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PESTE BOVINE. — MALADIE DES CHIENS

Caractères de la peste bovine au point de vue de l’inoculation prophylactique. — Rapport de similitude établi par quelques auteurs entre la variole et la peste bovine. — Application de la vaccination comme moyen prophylactique de la peste bovine. — Expériences négatives de l’efficacité de ce moyen. — Nature non variolique de la peste. — Energie de sa contagion. — Expériences l'inoculation préventive. — Etablissements d’inoculation fondés m Russie. — Résultats peu favorables. — Il y aurait à faire des îssais d’atténuation du virus. — La méthode de Toussaint pourrait ître appliquée. — Avantages économiques qui résulteraient de la iécouverte de l’atténuation du virus de la peste des steppes. — Cette iécouvertc est dans la logique des choses aujourd’hui. — L’inoculation et la maladie des chiens. — Qu’est-ce que cette maladie? — Maladie protéique, une sous la diversité de ses formes. — Yiborg 'avait considérée comme varioleuse. — La nature vésiculeuse de l’éruption et la non contagion apparente ont fait repousser cette dée. — M. Trasbot en a démontré la justesse par l’expérimentation.

— Raison trouvée des faits contradictoires. — La contagion expérinentée ne se manifeste que sur les jeunes, parce que les adultes int une immunité acquise. — Expériences à l’appui. — Preuves expérimentales de l’identité de la maladie sous ses formes diverses.

— Problème résolu. — La maladie dite des chiens est une variole.

— Non inoculable à la vache et au porc. — C’est la variole propre lu chien. — Essai de vaccination prophylactique. — Expériences à continuer. — Peut-être la vaccine confère-t-elle un certain degré l'immunité? — Indication de l’inoculation prophylactique. —

Résultat considérable au point de vue de la pathologie générale. — Expériences à faire sur la vaccination comme moyen préparatoire. — La question de la spontanéité à propos de la maladie des chiens. — L’idée de spontanéité des maladies contagieuses tend à disparaître.

A. — L'inoculation et la peste bovine.

Messieurs,

Cette terrible maladie des steppes qui cause à la Russie de si grands dommages, et par les pertes directes qu’elle entraîne et par l’état de suspicion permanente qu’elle fait peser sur le bétail de ce pays, dont l’exportation se trouve ainsi entravée; la peste bovine, « pour l’appeler par son nom », est-elle du nombre des maladies contagieuses auxquelles la prophylaxie par l’inoculation serait rationnellement applicable ? Oui, si on ne la considère qu’au point de vue de sa nature et de son mode d’évolution, la question de sa gravité mise de côté. La peste bovine n’est pas, en effet, susceptible de récidive; l’animal qui l’a contractée une fois se trouve désormais à l’abri de ses atteintes. D’autre part, si grave qu’elle soit, elle n’est pas de celles qui, comme la morve et la syphilis, s’implantent par des racines persistantes et laissent dans l’organisme infecté des traces durables, marquées par des lésions organiques irrémédiables. Voilà bien les deux caractères essentiels qui justifient l’application prophylactique de l’inoculation : immunité conférée par une première attaque ; nature éphémère du

mal, en ce sens qu’une fois passé il ne laisse pas de traces organiques après lui. Mais le troisième caractère, qui justifie et détermine l’application de l’inoculation, fait ici complètement défaut. Quand on inocule la peste bovine, on la transmet tout aussi grave, dans un trop grand nombre de cas, que lorsqu’elle est contractée par les voies naturelles de la contagion.

C’est ce qui ressort des expériences qui ont été tentées, jusqu’à présent sans grand succès, pour prévenir, par l’inoculation, la gravité excessive de la maladie contractée accidentellement, c’est-à-dire par les rapports des animaux sains avec les malades.

Des manifestations éruptives qui se produisent, par exception, sur des animaux affectés de la peste des steppes, avaient fait établir une certaine analogie entre elle et la variole, et conduit à penser que son inoculation, comme celle de la variole, pourrait donner lieu à une maladie atténuée, compatible avec la vie et faisant bénéficier l'organisme d’une immunité certaine contre de nouvelles attaques. Ce rapport de similitude entre la peste bovine et la variole, signalé pour la première fois par Lancisi et Ramazini, dans le commencement du dernier siècle, fut considéré comme fondé parles principaux auteurs qui, tels que Mortimer, Layard, Yicq-d’Azyr, Dupuy, firent, après eux, de cette maladie, l’objet de leurs études. Et en 1865, le Dr Murchison ressuscita cette manière de voir, basée exclusivement sur la forme éruptive que la peste bovine est susceptible de revêtir exceptionnellement à sa période ultime. De là les tentatives multipliées que

