‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 93 sur 270 · INTOXICATION VIPÉRINE — SYMPTOMES PRIMITIFS · texte numérisé non relu

INTOXICATION VIPÉRINE — SYMPTOMES PRIMITIFS

Symptômes primitifs. — Les symptômes primitifs sont au nombre de trois :

a) La douleur primitive causée par la morsure ;

b) L’empreinte des dents de l’animal;

c) L’écoulement sanguin.

a) La douleur primitivement ressentie est souvent très modérée. Les malades la comparent, soit à la déchirure que produirait la piqûre d’une ronce, soit à une piqûre d’abeille. D’autres fois, cette douleur est très vive, très aiguë ; localisée d’abord au niveau de la petite plaie, elle s’irradie dans tout le membre en occasionnant une sensation de brûlure très prononcée.

On peut attribuer cette douleur à deux causes : d’une part, à lapénétration dans les téguments des crochets plus ou moins acérés; d’autre part, à la pénétration du venin dans les vaisseaux. Des expériences de Mead viennent à l’appui de cette opinion. Il piquait des chiens avec des aiguilles fines et recourbées : l’animal ne manifestait presque pas de douleur; le même animal offrait, au contraire, une grande agitation et beaucoup de souffrance, lorsqu’il était mordu par les crochets de la vipère. Viaud -Grand-Marais a complété cette démonstration : lorsqu’un lapin est blessé simplement par un crochet sans venin, il ne manifeste aucune sensation douloureuse. Le même animal, atteint par les canines d’un reptile dont le poison a toute sa force, pousse un cri aigu et semble ressentir alors une douleur très prononcée.

b) L’empreinte laissée par les crochets consiste en deux petites piqûres assez rapprochées l’une de l’autre et dont les bords sont tuméfiés : ces piqûres sont souvent difficiles à bien reconnaître, à cause de la rétraction des tissus. Quelquefois un des crochets abandonné par le serpent fait corps étranger dans la plaie ; d’autres fois, la peau est à peine entamée, et l’on ne voit qu’une simple éraillure.

c) L’écoulement sanguin est habituellement insignifiant: une gouttelette de sang indiqueàpeineles points qui ont été traversés.

Vous noterez que les symptômes généraux sont, à ce moment, complètement nuis. Parfois cependant, une certaine exaltation nerveuse se produit dès le début, ou bien le blessé effrayé est sujet à une syncope.

Symptômes secondaires . — On peut diviser les symptômes secondaires en deux catégories :

' 1° Symptômes secondaires locaux ;

2° Symptômes généraux ou symptômes d’intoxication. Dans la première catégorie, se rangent :

Ia) La tuméfaction inflammatoire ;

b) La douleur secondaire;

c) L’engourdissement;

d) Le refroidissement;

e) Les taches livides.

f) Quelques autres lésions au niveau de la piqûre. a) Tuméfaction inflammatoire. — La tuméfaction inflammatoire est presque toujours un phénomène constant; il arrive cependant, lorsque l’emploi de quelques moyens locaux a réussi à faire évacuer de la plaie tout le venin qui a été inoculé, que ce symptôme fasse défaut. Voici, à ce sujet, quelques particularités que vous retiendrez.

1° Habituellement la tuméfaction commence par une auréole violacée qui a pour centre la morsure du serpent. Cette tuméfaction œdémateuse s’accompagne en même temps de chaleur et de rougeur; ce phénomène survient tantôt d’une façon instantanée, tantôt il ne se prononce que trois ou quatre heures après la morsure.

2° Les parties tuméfiées présentent souvent un développement considérable, et l’on comprend que, dans quelques régions, au cou, par exemple, des symptômes graves de compression puissent alors en dépendre.

3° La tuméfaction persiste environ quatre à cinq jours. Quelquefois, après cette période, la chaleur et la rougeur disparaissent,l’engorgement seul persiste comme un simple œdème.

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