PLAIES D’ARMES A FEU — HISTORIQUE
rapidité du tir, malgré la force des projectiles, nous enregistrons avec joie l’affirmation de Richter que les blessures dans les guerres modernes vont plutôt en diminuant de nombre et de gravité. Ainsi, d’après Richter ( Revue des sciences médicales , Hayem, deuxième année, t. IV, p. 705), le chiffre des pertes allemandes jusqu’à Sedan fut de 68.000 soldats en six semaines, chiffre inférieur à celui des Russes en 1812 en trois semaines, et à celui des coalisés en 1813 en un mois.
Au point de vue bibliographique, c’est à partir de 1514 que l’on trouve dans les auteurs quelques aperçus sérieux sur sur cette espèce de plaies. Le premier auteur que l’on cite comme s’étant occupé des blessures d’armes à feu est Jean de Vigo. Dans un article spécial, cet auteur indique avec assez de netteté les caractères de ces nouveaux traumatismes. Il admet comme caractères distinctifs : la brûlure, la contusion, l’intoxication.
Cette idée d’intoxication l’avait conduit à proposer un traitement qui pendant longtemps fut accepté par la plupart des chirurgiens; ce traitement consistait dans la cautérisation de la plaie au fer rouge, et l’emploi de l’huile bouillante.
A peu près à la même époque, un chirurgien de Bologne, Bartholomeus Maggius (1552) affirmait, dans un ouvrage spécial, que la poudre ne renfermait aucun poison et que les plaies d’armes à feu ne présentaient aucun phénomène de brûlure. Soutenues à la même époque par A. Paré, ces idées rencontrèrent cependant beaucoup d’opposants; retenez les noms de quelques-uns : Paulmier, Riolan, Delaborde, Lelièvre. Elles finirent cependant par triompher en partie, grâce aux travaux de Guillemeau, de Botal et de Fallope. Nous verrons bientôt que pour la question de la brûlure dans les plaies d’armes à feu des observations toutes récentes semblent prouver que le fait peut avoir lieu, dans les cas où des projectiles lancés avec une très grande force viennent à rencontrer un obstacle très résistant. Beck, Busch, Yogi ont publié, en effet, diverses obser-
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vations dans ce sens ; nous aurons l’occasion de vous les indiquer bientôt d’une manière plus complète.
Dans ces dernières années, les publications sur les armes à feu ont été malheureusement nombreuses. Chaque guerre, en effet, comme l’a dit Pirogoff, peut être considérée comme une épidémie traumatique, et comme telle elle fait naître des travaux spéciaux. Après nos guerres d’Afrique, nous avons eu les travaux de Baudens, de Sédillot, d’H. Larrey.
Nos guerres civiles ont fourni des observations aux livres de Dupuytren, de Roux. En 1848, Blandin, Velpeau, Huguier, Robert et Begin ont soutenu à l’Académie de médecine des discussions importantes.
Après nos guerres de Crimée et d’Italie, nous avons eu les travaux de Baudens, Legouest, Salleron, Marmy, Valette. Nous ne pouvons, du reste, citer ici les noms de tous les médecins militaires qui ont écrit dans les recueils des mémoires spé ciaux de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires. En Allemagne, après les guerres des duchés, nous noterons le livre de Stomeyer, celui de Ritcher, les publications du docteur Beck, du grand duché de Baden; celles de Busck, d’Esmarck, de Schartz. En Angleterre, nous vous signalerons plus particulièrement une édition nouvelle de Guthrie et les observations importantes de Macleol, chirurgien de l’hôpital général devant Sébastopol. En Amérique, les travaux d’Otis, Barnes et de John Liddel.
Des armes à feu. — Comme nous l’avons fait pour les plaies par instruments tranchants, piquants et contondants, il nous paraît logique de vous donner quelques indications sur les diverses armes à feu. Les armes à feu sont celles qui lancent des projectiles à l’aide de la poudre dite poudre à canon, poudre comprimée d’abord et mise ensuite en état de déflagration par des moyens divers. Les armes à feu sont trop nombreuses pour que nous puissions vous en faire une énumération complète. Elles peuvent se diviser en armes à feu portatives et armes à