TRAJET DES BALLES
rencontrent beaucoup plus rarement dans les cas de balles oblongues, et la plupart des observations de ces faits que vous trouverez dans les auteurs ont presque toujours rapport à des plaies produites par des balles sphériques.
Dimension. — La dimension est toujours plus considérable à l’intérieur du trajet qu’au niveau de l’orifice d’entrée et de sortie. La peau, en effet, au niveau de l’orifice d’entrée et de sortie, est toujours plus élastique que les autres tissus; de plus, le mouvement de rotation ou d’oscillation de la balle fait que le sillon est plus largement creusé . La rétractilité qui se produit au niveau du tissu musculaire est encore une cause qui tend à augmenter la dimension du trajet.
Etat des parois et nature du contenu. — Au niveau du
trajet les parties offrent une teinte noirâtre, ecchyino tique.
Les parois sont sèches, le sang qui s’est écoulé tout d’abord
des capillaires se coagule, en effet, rapidement, et dans les
premiers moments il n’y a pas encore de sécrétion plastique. *
Le contenu du trajet est habituellement du sang coagulé, des débris de tissus escarrifiés, des corps étrangers, des esquilles primitives ou secondaires.
Il nous reste actuellement à vous dire comment les projectiles pénètrent les tissus. Y a- 1 -il écartement, division ou destruction ?
Il nous paraît inutile de discutera fond cette question. Les projectiles, en effet, agissent de diverses manières, et, suivant la quantité de mouvement qui les anime, ils peuvent écarter, diviser ou détruire les tissus qu’ils frappent. Une des causes d’action à laquelle on ne songe pas le plus souvent, c’est la pression hydrostatique. Cette pression hydrostatique est occasionnée par le refoulement subit des liquides incompressibles dans toute les parties molles du corps, refoulement déterminé par la vitesse extrême des nouveaux projectiles. Cette cause rend compte des destructions des parties molles ou osseuses, situées à distance du trajet parcouru par la balle. Le plus souvent, les effets de la
pression hydrostatique déterminent l’éclatement du crâne, le broiement des épiphyses; mais on peut en constater aussi les effets au niveau des muscles, au niveau du cœur, même dans les organes de la cavité abdominale. On a pu croire souvent dans ces cas à l’explosion des projectiles ; c’est à tort. La balle de cliasscpot, sans contenir le moindre mélange détonnant, est un véritable projectile explosible quand elle frappe des parties situées à courte distance, à raison de l’énorme vitesse dont elle est douée au sortir de l’arme. Kocher (de Berne), Langenbeck, Busch, Heppner ont fait sur ce sujet des observations qui confirment ce que nous venons de vous indiquer. Voici en peu de mots ce que l'observation démontre :
Les tissus frappés par le projectile sont tantôt écartés, divisés ou détruits ; cela dépend de la quantité de mouvement dont la balle est douée et de l’élasticité plus ou moins grande des tissus atteints. Ainsi le tissu cellulaire est presque toujours traversé, déchiré; le tissu aponévrotique se laisse souvent distendre, et la balle qui l’a traversé semble avoir passé par une boutonnière. Les tendons, les artères échappent souvent par leur mobilité à l’action destructive de la balle. Pour les os quelques effets spéciaux méritent de vous être signalés.
A. Quelquefois, lorsque la balle est douée de très peu de mouvement, ou que, douée d’une somme de mouvement assez grande, elle frappe sur l’os très obliquement, elle produit seulement une contusion simple.
B. Lorsque la lésion est plus complète, elle varie suivant que la balle atteint un os plat, un os long ou un os court. Les effets dans ces conditions peuvent très bien se comparer aux effets que les balles produisent sur des vitres, sur des tubes en verre, ou sur des éponges. Ainsi de même que les vitres sont quelquefois traversées, percées par une balle, de même on voit quelquefois des os plats traversés de la même manière comme par un emporte-pièce. Les temporaux, les os iliaques fournissent souvent des exemples de ces traumatismes.