moins accentués. Ainsi, après une commotion, soit d’un nerf, soit d’un muscle, vous constaterez des symptômes de paralysie. Le choc du cœur entraîne fréquemment l’arrêt de la circulation; souvent la respiration tend à se suspendre après un ébranlement du thorax.

On peut dès lors distinguer deux espèces de commotion : f La commotion excitative;

| La commotion suspensive ou dépressive.

Pour quelques auteurs, cette dernière espèce mériterait seule d’être regardée comme commotion.

3° Le plus habituellement, l’une ou l’autre de ces deux commotions dépend de l’intensité et de la durée du premier ébranlement. A un ébranlement long, d’une grande intensité, correspond la commotion dépressive ; à un ébranlement rapide et peu considérable, correspond la commotion excitatrice.

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