l’on fit, à cette époque, en Angleterre, pour prémunir par la vaccination les bestiaux contre les atteintes de la peste : tentatives, qui, toutes, demeurèrent stériles quelles qu’aient pu être, au moment où elles furent faites, les affirmations intéressées qui se produisirent en faveur de leur réussite. Le prix d’une plaque vaccinale, ou réputée telle — car les falsifications sont intervenues — s’est élevé jusqu’à une demi-couronne. Une expérience, que je fus autorisé à faire à cette époque, a montré tout le néant des espérances que l’on avait fondées, par delà la Manche, sur les vertus prophylactiques du vaccin contre la peste bovine. Huit génisses inoculées du vaccin à Paris, et qui avaient fourni leur virus pour des vaccinations sur l’espèce humaine, furent envoyées par moi à M. le professeur Gamgee, de Londres, qui les soumit aux épreuves de l’infection de la peste, soit par cohabitation, soit par inoculation ; pas une n’échappa à la contagion mortelle, malgré leur imprégnation vaccinale à haute dose, peut-on dire, car on avait multiplié sur elles les piqûres d’inoculation, pour multiplier les sources de vaccin.

On peut inférer de cette expérience, et de la stérilité des essais tentés en Angleterre, que la peste bovine n’est pas de nature varioleuse ou, tout au moins, pour rester dans les limites de ce que l’expérimentation autorise, qu’elle n’est pas de la nature de la variole humaine et de celle du cheval et de la vache, voire même du mouton.

La peste bovine n’est pas une variole ; mais cette

maladie est essentiellement contagieuse, et d’une puissance de contagion qu’on peut dire excessive, surtout sur les bestiaux de l’Europe occidentale : autant d’animaux atteints, autant ou presqu’autant destinés à périr infailliblement. On conçoit qu’en présence d’une telle puissance de destruction, des efforts aient été tentés, dans le dernier siècle, pour tirer de l’inoculation, appliquée à cette maladie, les bénéfices que donnait cette opération comme moyen préventif de la gravité excessive de la variole. Les résultats des essais faits dans cet ordre d’idées, depuis le milieu du siècle passé jusqu’à sa fin, sont demeurés très incertains. Mais, somme toute, ils sont loin d’avoir porté témoignage en faveur de l’efficacité de l’inoculation préventive, car, dans un trop grand nombre de cas, la maladie transmise artificiellement se manifesta avec des caractères de gravité tout aussi grande que la maladie procédant de la contagion naturelle.

Depuis le commencement de ce siècle, les expériences d’inoculation préventive de la peste ont été faites en Prusse et en Autriche et tout particulièrement en Russie, où l’on avait conçu l’espérance de réussir par ce moyen à éteindre la peste dans les steppes.

Le gouvernement russe s’est prêté à une expérimentation en grand et deux établissements d’inoculation ont été fondés par lui, l’un dans le gouvernement d’Orenbourg et l’autre dans celui de Kerson. Les résultats donnés par les expériences ne paraissent pas avoir été favorables à la pratique de l’inoculation pré-

ventive, car la commission, instituée pour les suivre, terminait ses opérations, en 1864, en disant : « qu’il y avait lieu de fermer les établissements d’Orenbourg et de Kerson et de cesser, comme inutile, tout nouvel essai d’inoculation ».

C’est que, effectivement, dans les conditions de milieu et sur les races sur lesquelles on a expérimenté, la mortalité qui a été de 18 à 20 p. 100, à la suite de l’inoculation, n’a pas différé sensiblement de celle qui résulte de la contagion naturelle; de telle sorte que mieux valait, après tout, laisser venir le mal avec toutes ses éventualités, que d’aller s’offrir à ses coups et d’en subir les dommages avec une certitude com« plète. Mais il faut considérer qu’à l’époque où ces expériences ont été faites, on ne pouvait expérimenter qu’avec le virus naturel, puisé dans les différentes humeurs qui lui servent d’excipients; et soit qu’on le puisât sur un animal atteint de contagion naturelle, ou après des séries de générations résultant d’inoculations successives, on voyait se produire des effets identiques, les cultures, par ces inoculations, ne déterminant aucune atténuation de l’activité virulente. Ce paraît être là, du reste, un fait assez général. Le vaccin ne paraît pas avoir dégénéré depuis Jenner. Il en était de même du virus varioleux, au temps de l’inoculation. Les migrations d’un même virus dans une succession d’organismes ne se traduisaient pas par son activité diminuée.

