TRAITEMENT DE L’HÉMORRAGIE
s’agit cle balles sphériques, il faut alors avoir recours à des instruments spéciaux, les élévatoires, le tire-fond, la gouge, le maillet et le trépan.
L’élévatoire agit comme un levier sur le projectile qu’il ébranle, qu’il déplace et qu’il rend souvent assez mobile pour être alors saisi par le tire-balle. Le tire-fond consiste en une tige en fer, de 15 centimètres environ, portant à une de ses extrémités un double pas de vis parfaitement tranchant. Percy a modifié l’instrument en y ajoutant une canule qui sert à préserver les parties du contact du pas devis. La figure que nous représentons ici vous permettra de comprendre bien facilement la manière de s’en servir. On cherche à faire pénétrer dans le projectile l’extrémité de l’instrument comme une vrille dans du bois, puis on exerce une traction directe. L’utilité â j , du tire-fond ne semble pas d’une bien grande 1
valeur. Sur un total de huit mille blessés, Percy lui-même avoue n’avoir employé que trois fois cet j§
instrument, et Legouest a cru devoir formuler
° Fig. 8.
l'opinion suivante. « Nous l’avons souvent em- Tire-fond à ployé, dit-il, sans avoir obtenu de résultat satisfaisant, et parmi les nombreux projectiles extraits des os que nous avons, aucun n’a été obtenu par ce moyen. »
Deuxième complication. — La deuxième complication que nous avons à étudier au point de vue des indications thérapeutiques, c’est l’hémorragie. L’hémorragie primitive importante doit être à peu près toujours rapportée à une lésion des gros vaisseaux, artères ou veines. Les vaisseaux capillaires, en effet, habituellement plus ou moins lésés par contusion ne peuvent devenir immédiatement la cause d’un écoulement sanguin considérable. Pour s’opposer aux hémorragies primitives, vousaurez recours â la compression directe, indirecte ou à la ligature.
La compression ne constituant qu’un moyen essentiellement temporaire, c’est laligaturequ’il faudra le plus souvent pratiquer.
Deux méthodes sont ici en présence, l’une et l’autre appuyées par de grandes autorités chirurgicales, Guthrie et Dupuytren. La méthode de Guthrie consiste à aller chercher les deux extrémités du vaisseau divisé au niveau même de la plaie, et à placer une ligature sur chacune de ces extrémités. C’est une méthode sûre, très sûre, mais difficile à mettre à exécution. Souvent même, elle est impossible à réaliser. Comment, en effet, pouvoir quelquefois distinguer les extrémités des vaisseaux dans une plaie profonde, étroite, noirâtre, contuse, irrégulière, à rapports anatomiques intervertis.
La méthode de Dupuytren, toujours plus réalisable, consiste à lier le vaisseau à une certaine distance de la plaie, quelquefois même l’artère principale. Entre ces deux méthodes, voici le choix que vous devrez faire.
1° Toutes les fois que vous pourrez arriver à lier le vaisseau sans intéresser des organes trop importants, vous préférerez la méthode de Guthrie à celle de Dupuytren. Ne vous laissez pas arrêter par l’idée d’agrandir la plaie, par la nécessité de faire de nouvelles incisions.
2° Ne liez le tronc principal du vaisseau au-dessus de la plaie que dans les cas où vos tentatives auront été infructueuses, et que votre sens chirurgical vous indique qu’elles vont devenir dangereuses.
La plupart des chirurgiens de notre époque acceptent cette pratique, même quand il s’agit d’hémorragie secondaire ou tardive, et qu’elle survient au niveau d’une plaie suppurant depuis longtemps. Les observations de Nélaton ont démontré que les artères supportent tout aussi bien la ligature lorsquelles ont été longtemps en contact avec le pus même au niveau, d’un foyer de pourriture d’hôpital. Si vous consultez le Compendium de chirurgie , vous trouverez cependant une certaine tendance des auteurs à conseiller l’emploi de la méthode de Dupuytren, mais l’article du Compendium qui traite de cette question date déjà d’une époque éloignée. Aujourd’hui la pratique chirurgi-