COUPS L)E FEU - SYMPTOMES LOCAUX
sivement en revue : Les symptômes locaux et les symptômes généraux.
Symptômes locaux. — Ges symptômes varient dans des proportions considérables suivant la nature des parties lésées.
1° Quelquefois la plaie n’intéresse que la peau ; c’est dans le cas où le projectile a frappé les parties très obliquement. La peau est plus ou moins entamée ; on voit quelquefois une trace noirâtre de la largeur du doigt dont la surface est meurtrie et dont les bords apparaissent avec des ecchymoses plus ou moins accentuées. Ges déchirures spéciales intéressant les parties nerveuses qui existent au niveau du derme sont toujours très douloureuses.
2° Lorsque la balle frappe les tissus avec plus de force et que cependant elle les aborde obliquement, la peau est alors entamée dans toute son épaisseur, et il se produit u n véritable sillon dont les bords s’écartent d’autant plus que le sillon est plus profondément situé. Le sillon intéresse quelquefois les parties profondes, les aponévroses d’enveloppe et les muscles. Dans ces conditions, la douleur est moindre, les nerfs des tissus étant, en effet, détruits complètement.
3° Quelquefois la peau est traversée, et la balle, continuant son trajet, ressort à une distance plus ou moins éloignée ; on a donné à ces blessures le nom de blessures en séton. Cette dénomination indique bien le mécanisme de la lésion. Le trajet des sétons faits par les balles est toujours assez fortement meurtri et la peau qui le recouvre est toujours plus ou moins amincie. Cette peau présente souvent une teinte ecchymotique ; d’autres fois, et c’est ce qui arrive le plus fréquemment, la coloration cutanée reste à peu près normale.
Ultérieurement la peau peut se gangrener, le séton se trouve alors transformé, après la chute des escarres, en un sillon à bords frangés et inégaux.
4° La balle reste quelquefois au milieu des tissus comme dans un cul-de-sac, il y a alors une véritable plaie tubulaire.
Bkrnk. — Patli. chir., II.
5° Souvent Ja balle entre profondément et ressort après un trajet plus ou moins long.; on constate alors une ouverture d’entrée et une ouverture de sortie. On a cherché à différentier ces deux ouvertures, et bien des discussions ont eu lieu à ce sujet. Disons-le d’avance, les caractères de ces deux orifices ne sont pas si tranchés qu’on puisse toujours les distinguer parfaitement. Aussi nous semble-t-il naturel de vous donner quelques renseignements sur cette question.
Théories émises sur les caractères différentiels des orifices d'entrée et de sortie. — Une des premières opinions émises sur ce point controversé a été celle de Dupuytren. Dans ses leçons de clinique chirurgicale, Dupuytren admit que l’ouverture d’entrée est plus petite que l’ouverture de sortie. Cette opinion était appuyée, suivant lui, sur des faits cliniques dont il avait été témoin et sur des expériences qui avaient été faites par un de ses élèves, le docteur Arnal. En plaçant des plateaux de planche les uns devant les autres et en les traversant par des balles, l’observation démontre que les orifices vont en s’agrandissant à mesure que les balles traversent les divers plateaux. Pour expliquer ces divers résultats, Dupuytren faisait remarquer que la balle, en frappant sur un corps plus ou moins résistant, est animée d’un mouvement d’oscillation qui lui fait alors creuser, en quelque sorte, un orifice de sortie de plus en plus considérable. Le plus souvent, disait-il, la balle, en pénétrant plus ou moins profondément dans les tissus, pousse devant elle des corps étrangers; elle peut se déformer, s’aplatir, et l’on comprend alors tout naturellement que l’orifice de sortie soit plus grand que l’orifice d’entrée. Dupuytren admettait une seule exception, le cas où le coup de feu était reçu à bout portant; dans ces conditions, l’ouverture d’entrée était alors agrandie par la déflagration de la poudre. Ainsi étayée d’observations cliniques, de faits expérimentaux; et de raisonnements, cette opinion fut pendant longtemps universellement acceptée* En 1848, cependant, Blandin en formula une complètement