Etant démontré par l’expérimentation que la peste bovine se manifestait tout aussi grave dans ses carac-

tères et ses conséquences, quand elle était transmise artificiellement que dans les cas où les animaux la gagnaient par des rapports de contact ou de cohabitation, il en ressortait, en toute évidence, que l’inoculation ne constituait pas une mesure véritablement prophylactique à l’endroit de la peste bovine. Mais en serait-il de même si le microbe constitutif de la virulence des humeurs dans la peste bovine était découvert ; si on réussissait à le cultiver; et si, par sa culture méthodique, on parvenait à l’atténuer et à lui donner des propriétés vaccinales ? En serait-il de même si, en attendant que des recherches de laboratoire aient dévoilé la nature réelle du virus de la peste, on procédait à son atténuation par la méthode de M. Toussaint, celle de l’application de la chaleur? Notons bien, en effet, à l’égard de ce dernier point, que si la méthode de M. Pasteur est plus parfaite et donne des résultats plus sûrs, celle-ci ne laisse pas, cependant, d’avoir pour elle un avantage qui, au point de vue pratique, est considérable : celui d'être à la portée de tout le monde et de pouvoir être essayée sur tous les virus indistinctement, sans qu’il soit nécessaire de connaître leur nature intime. Question de tâtonnements et d’essais sur des animaux susceptibles.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui que, grâce au grand mouvement imprimé par M. Pasteur, le champ de l’inoculation prophylactique a été si singulièrement agrandi, le moment semble venu de reprendre cette question au point de vue de la peste bovine, et de voir

si, grâce aux nouvelles découvertes delà science expérimentale, on 11e pourrait pas tirer de l’inoculation prophylactique, appliquée au bétail des steppes, des résultats plus avantageux qu’011 n’a pu le faire autrefois, avec les moyens par trop imparfaits dont on disposait. Si, grâce à la transformation du virus de la peste bovine en virus vaccinal, il devenait possible, sans risques de mort, de doter le bétail des steppes d’une immunité complète, on réaliserait ainsi des avantages économiques incalculables, puisque le bétail des steppes, ayant cessé d’être une menace pour l’Europe occidentale, pourrait obtenir libre pratique dans les pays que la prudence commande de lui fermer hermétiquement aujourd’hui.

Voilà un assez beau résultat à atteindre pour que le gouvernement russe remette à l’étude la question de l’inoculation de la peste des boeufs, et tâche à la faire éclaircir et résoudre par les méthodes perfectionnées dont on dispose aujourd’hui.

A supposer, maintenant, que les nouvelles expériences donnassent des résultats positifs, y aurait-il lieu de faire l’application de l’inoculation par un virus atténué, en dehors des steppes de la Russie, dans les pays où la peste bovine n’est qu’un accident exceptionnel; et vaudrait-il mieux y recourir dans le cas d’invasion de cette maladie, plutôt qu’à l’abatage immédiat des animaux malades et contaminés? Cette dernière pratique sanitaire est évidemment celle à laquelle toujours il faudra donner la préférence, au début d’une invasion de la peste, quand ses foyers sont encore

très limités. Il faut, en pareil cas, étouffer ces foyers, aussitôt que naissant, c’est le moyen le plus sûr de prévenir leur irradiation.

Mais n’aurait-on pas à suivre une autre ligne de conduite dans les cas où la peste des bœufs se serait répandue sur une grande surface territoriale et menacerait, dans des centres populeux, des milliers d’animaux? J’incline à penser qu’en pareille occurence, il y aurait lieu de se départir de cette mesure si onéreuse de l’assommement des animaux exposés à la contagion, et qu’il serait de beaucoup préférable de les conserver en les couvrant de l’immunité consécutive à une maladie bénigne, transmise par l’inoculation d’un virus atténué.

Dans ces conditions seules, dont la réalisation n’appartient qu’à l’avenir, l’inoculation pourrait être rationnelle dans les pays auxquels la peste des bestiaux est étrangère, et ne s’y montre que par un accident d’importation ; mais c’eût été autrefois, ce serait aujourd'hui une pratique absolument insensée que d’y recourir, comme Dupuy l’avait conseillé pour la France en 1815, sous le prétexte des bénéfices sanitaires que l’on avait obtenus, avant Jenner, de l’inoculation varioleuse. Si dans les expériences faites dans les établissements des gouvernements d’Orenbourg et de Kerson, la mortalité, à la suite de l’inoculation, n’a été que de 20 p. 100 environ, cela a dépendu d’un certain degré d’immunité, qui appartient, plus ou moins, aux différentes races des steppes, par suite des influences combinées de l'atavisme et du milieu où

elles vivent. Point de doute qu’elles soient infiniment plus résistantes que nos races occidentales, qui constituent des milieux extrêmement favorables à la culture de l’élément, quel qu’il soit, d’où procède la virulence de la peste. On l’a bien vu, en Angleterre, dans les années 1865 et 1866, où la peste des steppes, importée par le commerce, a sévi sur le bétail de ce pays avec une si sévère intensité. De même en Hollande, à la même époque, de même en France, en 1870 et 1871, quand la peste y a été importée par les troupeaux de l’armée envahissante.

