COMMOTION EN GÉNÉRAL — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
4° Lorsque l’ébranlement survient au niveau des nerfs de la vie animale, les phénomènes s’expriment habituellement avec plus de rapidité ; quand il s’agit des nerfs de la vie organique, les phénomènes évoluent avec plus de lenteur.
5° Même dans les cas de commotion simple, l’on voit souvent persister une incapacité fonctionnelle assez longue; toutefois si le fonctionnement tarde trop à se rétablir, il est bien à craindre que les vibrations moléculaires n’aient été destructives; il est probable qu’il y a eu, dans ces cas, complication de contusion au deuxième degré avec déchirures vasculaires.
Anatomie pathologique . — Au point de vue de l’anatomie pathologique, voici ce que l’on peut indiquer. Il y a quelques années, deux opinions bien différentes se partageaient les auteurs : les uns affirmaient que la véritable commotion ne
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s’accompagnait d’aucune lésion spéciale ; les autres décrivaient, au contraire, des lésions multiples de natures diverses.
Actuellement, une opinion mixte, émise par le professeur Verneuil, nous semble devoir être acceptée : c’est qu'il se produit dans les parties ébranlées, sous l’influence de la commotion, des changements anatomiques semblables à ceux qu’on observe normalement dans les phases successives d’activité ou de repos fonctionnel des parties vivantes. Ges changements anatomiques ne sont pas des lésions définitivement réalisées (et sous ce rapport, l’ancienne opinion est vraie), mais des lésions qui, pour être seulement temporaires, n’en sont pas moins faciles à constater. Suivant, en effet, qu’une partie vivante, tissu ou organe, est à l’état d’activité ou de repos, suivant qu’un muscle agit ou se repose, qu’une glande sécrète ou ne sécrète pas, l’état anatomique de ces parties est évidemment différent, la circulation plus ou moins rapide, les vaisseaux plus ou moins gorgés, les éléments plus ou moins imbibés de liquides. En d’autres termes, les phénomènes anatomiques de la commotion seraient surtout des phénomènes congestifs ou des phénomènes ischémiques. La définition suivante de la commotion a été
proposée par le professeur Verneuil: « Une série de phénomènes plus ou moins soudains, succédant à un ébranlement mécanique des éléments anatomiques, tissus et organes, caractérisés par une dépression temporaire des propriétés, usages ou fonctions des parties ébranlées, et y provoquant des changements anatomiques semblables à ceux qu’on observe normalement dans les phases successives d’activité ou de repos fonctionnels. » Il se pourrait cependant que des lésions durables soient réalisées du côté du système nerveux. Ainsi il serait possible, par exemple, que l’an arrivât à constater des modifications histologiques au niveau des éléments nerveux :
I Disjonction interélémentaire ;
Écartement des cellules nerveuses ;
Coagulation de la myéline;
Rupture du cylindre axe.
Mais du moins l’exploration microscopique ne nous a pas encore révélé ces désordres. Nous ne pouvons donc, au point de vue anatomo-pathologique, que nous ranger à l’une ou à l’autre des trois opinions suivantes : ou accepter la théorie ancienne, la commotion ne correspond à aucune lésion matérielle; ou croire à des lésions qui confondent alors la commotion et la contusion; ou nous ranger à l’opinion de Verneuil , c’est le parti que nous vous conseillons.
Diagnostic. — Le diagnostic delà commotion est le plus souvent entouré de difficultés presque insurmontables ; il est impossible qu’il en soit autrement quand on réfléchit combien il est habituellement difficile de bien se rendre compte de la cause qui a produit rébranlement, d’apprécier les symptômes et d’inspecter directement les parties ébranlées.
Nous nous réservons, du reste, de revenir sur ce point de la question, lorsque nous nous occuperons bientôt de la commotion cérébrale en particulier.
Pronostic. — l°On peut distinguer des commotions légères, des commotions graves et des commotions foudroyantes.