TRAJET DES IJ ALLES
Un tube de verre qui reçoit le choc d’une balle se brise habituellement en éclats ; de meme, quand une balle atteint un os long, l’os se fêle, il se fend, il éclate. Les fêlures sont presque toujours parallèles à la direction longitudinale de l’os. En troisième lieu, lorsqu’une balle atteint soit un os court, soit une épiphyse, on voit se produire des sillons creusés sur la surlace osseuse ou des canaux de perforation, sans que l’os cependant soit complètement fracturé. Ces effets ressemblent à ceux qu’une balle produirait surune éponge sèche outrés légèrement humide.
L’action de la balle est, en d’autres termes, toujours plus limitée quand il s’agit de la lésion d’un os court.
G. Les balles peuvent quelquefois s’aplatir sur un os, s’arrêter dans leur épaisseur et séjourner dans le canal médullaire comme un grelot.
D. Dans quelques circonstances, la balle peut déterminer une amputation même assez régulière. Deville citait dans ses cours une observation dont il avait été témoin : une balle frappe au niveau de l’apophyse mastoïdeet enlève toute la calotte crânienne, comme si elle avait été coupée circulairement.
Nous avons eu surtout en vue, en vous décrivant ces effets, la plaie déterminée par une balle. Quelquefois la plaie peut être faite avec le plomb de chasse; dans ce cas, si le coup de feu est tiré de très près, le coup fait balle, dit-on, il n’y a, le plus souvent, qu’une ouverture d’entrée, les plombs s’écartent ensuite et sortent par des orifices distincts ou restent dans les tissus.
En résumé, les plaies d’armes à feu étant, après tout, des plaies, doivent comme telles présenter les symptômes locaux primitifs que nous avons décrits antérieurement à propos du traumatisme en général : perte de substance, hémorragie plus ou moins accusée, douleur.
Ajoutons seulement ce que l’on peut très bien appeler la caractéristique de ces symptômes primitifs. La perte de substance est le plus souvent d’une teinte noirâtre, les contours sont violacés; on dirait, au premier abord, des brîdures.
Habituellement ces plaies sont sèches, et, comme dans les plaies par arrachement, il y a des conditions qui tendent à limiter l’écoulement de sang. Néanmoins l’hémorragie est encore fréquente, si fréquente que Morand a pu émettre cette assertion que les trois quarts des blessés, au moment d’une bataille, succombaient à la suite d’hémorragies.
La douleur est souvent peu ressentie, cela tient certainement à des phénomènes de stupeur locale et de stupeur générale. A peine quelquefois le blessé se rend-il compte qu’il vient de recevoir un coup de feu; il n’accuse souvent qu’une certaine pesanteur au niveau des parties traumatisées. Gomme pour l’hémorragie, vous noterez cependant bien des exceptions, et lorsque des nerfs sont contus, dilacérés, souvent alors de très vives douleurs sont perçues.
En réduisant à ces quelques données la question des symptômes locaux des plaies d’armes à feu, il 11e nous eût pas été possible de vous indiquer les détails nécessaires, et c’est pour cela que nous avons cru devoir insister sur les particularités que présentent les ouvertures d’entrée et de sortie, et sur les effets spéciaux qui se produisent lorsque tel ou tel tissu est frappé par une balle. Ges derniers symptômes que nous venons d’analyser pourraient, du reste, être considérés comme des symptômes locaux physiologiques, les premiers que nous avons passés en revue représentant les symptômes locaux physiques.
Il nous reste, pour achever l’étude de la symptomatologie des plaies d’armes à feu, à envisager les symptômes généraux, spéciaux, consécutifs et les complications.
Symptômes généraux . — Nous n insisterons pas sur ce point. D’une part, ces symptômes généraux peuvent être communs à peu près à tous les traumatismes par armes à feu ; d une autre part, ils peuvent être spéciaux au traumatisme de telle ou telle région, de tel ou tel organe. Les premiers sont les symptômes que nous avons déjà décrits à propos de la stupeur générale, le refroidissement subit et général avec horripilation,