« Ils ne mouraient pas tous , mais tous étaient frappés », a dit le grand fabuliste dans la fable fameuse des Animaux malades de la peste. Eh bien, ce n’est pas encore là l’expression vraie des désastres que cause la peste bovine, quand elle s’attaque aux races perfectionnées de l’Europe occidentale. Tous sont frappés dans les troupeaux et bien peu échappent à la mort, tant le virus trouve en eux des conditions favorables à la pullulation active et féconde de l’agent de la virulence. Recourir à l’inoculation avec un virus en possession de toute son énergie sur de pareilles races, ce serait substituer aux éventualités de la maladie la certitude de ses désastres sur la plus grande échelle possible, puisqu’une pareille pratique aurait pour effet certain la dissémination de la virulence mortelle sur tous les animaux indistinctement. Voilà jusqu’où pourrait conduire l’application logique d’une idée fausse.

Mais si l’inoculation n’a pas encore pu être transformée en instrument de la prophylaxie contre la peste

bovine, même dans les steppes de l’Europe orientale, où les races ont plus de force de résistance que celles de l’occident çontre l’action du virus de cette maladie, un fait ressort des expériences entreprises, en Russie particulièrement, c’est la possibilité, dans un certain nombre de cas, tout au moins, de transmettre une maladie atténuée, même avec du virus fort, et de conférer l’immunité par ce moyen. Qu’on réussisse ù transformer ce virus fort en virus vaccinal par la méthode des cultures ou d'une autre manière, — car peut-être y réussirait-on par la chaleur comme l’a fait M. Toussaint, ou par l’introduction du virus non modifié dans un milieu non favorable à sa pullulation dangereuse, suivant le procédé appliqué par les expérimentateurs de Lyon, MM. Arloing, Cornevin et Thomas, au charbon symptomatique; qu’on réussisse, disais-je, à transformer le virus fort en virus vaccinal, et la peste bovine, cessant d’être pour l’occident de l’Europe un trop légitime sujet d’épouvante, le bétail russe pourrait sortir des barrières que la prudence a fait opposer à ses migrations commerciales , et être transporté librement sur tous les marchés de consommation.

Ce n’est pas être trop osé aujourd’hui , à voir les merveilles déjà réalisées par la science expérimentale, que de prévoir de pareils résultats.

Ils sont dans la logique des choses et, conséquemment, leur réalisation est possible.

B. — L'inoculation et la maladie des chiens.

Quelle est cette maladie pour laquelle, en France tout au moins, on n’a pas trouvé d’autre nom que celui qui exprime d’une manière générale, les dérangements de l’ordre régulier dans les animaux et les végétaux?

Ce qu’il y a de vague dans cette expression indéterminée suffit à indiquer l’état d’indécision des esprits à l’endroit de la nature de cette maladie. C’est qu’en effet, elle a quelque chose de protéique dans ses modes divers de manifestation : tantôt très bénigne et de courte durée, elle ne se traduit que par un peu de tristesse avec diminution d’appétit et par l’éruption, à la peau dans les régions du ventre, des organes génitaux et de la face interne des cuisses, de petites vésicules, rapidement purulentes, auxquelles, jusqu’à ces derniers temps on n’avait attaché aucune signification précise. Tantôt, au contraire, revêtant un caractère de gravité extrême, elle s’accuse par un état de grande prostration et par des troubles fonctionnels variables dans leur expression, suivant les organes qui sont plus particulièrement affectés : poumons, muqueuse bronchique et trachéale, muqueuse nasale, intestins, foie, appareil nerveux. Etant donnée la condition, longtemps ignorée , de cet état morbide, on le voit se traduire, suivant les sujets, par les symptômes propres à l'inflammation aiguë des organes où elle

s’est localisée, et alors la maladie revêt plus particulièrement les caractères, ou de la pneumonie, ou de la bronchite, ou du catarrhe nasal, ou de l’entérite, ou de l’hépatite, ou enfin des troubles procédant des lésions diverses de l’appareil nerveux, que les localisations inflammatoires peuvent déterminer. Cette diversité de formes a fait penser à quelques auteurs que la maladie dite des chiens, n’est pas une, et que, sous un nom commun, on a confondu autant de maladies spéciales qu’il y a d’organes qui peuvent se trouver affectes chez les jeunes chiens exposés à l’influence des causes générales et communes susceptibles de donner lieu à des inflammations internes, soit des organes, soit de leurs enveloppes. Cette conception simpliste n’a pas prévalu et le sentiment clinique a persisté à maintenir les observateurs dans l’idée que les formes inflammatoires variées par lesquelles peut se traduire la maladie qui s’attaque aux chiens dans leur jeune âge, procédaient d’une cause commune, qui est la condition essentielle de cette maladie et constitue sa nature, une sous la diversité des effets.

