‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 68 sur 270 · DES ORIFICES D’ENTREE ET DE SORTIE DES HALLES · texte numérisé non relu

DES ORIFICES D’ENTREE ET DE SORTIE DES HALLES

inverse; pour lui, l’orifice cl’entrée était plus grand que l’orifice de sortie. Gerdy, sans être tout à fait aussi absolu, adopta en partie cette idée ; Huguier et Jobert de Lamballe acceptèrent aussi cette manière de voir. Que conclure au milieu de ces opinions diverses, sinon que la vérité n’est complètement ni d’un côté ni de l’autre ? Voici, en effet, ce que l’observation démontre :

A. Quelquefois, bien que le fait soit rare, l’ouverture d’entrée égale l’ouverture de sortie.

B. D’autres fois, l’opinion deDupuytren est vraie : l’ouverture d’entrée est plus petite que l’ouverture de sortie.

G. Le plus souvent, l’ouverture d’entrée est plus grande que l’ouverture de sortie (opinion de Blandin).

A. Lorsque l’ouverture d’entrée égale l’ouverture de sortie, voici les conditions nécessaires pour que ce fait ait lieu. Ces conditions sont au nombre de quatre :

a) Il faut que l’angle d’incidence au niveau de l’entrée de la balle dans les tissus soit égal à l’angle d’incidence de sortie.

b) Les expériences de Sarrazin ont démontré qu’il fallait que la balle soit douée d’une grande quantité de mouvement. Cette somme de mouvement reste alors à peu près la même au moment de l’entrée et de la sortie de la balle.

c) Il faut, autant que possible, que les tissus traversés soient d’égale densité.

d) Une dernière condition est nécessaire, c’est que la balle ne soit déformée ni à son entrée ni à sa sortie.

Gomme, après tout, ces quatre conditions ne se réalisent que dans des conditions assez rares, l’égalité des orifices d’entrée et de sortie peut être considérée comme un fait rare.

B. Pour que l’orifice d’entrée soit plus petit que l’orifice de sortie, ou, en d’autres termes, [pour que l’opinion de Dupuytren soit vraie :

a) Il faut que la balle se déforme pendant son parcours au milieu des tissus, qu’elle sorte, par exemple, en présentant un volume plus considérable.

b) Le même phénomène se produira lorsque la balle entre perpendiculairement et qu’elle ressort obliquement.

c) Lorsque la balle rencontre à la fin de sa course des tissus plus denses, des tissus osseux, par exemple, le mouvement de rotation du projectile est augmenté et les tissus sont déchirés dans une étendue plus considérable. Toutes ces conditions sont très rares.

G. En troisième lieu, l’ouverture d’entrée est quelquefois plus large que l’ouverture de sortie (opinion de Blandin). Gela arrive :

a) Lorsque la balle entre obliquement et ressort perpendiculairement. Les tissus sont alors taillés en biseau au milieu de l’orifice d’entrée. Au niveau de la sortie, l’orifice est alors moins élargi.

b) La balle pousse quelquefois devant elle des corps étrangers qu'elle abandonne ensuite pendant son trajet.

c) Une balle cylindro- conique peut se présentera son entrée par le diamètre le plus grand.

cl) La balle traverse tout d’abord la peau, soutenue par les parties profondes. Dans ces conditions, l’enveloppe tégumentaire ne se laisse pas distendre; le projectile traverse ensuite les autres tissus, puis rencontre de nouveau la couche cutanée. Cette couche cutanée, pressée de dedans en dehors, se laisse alors distendre, et c’est au sommet du cône soulevé qu’un petit trou se fait, le projectile passe alors en distendant cette partie, mais sans la déchirer complètement, l’ouverture de sortie est naturellement plus petite.

En définitive, pas d’opinion exclusive : le cas le plus fréquent, c’est celui indiqué par Blandin; le cas le plus rare c’est le cas où les deux orifices sont à peu près égaux. L'opinion de Dupuytren représente une opinion mixte.

Le tableau suivant vous permettra de vous souvenir bien facilement de ces diverses observations.

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