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TRAITEMENT DES ACCIDENTS

par l’ablation clés esquilles et des corps étrangers, il faut alors maintenir les fragments en place. Pour réaliser cette indication, bien des moyens ont été proposés; nous ne pouvons tous les passer en revue. Le chirurgien militaire, au moment du combat, utilise tout ce qu’il peut trouver : planchettes, débris de sac, fourreaux de sabre; il est évident que si l’on peut avoir à sa disposition une gouttière en fil de fer, on y place de suite le membre blessé.

5° Ces premiers soins donnés, vous devrez ensuite surveiller le traitement ultérieur. Toute fracture avec plaies d’armes à feu devant nécessairement passer par des périodes d’inflammation, de suppuration et de consolidation, vous aurez quelques moyens spéciaux à employer pendant ces diverses périodes.

Période d’inflammation. — Pendant la période d’inflammation, ce qui réussit le mieux, c’est le repos, l’immobilité bien complète, l’application de quelques cataplasmes ; on pourra faire parfois quelques incisions pour dégorger les tissus et prévenir l’étranglement. Baudens avait conseillé, dans la plupart des cas, l’emploi de la glace. Si ce moyen était vraiment d’une grande valeur, il serait pénible d’en être privé bien souvent au milieu des exigences d’une campagne; mais l’emploi de la glace est loin d’être toujours utile, et l’examen bien impartial des propres observations de Baudens démontre que les meilleurs esprits ne sont pas exempts d’erreur et d’engouement.

Période de suppuration. — Pendant que la plaie suppure, surveillez avec soin, pour bien examiner si des abcès concomitants ne surviennent pas au niveau des parties voisines; maintenez des pansements à l’alcool, à l’acide phénique, vous diminuerez ainsi les chances de résorption purulente.

Période de consolidation. — Pendant la période de consolidation, placez les blessés dans des conditions générales aussi bonnes que possible. Vous vous souviendrez que le plus souvent la consolidation de ces fractures est toujours longue; aussi sachez employer pendant longtemps les divers moyens

propres à amener la solidification du cal. Vous trouverez dans l’ouvrage de Legouest des observations nombreuses venant à l’appui de ce conseil. Deux surtout méritent d’être citées. Pendant la guerre d’Orient, deux fractures du fémur n’étaient point encore consolidées, l’une après quinze mois, l’autre après dix-huit mois de traitement toutes deux guérirent néanmoins; la dernière se consolida au moment même où le chirurgien, croyant à une pseudarthrose, était sur le point de pratiquer une opération grave pour remédier à cette complication.

6° Quelquefois la plaie par arme à feu avec fracture s’accompagne de lésions concomitantes si graves que toute tentative de restauration complète est impossible. Le chirurgien peut alors prendre trois partis : sacrifier le membre en pratiquant une amputation, pratiquer une résection, temporiser en procédant à un pansement simple. La conduite à tenir est souvent alors bien difficile à préciser, et, comme l’a écrit Dupuytren dans ses leçons de clinique, « il faudrait que le chirurgien fut vraiment un ange pour se décider à coup sur dans ces conditions. »

Ou vous amputez, et rien ne prouve que le blessé n’aurait pas guéri sans cette intervention; ou bien vous n’amputez pas, et si le malade meurt, vous avez le regret de penser que le malade aurait pu survivre si l’opération avait été faite. Gomme l’a fait observer très judicieusement Sédillot, on pourrait remplir un très gros livre avec les observations des blessés qui ont refusé l’opération et qui ont guéri parfaitement cependant. D’un autre côté, on remplirait un livre non moins gros avec les observations de ceux qui n’ont pas voulu accepter l’intervention et qu ont succombé. Si vous consultez, du reste, l’opinion des auteurs vous resterez dans la même indécision, jugez-en par les quelques mots d’historique que nous allons vous présenter.

Les premiers préceptes qui ont été formulés au sujet de cette j question datent de Garengeot et de Ledran. L’un et l’autre, en 1740 et 1748, proposèrent la conservation des parties comme méthode spéciale à opposer à celle de l’amputation dans les cas

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