Cette opinion était celle des anciens observateurs dont l’esprit se trouvait indépendant de toute conception doctrinale. Ils avaient saisi entre la maladie des jeunes chiens et la gourme du cheval une analogie qu’ils fondaient, non pas seulement sur l’écoulement catharral, commun à l’une et à l’autre, -mais aussi sur une idée de crise ou de dépuration humorale qu’ils attachaient à toutes deux.

L’opinion que la maladie des chiens pourrait bien

être de nature varioleuse avait été conçue par Yiborg, vétérinaire danois, à la tîridu dernier siècle. Elle était basée sur la forme éruptive qui est propre à cette maladie, si ce n’est sur tous les sujets, au moins sur un assez grand nombre pour qu’on puisse considérer cette éruption comme une de ses caractéristiques.

Mais l’idée de variole entraîne tout à la fois celle de la contagion et celle delà nature pustuleuse de l’éruption. Or, l’observation clinique, loin d’apporter des preuves confirmatives de l’existence de ce double caractère dans la maladie des chiens , conduisait au contraire à la nier. Les faits spontanés et les faits d’expérimentation semblaient effectivement concordants contre la contagion à laquelle on avait observé que les chiens se montraient constamment réfractaires; et, d’autre part, l’éruption de la maladie étant toujours objectivement vésiculeuse, c’est-à-dire consistant dans le soulèvement de l’épiderme, sans que, à l’endroit où la vésicule se forme, le tissu de la peau soit le siège de ce nodus inflammatoire qui caractérise la pustule des éruptions varioleuses, on s’était cru autorisé à inférer que la maladie des chiens n’était pas, ne pouvait pas être de nature varioleuse.

De fait, les auteurs les plus autorisés qui ont traité de cette maladie dans leurs ouvrages, Youatt qui était un clinicien si habile, Roëll, Hertwig, Leblanc, Zundel, etc., sont d’accord pour dénier à cette maladie tout caractère contagieux; et leur opinion, jusque dans ces derniers temps, avait semblé parfaitement justifiée par les faits. Nouvelle preuve que l’observation cli-

nique seule ne saurait fournir, dans le plus grand nombre des cas, les éléments de la solution des problèmes de la nature des maladies. Les rapports que l’observation seule peut saisir ne suffisent pas, la plupart du temps, pour faire trouver le lien de la causalité qui peut exister entre les faits qui coïncident ou se succèdent. Il faut pour cela la clarté plus éclatante qui jaillit de l’expérimentation.

C’est à M. le professeur Trasbot, de l’école d’Alfort, que revient le mérite d’avoir résolu le problème, qui était posé depuis si longtemps devant la pratique, de la nature de la maladie dite des chiens , qu’il a déterminée avec une remarquable sagacité expérimentale.

M. Trasbot, après avoir multiplié les expériences d’inoculation de la maladie des chiens , sur un grand nombre de sujets, tels que le hasard peut les procurer aux laboratoires, n’avait jamais obtenu que des résultats négatifs, et inclinait, par cela même, vers l’opinion presqu’universellement adoptée que cette maladie n’est pas de nature contagieuse et, conséquemment, qu’on ne saurait la ranger, avec Viborg, dans la catégorie des maladies varioleuses.

Mais une communication verbale que lui fit, un jour, M. Saint-Yves-Ménard, sous-directeur du jardin d’acclimatation lui fut un trait de lumière. M. Saint- Yves-Ménard, qui est à la fois vétérinaire et docteur en médecine et qui, à ce double titre, a une double compétence pour saisir les rapports des faits et en trouver la signification, rendit compte à M. Trasbot de la constatation qu’il avait faite du développement de

la maladie sur un groupe de six jeunes chiens de même portée, mis en rapport de cohabitation avec un chien de six mois affecté de cette maladie. Cette expérience n’avait pas été intentionnelle, mais les résultats n’en avaient pas, pour cela, moins de valeur.

La première question que M. Trasbot se posa, en présence de ce fait, fut celle de savoir si la cohabitation ne constituait pas une condition plus parfaite de transmission de la maladie que l’inoculation. Des expériences faites sur des chiens adultes , en vue de la vérification de cette idée, ne la confirmèrent pas.

Qu’était-ce à dire? D’où venait cette sorte d’inconséquence apparente? Pourquoi dans un cas, la contagion produisait-elle ses effets ? Pourquoi pas dans les autres ? Cela ne dépendait-il pas de ce que les sujets sur lesquels on avait expérimenté ne se trouvaient pas dans des conditions identiques, les uns étant à l’abri de la contagion par le fait de l’immunité dont les avait dotés une première atteinte de la maladie ; les autres, en raison de leur jeune âge, se trouvant, au contraire, très susceptibles de la contracter?

Soumise au contrôle de l’expérimentation, cette dernière hypothèse fut reconnue rigoureusement vraie.

