OUVERTURE UES CAVITÉS SPLANCHNIQUES
fibreux entourent habituellement une articulation, ces tissus maintiennent en partie les fragments en place, aussi est -il possible quelquefois d’exécuter quelques mouvements de flexion et d’extension sans provoquer de la crépitation. Le pronostic de cette complication est toujours très grave; l’arthrite traumatique, la suppuration articulaire, les accidents septiques qui surviennent dans ces cas expliquent bien facilement les dangers qui menacent le blessé. 11 est difficile, du reste, d’établir une appréciation absolue; la simple ouverture des articulations des doigts peut même quelquefois amener la mort. D’une façon générale, on peut dire que les plaies des petites articulations et celles des articulations du membre supérieur sont moins graves que les plaies des grandes articulations, et surtout des articulations des membres inférieurs.
Ouverture des cavités splanchniques. — La pénétration des cavités splanchniques peut avoir lieu au niveau du crâne, de la poitrine ou de l’abdomen ; nous n’avons pas la prétention de vous détailler ici une symptomatologie complète de ces complications particulières ; voici seulement les observations les plus générales qu’il nous semble convenable de vous faire connaître :
1° Les projectiles se logent quelquefois dans les parties les plus épaisses, les plus spongieuses de la boîte crânienne; tantôt complètement retenus dans l’épaisseur de l’os, ils ne font aucune saillie à l’intérieur du crâne, tantôt ils déforment la table interne de l’os sans entrer plus profondément ; quelquefois ils font une saillie plus ou moins prononcée du côté de la cavité crânienne. Dans quelques circonstances, ils traversent toute l’épaisseur de l’os, s’arrêtant entre les parois osseuses et la dure-mère, ordinairement au voisinage de la pénétration qu’ils ont faite. Quelquefois cependant le projectile peut parcourir un espace plus ou moins long entre la dure-mère et la surface osseuse, et s’arrêter, comme Larrey en a rapporté une observation, au point diamétralement opposé à l’orifice d’entrée.
Le plus souvent, le projectile ne se borne pas à rester
enclavé dans les os ou logé entre la dure-mère et l’encéphale: il peut pénétrer dans le cerveau.
Quoique l’on ait cité des observations qui ont pu démontrer que des balles ou des corps étrangers ont séjourné dans le cerveau sans incommoder gravement le blessé, habituellement cette complication entraîne rapidement la mort. Les phéno mènes de compression, de commotion cérébrale, de méningoencéphalite primitive ou consécutive, expliquent facilement ce résultat. Quelquefois des troubles spéciaux de l’intelligence, de la sensibilité ou de la motilité permettent de déterminer d’une façon assez précise les points des centres nerveux plus particulièrement compromis et autorisent quelques opérations spéciales pour combattre les accidents.
2° Pour la pénétration de la poitrine, voici les remarques que l’on peut faire. Lorsqu’une plaie d’arme à feu existe au niveau des parois du thorax, pour peu que les symptômes semblent indiquer une pénétration de la poitrine, il faut toujours agir comme si la pénétration existait ; cette pénétration peut avoir lieu soit au niveau du médiastin, soit au niveau de la plèvre.
Au niveau du médiastin, le cœur et les gros vaisseaux qui s’y rendent ou qui en partent, le canal thoracique, l’œsophage, peuvent être blessés soit isolément, ce qui est rare; soit en même temps que la plèvre et le poumon. Pour le cœur, les plaies de cet organe ont été longtemps regardées comme toujours mortelles. De nombreuses observations ont démontré aujourd’hui que non seulement ellespeuventnepasêtre immédiatement mortelles, mais encore qu’elles peuvent guérir. (Jamain, 185T, thèse de concours pour l’agrégation.) Le diagnostic se déduit habituellement de la position de la blessure, d’un frémissement particulier que l’on perçoit au niveau du cœur, de l’hémorragie immédiate qui se produit souvent, de l’inégalité et de la petitesse du pouls. (Jobert, Archives de médecine , 1839, t. IV.) Le frémissement particulier a été comparé au bruit de susurras des anévrysmes variqueux. L’hémorragie et la compression du
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cœur par l’épanchement de sang dans le péricarde expliquent habituellement la rapidité de la mort.
Dans les cas où la plèvre costale est atteinte par un projectile, le poumon est lui-même presque toujours lésé, la pénétration seule dans la plèvre se conçoit, mais aucune observation n’en a jamais été constatée à l’autopsie. Les premiers symptômes de cette complication sont des épanchements sanguins ainsi qu’un écoulement de sang et d’air au niveau de la plaie. Gomme phénomènes consécutifs surviennent ensuite des symptômes de pleuro-pneumonie, d’emphysème et d’empyème. On constate souvent en même temps des fractures de côtes et la hernie du poumon.
La présence de la balle dans le poumon est toujours dans ces cas d’une importance extrême. Le blessé qui a eu la poitrine complètement traversée par une balle est généralement dans une situation moins défavorable que celui dont la blessure unique est compliquée de la présence du projectile; cependant, même dans le cas où le projectile reste dans le poumon, il n’y a pas lieu de porter un pronostic toujours fatal.
3° Il nous reste, en dernier lieu, à vous dire quelques mots sur la pénétration de la cavité abdominale. Habituellement, lorsqu’une plaie d’arme à feu a pénétré dans la cavité abdominale, les organes intra-abdominaux sont presque toujours lésés. Neuf fois sur dix, cette complication entraîne une péritonite suraiguë et la mort à bref délai.
L’étude que nous venons de faire des complications des plaies d’armes à feu peut être résumée dans ces propositions :