‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 73 sur 270 · SYMPTOMES GÉNÉRAUX DES COUPS DE FEU · texte numérisé non relu

SYMPTOMES GÉNÉRAUX DES COUPS DE FEU

la tendance à la syncope, quelquefois les vomissements, le hoquet, parfois les mouvements convulsifs plus ou moins prononcés. Nous n’avons pas à revenir sur ces détails.

Symptômes spéciaux. — Quant aux symptômes spéciaux, nous n’aurions à nous en occuper que s’il entrait dans notre plan d’étudier les plaies par armes à feu des diverses régions.

Symptômes consécutifs. — Les symptômes consécutifs peuvent très bien être divisés en symptômes consécutifs normaux et en symptômes consécutifs pathologiques. Les symptômes consécutifs normaux sont faciles à prévoir. Les plaies par armes à feu sont habituellement des plaies contuses aux degrés les plus élevés. Il est facile d’en déduire que, dans ces conditions, ces plaies s’accompagnent presque inévitablement d’inflammation, de suppuration, de phénomènes gangréneux. Les propositions suivantes expriment ce fait.

1° La réunion par première intention ne s’effectue presque jamais. Roux, Sedillot, Lebert, ont indiqué cependant quelques faits qui sembleraient prouver que cette réunion est possible dans quelques circonstances. Sans citer des observations bien précises de cette réunion, Legouest a noté seulement que la cicatrisation se faisait presque toujours plus vite au niveau de l’orifice de sortie.

2° Après la cessation de la période de stupeur, on voit la sensibilité revenir dans les parties traumatisées; le blessé accuse le plus souvent alors de vives douleurs. La sécheresse de la plaie continue un certain temps,

3° Gomme au niveau de toute plaie non réunie au troisième ou au quatrième jour, surviennent des phénomènes de réaction inflammatoire, du gonflement, une augmentation de la sensibilité et de la chaleur ; la plaie, à ce moment, laisse écouler un liquide séreux, un peu jaunâtre et d’une faible odeur sulfureuse ; puis le sillon d’élimination se creuse entre les parties frappées de mort, et celles dont la vitalité n’a pas été compromise. Au dixième ou au douzième jour, les escarres sont détachées.

T R ENT E-CIN Q U 1 ÈM E LEÇON

laplaie ressemble alors à une plaie granuleuse ordinaire. On comprend, du reste, que bien des modifications dépendront de la forme de la plaie :

I Plaie en sillon superficiel ;

Plaie en séton ;

Plaie dépassant les aponévroses ;

Plaie intéressant les muscles et les os.

Lorsque la balle aura traversé les couches musculaires profondes, attendez-vous à voir toujours survenir un engorgement consécutif notable. Lorsque des escarre ont à se détacher, il est naturel de voir le phénomène s’opérer plus ou moins rapidement; mais, en thèse générale, cette séparation se réalise toujours lentement. Hunter comparait cette lenteur à la lenteur avec la laquelle on voit se détacher l’escarre d’un moxa.

Les symptômes consécutifs normaux sont quelquefois traversés par des accidents ou symptômes consécutifs pathologiques.

Accidents. — ■ Les accidents comprennent : 1° des accidents communs à tous les traumatismes : Tétanos, pourriture d'hôpital, infection purulente , érysipèle ; nous nous en occuperons ultérieurement ; 2° des accidents spéciaux : ces derniers, sur lesquels nous pouvons vous donner de suite quelques détails, ont rapport à des faits inflammatoires, gangréneux et hémorragiques.

L’inflammation ne peut moins faire que d’exister dans une certaine limite au niveau des plaies d’armes à feu ; elle ne devient vraiment un accident grave que dans les cas où elle est profonde et très intense. Lorsqu’elle envahit des parties alternativement composées de plans aponévrotiques et de tissus celluleux et vasculaires, elle détermine fréquemment ce que l'on décrit sous le nom d’étranglement. L’étranglement dépend essentiellement de la réaction qu’exercent les uns sur les autres les tissus moins enflammés, augmentés de volume, et les tissus aponévrotiques résistants qui s’opposent à ce développement. Cet accident s’exprime par les phénomènes suivants :

1° Tuméfaction sensible des parties traumatisées ; cette tumé-

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