Un jeune chien, âgé de douze jours seulement, fut inoculé par deux piqûres sous le ventre, avec de la matière du jetage et du liquide des pustules d’un chien âgé de six mois, qui était affecté de la maladie, sous la forme de bronchite intense, avec une éruption tégumentaire; sept jours après, on voyait une pustule parfaitement développée à la place de chaque piqûre

et le neuvième jour, une éruption généralisée se manifesta sous le ventre et à la face interne des membres.

Avec la sérosité puisée dans quelques pustules du jeune chien, on inocula son frère, âgé de vingt et un jours, par deux piqûres sur le ventre. Vers le sixième jour, manifestation d’une fièvre intense, avec cessation complète de l’appétit. Le huitième jour, apparition de deux grosses pustules aux points de l’inoculation; le lendemain, éruption généralisée.

Une çhienne de trente jours , sœur des deux sujets précédents, fut inoculée de la même manière avec de la sérosité recueillie dans les pustules du dernier. On eut soin de peser cette chienne au préalable, pour avoir un moyen de mesurer, par la perte du poids, l’intensité de la fièvre d’éruption. Le sixième jour après l’inoculation, tristesse et inappétence. Le lendemain, diminution de 80 grammes, apparition de deux pustules sur les points d’inoculation. Le huitième jour, perte de poids de 180 grammes et éruption généralisée.

Chez ces trois animaux la maladie fut assez grave pour entraîner la mort en vingt-deux et vingt-huit jours. Les sujets étaient trop jeunes et aussi d’une trop faible complexion pour résister à l’intensité de la fièvre déterminée par l’inoculation.

Une autre chienne, de la même portée que ces trois premiers sujets, mais laissée sous sa mère, fut inoculée à l’âge de sept semaines, alors qu’elle pesait déjà 2 kilogrammes 835. Plus forte, elle résista à l’inocu-

lation qui se traduisit par une éruption généralisée, et fut guérie au bout de vingt et un jours.

Sur six animaux, d’une autre famille, inoculés à l’âge de deux mois et deux mois et demi, l’inoculation fut suivie des mêmes phénomènes éruptifs que chez les premiers. Un seul des sujets de cette deuxième catégorie succomba.

Deux autres sujets de l’âge de trois mois, très robustes, soumis à l’inoculation, furent atteints, comme ceux des deux premières séries, d’une éruption généralisée qui suivit une marche régulière et se trouvait complètement éteinte au bout de trois semaines que la santé était entièrement récupérée.

En même temps que les expériences faites sur les jeunes donnaient ces résultats si positifs, celles qui furent tentées, parallèlement, sur des chiens adultes, ne produisirent aucun effet. Us demeurèrent absolument insensibles à l’action virulente qui traduisait son énergie sur les jeunes par des phénomènes si accusés. Ce n’est pas seulement par l’inoculation que, dans les expériences de M. Trasbot, la contagiosité de la maladie des chiens fut démontrée réelle. L’un des animaux inoculés, sur lequel l’éruption était complète, fut placé dans une même niche avec deux autres, âgés de six semaines, qui tombèrent malades au bout de huit jours. Chez l’un, la maladie revêtit les caractères d’une bronchite intense, et entraîna la mort le seizième jour; l’autre n’eut qu’une simple éruption cutanée assez discrète, dont il fut guéri dans l’espace de vingt et un jours.

Cette dernière expérience présente cet intérêt tout particulier qu’elle donne la preuve expérimentale de l’identité de la maladie sous les formes diverses que peuvent lui donner les localisations, dans tels ou tels organes, des phénomènes inflammatoires par lesquels elle peut s’exprimer.

Le problème clinique de la nature de la maladie dite des chiens se trouve donc aujourd’hui complètement résolu, grâce aux expériences si concluantes de M. Trasbot.

La maladie dite des chiens est une maladie contagieuse, susceptible de se transmettre par inoculation et par cohabitation.

Si, à l’égard des propriétés contagieuses de cette maladie, la clinique a été mise et est demeurée si longtemps en défaut, cela a dépendu exclusivement de ce que les épreuves de la contagiosité, soit par l’inoculation directe, soit par les rapports de contact, ont été faites sur des chiens adultes, rendus réfractaires à l’action virulente par l’immunité résultant des atteintes de la maladie contractée dans le jeune âge. Ainsi se trouve obtenue, une nouvelle fois, par une expérimentation rigoureuse, la conciliation entre des faits en apparence contradictoires, mais qui, en réalité, ne pouvaient l'être, pas plus dans ce cas particulier que dans tout autre.

