‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 56 sur 270 · COMMOTION EN GÉNÉRAL — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

COMMOTION EN GÉNÉRAL — PRONOSTIC

2° La gravité dépend souvent des complications qui peuvent exister ou non. Lorsque les vibrations, par exemple, ont été destructives, et que la commotion se complique alors de contusion, les effets, toutes choses égales d’ailleurs, sont toujours plus à redouter.

3° Le pronostic varie tout naturellement suivant l’organe, suivant telle ou telle partie même de l’organe qui aura été soumis à l’ébranlement. La commotion, sans gravité pour certains tissus, pour certains organes, deviendra très grave, au contraire, lorsqu’elle portera sur le cœur, les poumons ou le cerveau. Nous vous avons signalé des commotions foudroyantes. Cette distinction peut sembler difficile à comprendre, quand on accepte comme vraies les idées d’anatomie pathologique que nous vous avons exposées, et cependant, comme la mort peut survenir par syncope, par spasme de la glotte, par ischémie ou hypérémie cérébrales, on conçoit bien que la commotion de tel ou tel organe important détermine le même résultat, quand il s’agira de commotion du cerveau, de la moelle ou du bulbe.

Traitement . — La thérapeutique de la commotion peut se résumer dans les quelques préceptes suivants. Gomme cet accident s’accompagne le plus souvent de symptômes dépressifs, d’inertie organique, on recommande habituellement l’usage de la médication stimulante. On emploie tout d’abord les stimulants internes ou externes capables de réveiller l’activité engourdie. Dans les cas très graves, vous pourrez avoir recours soit à 1 électricité par les courants continus ou interrompus, soit aux injections hypodermiques stimulantes, celles d’éther sulfurique, par exemple.

Plus tard, lorsque l’on redoute des localisations secondaires, congestives ou inflammatoires, on conseille alors les émissions sanguines locales et la révulsion. Dans les cas où la commotion s accompagnerait tout d’abord de phénomènes d’excitation, il sera naturel d’agir en sens inverse de la médication que nous venons d’indiquer ; souvent vous devrez associer les deux ordres

de moyens, lorsque les troubles fonctionnels se combineront plus ou moins.

Une opinion judicieusea été émise par le professeur Verneuil. 11 serait convenable de mettre artificiellement des animaux en état de commotion à divers degrés, et de voir s’il est possible de diminuer la durée des phénomènes en employant tel ou tel ordre de moyens.

Si nous voulions faire une étude complète de la commotion, il nous resterait à passer en revue la commotion des divers organes. Ainsi on a parlé de la commotion du foie, des reins, de la rate, de l’œil, des os, du sang lui-même. Le professeur Laugier en a di ; quelques mots dans l’article qu’il a publié dans le Dictionn ii?'e de Jaccoud. Mais les données que nous avons sur ce sujet sont encore trop pleines d’incertitudes et de restriction; il nous paraît convenable de nous borner à examiner rapidement la commotion cérébrale; en abordant cette question nous ne nous proposons pas de la traiter d’une manière complète, mais de faire ressortir seulement, à propos de ce traumatisme du cerveau, les propositions générales que nous venons d’analyser.

Commotion cérébrale. — La commotion cérébrale est produite par les divers traumatismes qui agissent sur le crâne et qui deviennent ainsi l’occasion de l’ébranlement des hémisphères cérébraux, du bulbe ou du cervelet. 11 serait plus naturel de la décrire sous le nom de commotion encéphalique. Le plus souvent il y a, en effet, ébranlement des trois parties que nous venons d’indiquer.

On peut distinguer une commotion cérébrale directe et une commotion cérébrale indirecte. Ges dénominations indiquent bien ce qui peut se passer. Tantôt, en effet, c’est un coup porté directement sur le crâne qui occasionne l’ébranlement, tantôt c’est une chute qui amène ce résultat, chute sur les pieds, sur les genoux ou sur les ischions. Pour donner une idée de la commotion crânienne, on cite habituellement l’expé-

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