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DIAGNOSTIC DES PLAIES PAR ARMES A FEU

Il nous reste à passer en revue le diagnostic, le pronostic et le traitement des plaies par armes à feu.

Diagnostic . — Établir le diagnostic d’une plaie par arme à feu, c’est déterminer le trajet de la plaie, apprécier les diverses parties qui peuvent être lésées, reconnaître les complications qui peuvent exister. Dans un cas de médecine légale, le chirurgien aura, en outre, à affirmer si la lésion a été produite pendant la vie ou après la mort. La question du diagnostic est traitée d’une manière bien différente, suivant qu’elle est étudiée dans un livre de chirurgie ordinaire ou dans un livre spécial de chirurgie d’armée. Ainsi, dans l’ouvrage de Follin, quelques lignes seulement ont suffi à l’auteur pour indiquer que les commémoratifs mettent le plus souvent le chirurgien au courant de la nature de la lésion, qu’il faut sonder la plaie avec une précaution excessive, qu’il est souvent très difficile d’arriver à une appréciation exacte. Dans les ouvrages spéciaux vous trouverez, au contraire, des conseils beaucoup plus complets :

1° Bien examiner tout d’abord la plaie au point de vue général,se rendre compte de la direction, apprécier le gonflement des parties, leur dureté, leur mollesse, constater s’il existe ou non des mouvements d’expansion, de battement, si l’on peut percevoir de la fluctuation, de la crépitation.

2° Explorer ensuite directement la plaie pour juger des complications. Pour reconnaître la présence des corps étrangers, vous sonderez la plaie. Quand on le peut, c’est immédiatement que cette exploration doit être faite ; à ce moment, la stupeur locale permet, en effet, l’examen sans la moindre douleur. L’exploration directe se fera avec le doigt, le stylet, la sonde cannelée ou quelques instruments spéciaux. Ainsi, vous trouverez dans la plupart des trousses le stylet que Nélaton proposa et que Zanetti employa avec un plein succès pour la blessure du général Garibaldi. C’est un stylet terminé par une petite olive en porcelaine blanche, non vernie. Le

simple frottement du plomb imprime sur l’olive un petite tache noire qui révèle la présence du projectile. Pour arriver au même résultat, Fontan et Favre ont imaginé un procédé d’investigation électrochimique, consistant à explorer la plaie avec une sonde renfermant deux fils métalliques enveloppés d’une couche isolante et communiquant avec une pile. Dès que les extrémités des fils rencontrent le projectile métallique, le courant voltaïque s’établit et l’aiguille d’un galvanomètre adapté à l’appareil l’indique aussitôt par sa déviation. Au mois de novembre 1881, le docteur GrahamBell a présenté à l’Académie des sciences un appareil permettant de déterminer facilement la position d’un projectile métallique. Vous en trouverez la description dans les nos 53 et 58 de la France médicale de 1881. On place une aiguille dans la région où l’on cherche le projectile. Cette aiguille communique avec l’une des bornes d’un téléphone que le chirurgien tient à son oreille. L’autre borne est mise en relation avec la surface de la peau du malade. Lorsque la pointe de l’aiguille rencontre la balle de plomb une pile se trouve naturellement formée par le plomb et la surface métallique appliquée sur la peau. Il en résulte qu’un courant électrique traverse les bobines du téléphone, et que celui-ci fait entendre un bruit chaque fois que l’aiguille touche le plomb.

Pour reconnaître la complication de fracture, le diagnostic est assez facile. La douleur, l’impuissance du membre, la déformation, la mobilité anormale, la crépitation vous permettent le plus souvent de vous rendre compte de la lésion. Il arrive cependant assez fréquemment que la crépitation fait défaut; cela dépend de la perte de substance osseuse qui peut être quelquefois considérable ; dans ce cas, les fragments sont trop éloignés l’un de l’autre pour que ce signe puisse se produire, et l’épanchement sanguin qui s’effectue au niveau de la fracture s’oppose aussi à la constatation du symptôme.

Le diagnostic des fentes, des fissures osseuses est toujours plus difficile. Ledrau pensait qu’après quelques jours deux symp-

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