La maladie dite des chiens peut enfin, grâce à M. Trasbot, prendre un nom et être rangée dans un cadre bien déterminé. Cette maladie appartient à la catégorie des maladies varioleuses; c’est la variole du

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chien. Viborg avait fait preuve d’une véritable sagacité clinique lorsque, en s’inspirant du mode de manifestation de cette maladie et de l’éruption qui la caractérise, il l’avait considérée comme une variole. Mais ce n’était là qu’une vue de l’esprit à laquelle manquait la vérification expérimentale. Aussi n’a-t-elle pas été acceptée et était-elle tombée dans un complet oubli. C’est à M. Trasbot que revient le mérite d’en avoir fait une vérité dont la découverte lui appartient exclusivement.

Si la maladie des jeunes chiens est une maladie varioleuse, ce qui maintenant n’est plus contestable, c’est une variole propre à l’espèce du chien, et peutêtre même à tous les carnassiers. Mais ce n’est là encore qu’une hypothèse, car toute l’étude expérimentale qu’elle comporte n’est pas faite.

Cette variole propre au chien est d’une autre espèce que la vaccine, car elle n’est pas inoculable à la vache; elle ne l’est pas non plus au porc, dont la susceptibilité pour la vaccine est si accusée.

Mais puisque la maladie des chiens est une variole, l’idée devait venir de rechercher si la vaccination ne pourrait pas en être le moyen préservatif, comme elle l’est de la variole humaine, en épuisant la réceptivité de l’organisme du chien pour sa variole propre.

Cette question a été mise à l’étude par M. Trasbot, mais il n’avait pas encore les éléments de sa solution à l’époque où il donna communication à l’Académie de médecine (1879) de la note intéressante que j’analyse ici. L’inoculation vaccinale pratiquée à trois jeunes

chiens de six semaines avait été stérile sur un et donné lieu sur les deux autres à une éruption d’apparence vésiculeuse, ayant de grands caractères de similitude avec l’éruption propre à la maladie , ce qui semble démonstratif que, chez le chien, l’organisation de la peau ne comporte pas la même évolution anatomique du travail inflammatoire éruptif que chez l’homme, le bœuf, le cheval et le mouton. Chez le chien, si l’on en juge par la forme de l’éruption consécutive sur lui à l’inoculation vaccinale, et par celle qui est caractéristique de sa propre variole, ce serait toujours sous la forme de vésicules, et non pas de pustules, que se manifesterait le travail éruptif.

Quoi qu’il en soit des causes de cette particularité, il ressort de cette expérience de M. Trasbot que l’organisme du jeune chien peut servir de milieu de culture au virus vaccinal. Mais ce virus a-t-il prise sur lui profondément? L’imprègne-t-il au point d’épuiser par sa propre activité nutritive les éléments nécessaires à la pullulation du virus variolique?

En d’autres termes, le vaccin inoculé au chien lui confère-t-il l’immunité contre sa variole? Tout ce que l’on peut dire pour répondre à cette question, c’est que s’il résulte de l’expérience unique, dont M. Trasbot a rendu compte dans sa note à l’Académie, que Ja vaccine est susceptible de prendre sur le jeune chien, il 11e semble pas qu’elle le protège contre les atteintes de la maladie, c’est-à-dire de sa variole propre, caries trois chiens qu’il avait vaccinés contractèrent, quatre mois après, la maladie spontanément, c’est-à-dire sans

qu’elle leur eût été transmise par inoculation. Elle revêtit le caractère d’une broncho-pneumonie mortelle sur celui qui s’était montré réfractaire à la vaccination, tandis que, chez les deux autres, elle se manifesta sous la forme d’une éruption simple, qui suivit sa marche régulièrement et guérit assez vite.

Dans ce cas particulier, la vaccination avait-elle donné un certain degré d’immunité, qui se serait traduit par la bénignité de la variole chez les deux sujets qui avaient reçu l’imprégnation vaccinale? Les considérations exposées, dans des séances antérieures, sur la possibilité de graduer l’immunité par des inoculations successives, permettent de poser cette question, mais n’autorisent qu’une induction pour toute réponse. Elle ne pourra être donnée rigoureuse que par l’expérimentation.

Somme toute , un fait considérable ressort de ces premières recherches de M. Trasbot sur une maladie très commune, dont la nature était restée jusqu’à présent à l’état d’énigme devant les observateurs de tous les temps et de tous les pays : c’est la démonstration de la contagiosité de la maladie des chiens, véritable variole de l’espèce ; d’où résulte l’indication de recourir à son inoculation prophylactique, pour déterminer sa manifestation sous une forme atténuée et prévenir les accidents graves qui résultent trop communément des localisations inflammatoires dans les viscères ou sur leurs enveloppes. Bénéficier de l’inoculation pour cette maladie, comme pour la variole ; voilà certainement un résultat considérable au point de

vue de la pathologie comparée, puisque, aussi bien, voilà que se trouve augmenté le nombre des maladies auxquelles l’inoculation prophylactique peut être rationnellement appliquée. D’autre part, quoique le chien n’ait pas l’importance économique du cheval, du bœuf, du mouton ou du porc, la découverte d’un moyen de le préserver des conséquences graves de cette maladie de son jeune âge, dont il est presque fatalement attaqué, ne laisserait pas d’avoir son importance, quand bien même on ne se placerait qu’au point de vue du rôle, que j’appellerai, si vous voulez, sentimental, du chien dans la société humaine.

Etant donnée la possibilité de recourir à l’inoculation, comme moyen prophylactique de la gravité delà variole du chien, il y a maintenant des expériences à continuer sur cet intéressant sujet afin de bien établir et préciser les conditions les meilleures pour le succès de l’opération. Le trop jeune âge paraît ne pas convenir. Quel est celui qu’il faut préférer? Y aurait-il avantage à préparer le terrain par une vaccination préalable pour faire bénéficier l’organisme d’un premier degré d’immunité et le prémunir ainsi contre l’action du virus trop fort ? Autant de questions dont la solution expérimentale doit être cherchée.

Quelques mots encore avant de terminer. M. Trasbot, dans sa note académique de 1879, n’hésite pas à se prononcer sur la spontanéité de la maladie des chiens, c’est-à-dire sur la spontanéité d’une maladie contagieuse qui peut, dit-il, naître et même naît le plus souvent d’emblée, en dehors de toute contagion possible.

« Qu’elle se produise de toutes pièces dans l’organisme, ajoute-t-il, comme une sorte de crise physiologique, ou qu’elle provienne de germes extérieurs, répandus dans l’atmosphère , cette maladie, capable de se développer d’emblée sur un chien préservé de toute contagion, peut néanmoins être communiquée à un animal de même espèce sur lequel elle n’a pas encore opéré son évolution. »

A propos de ce passage, je ne veux faire qu’une seule réflexion : c’est qu’à mesure que s’éclaircit la question, si longtemps obscure, de la nature des maladies contagieuses, à mesure l’idée de la possibilité de leur génération spontanée perd du terrain et tend de jour en jour à disparaître.

Pour la rage, elle ne compte plus qu’un très petit nombre de croyants. Renault, qui avait fait une enquête si longtemps poursuivie sur l’étiologie de cette maladie, avouait qu’il n’avait pu établir que trois cas seulement , où la spontanéité de la rage lui apparaissait démontrée. Trois cas sur des milliers! Evidemment leur valeur probante disparaît devant l’immensité du nombre des faits qui témoignent de la contagion comme cause nécessaire; et ces faits exceptionnels au nombre de trois seulement, où l’intervention de la cause nécessaire n’a pu être trouvée, ne prouvent qu’une seule chose, c’est que l’enquête a été mise en défaut, avec quelque rigueur qu’on ait cherché à la poursuivre. Le cas de rage réputée spontanée qu’a fait connaître M. Weber porte avec soi, sur ce point, un bien précieux enseignement. Toutes les circonstances

paraissaient réunies pour faire admettre que le sujet de cette observation était devenu enragé sous l’influence d’un orgasme génital excessif. Dix ans après, M. Weber apprit du cocher de la maison que le chien de cette observation avait été mordu par un chien errant, devant le cocher lui-même , qui le tenait en laisse, et que celui-ci s’était bien gardé de dévoiler cet accident, de peur des dommages qu’il aurait eu à en souffrir, dans ses intérêts.

Le charbon a été longtemps invoqué comme une preuve irréfragable d’une maladie contagieuse spontanée , c’est-à-dire susceptible de se développer en dehors de tous rapports avec des animaux malades de cette maladie. Grâce aux recherches, si merveilleusement conduites de M. Pasteur, on sait aujourd’hui à quoi s’en tenir sur cette spontanéité prétendue, qui paraissait si évidente à tous les yeux.

Ainsi doit-il en être, on peut le prévoir, de toutes les autres maladies contagieuses, réputées spontanées, parce que leurs conditions étiologiques n’ont pas encore été dévoilées. Si la contagion, considérée d’une manière générale, est fonction de l’activité d’un protoorganisme, condition nécessaire de sa manifestation, comme on est conduit à l’admettre, d’après les résultats déjà acquis à la science, la spontanéité d’une contagion n’est plus admissible, puisque ce serait admettre la possibilité que des proto-organismes , c’est-àdire des êtres vivants, se forment de toutes pièces dans les organismes où l’on constate leur présence et où ils

manifestent leur activité par une pullullation incessante.

Tous les efforts tentés pour démontrer la réalité de cette génération ont échoué; et aujourd’hui cette doctrine n’a plus de soutiens ni dans les choses, ni dans les hommes.

L’époque n’est pas éloignée où la pathologie la répudiera complètement, à son tour, et d’une manière définitive.

L’INOCULATION (Suite)

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